#1097

Quelques jours assez chargés, avant de partir me promener à Paris jusqu’à jeudi. Interventions vendredi et samedi en librairies, avec un succès que l’on décrira pudiquement comme « mitigé ». Le plus étonnant fut de se rendre dans un centre commercial à Ecully: c’était… loin! Et l’autobus passe par La Duchère, zone de grands immeubles ô combien typiques du pire des banlieues.

Depuis ce bus, la barre des immeubles forme à un moment comme une véritable falaise, devant laquelle s’érige fièrement un unique gratte-ciel — que ses architectures bien avisés ont dôté de protubérances régulières et d’une somptueuse couleur anthracite unie. Impressionnant: c’est Ortanc! De nos jours, Saroumane habite à La Duchère. Comment peut-on seulement planifier de telles choses? A voir le mal-être criant d’un tel paysage, tout le cynisme monstrueux des décideurs saute littéralement au visage.

#1096

La journée des faits divers: hier matin, voulant sortir de chez moi, je découvre que la rue est bloquée par les pompiers de chaque côté de l’entrée du porche de la cour où j’habite, car ils recherchent la source d’une fuite de gaz.

Le soir, je rentre chez moi et apprends qu’un immeuble c’est effondré dans le quartier, vers 14h — celui à côté de chez mes amis Laurence et Raphaël, qui ont été provisoirement relogés dans un hôtel, le temps que les experts vérifient que leur immeuble n’a pas été ébranlé. Ils viennent ce soir dîner ici, devant attendre lundi pour regagner leur logement.

#1095

Ce que je préfère, en lecture, c’est encore lorsque je dévore un bouquin, que je ne peux plus le lâcher… Attitude primaire? Eh bien, peut-être pas, car ce genre de lectures-boulimies peut chez moi s’effectuer dans des genres fort différents. Et là, ma dernière en date se situe bien loin des best-sellers — il s’agit du Roman de la peinture moderne de Jacques Gagliardi, chez Hazan, un énorme pavé d’histoire de l’art. Mais alors, quelle maestria! Un style vivant, brillant, une culture qui ne se cantonne pas comme d’habitude aux beaux-arts franco-français mais embrasse une large palette de nationalités, et un panorama historique qui court de Goya à Koons… Epatant. Vraiment: je dévore.

Ah sinon, très content: de très belles réactions au Fiction tome 4, déjà (posté aux abonnés et collaborateurs, mais en librairies seulement le 27). Il serait bien que ce livre-revue s’installe vraiment, solidement, dans le paysage éditorial, isn’t it?

#1094

Déjà mercredi. Etait-ce samedi que des amis sont venus à la maison, et qu’un autre ami a débarqué de Paris avec une dessinatrice sous le bras, bientôt publiée dans Le Cahier dessiné, dont le talent nous a tant impressionné qu’elle aura un portfolio dans le tome 5 de Fiction?

En tout cas, hier soir, conférence sur le tango. Une petite histoire du tango: j’aime apprendre ainsi, tranquillement, assis dans un coin de la salle, juste écouter.

Et ce matin, étrange activité: traverser une portion non négligeable de Lyon pour aller livrer deux énormes cartons aux entrepôts de la librairie Decitre. Problème, je suis piéton, définitivement piéton. J’ai donc chargé mon chariot-pour-mémé et l’ai tant bien que mal poussé devant moi le long des avenues. Etait-ce la fatigue? J’ai cru voir plusieurs fois de grands panneaux publicitaires pour Ubik. Ah non, zut, il ne s’agit que d’un machin nommé Unik, lancé par ceux qui depuis bientôt deux mois ne sont pas fichus de faire fonctionner ma ligne téléphonique.

#1093

Ah, une excellente surprise! Je suis toujours en train de finaliser le prochain Yellow Submarine, sur les utopies, et en rangeant des vieux machins (je range énormémlent en ce moment), je tombe sur une pochette de manuscrits… Dans lesquels trois inédits de Michel Jeury (!), que Richard Comballot se désolait de ne pas avoir pour le recueil qu’il prépare pour moi ; et puis, bonheur: une nouvelle de Jean-Pierre Hubert dans sa version retravaillée, je pensais bien avoir définitivement perdu cela! Et c’est justement la nouvelle que je devais publier dans YS. A défaut, j’envisageai de simplement reprendre la première parution, mais voici qui est parfait: j’suis content! Il s’agit d’une version que Jean-Pierre avait peaufiné lorsque nous travaillions sur son recueil, Roulette mousse, lors de mes débuts dans l’édition. Nous ne l’avions finalement pas retenue, mais je songeais depuis tout ce temps à la publier dans un dossier « utopies » (vieille envie, donc). Voici qui va enfin être fait. Je vais jouer de l’OCR.