Un vide : presque chaque mercredi, lorsque je pars me promener avec un ami, j’emprunte la rue Jules-Verne et ne peux m’empêcher d’avoir en passant un regard toujours surpris et admiratif pour cet espace, là, au creux entre les deux pentes. Un vide dans la ville, cerné d’habitations. Un beau terrain vert — une pancarte y annonçait fut un temps des travaux qui fort heureusement ne se sont pas concrétisés : zone inondable, ce creux est le passage d’un ruisseau. Dans une zone urbaine, à un pas de la route de Toulouse où poussent des barres hideuses, ce vide est un événement. Tout comme le silence complet de cette nuit, ce calme immense après le chambard, le fracas, le pandémonium des deux nuits de tempête.
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#6287
Bordeaux polar, brûlant électrique dans la nuit brouillée de bruine. Bordeaux tempête, emplie des sifflements, ronflements et chocs du vent. Cadavres de poubelles dans les rues, étalées au sol ou encore titubantes. L’ample oscillation des lampes urbaines qui brasse les ombres. Froissements de taule, heurts de barrières, claquements de portes, tintements de verre, bris de branches, houles de bâches et scooters renversés. Le galop des arbres de la caserne. Un flot d’air qui bouscule et qui arrache.



