Brève virée en étranger proche
et sur le fleuve aux eaux dorées.
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Ville engorgée et cacophonique du samedi. Boum-boum et arcs en ciel de la pride à l’angle de la cathédrale, bétaillères à CRS au coin de la Victoire, drapeaux et sifflets pour la Palestine en croisant les Capucins. Que d’agitation. Dans la poche un petit bouquin de Dhôtel (André, quel beau prénom), glané en boîte à lire, antithèse de tant de brouhaha, un auteur rêveur et promeneur. À la maussade fraîcheur du matin succède déjà une certaine pesanteur orageuse.
#6340
M’asseyant sur la terrasse, je repose de suite mon livre (le sixième et dernier tome à ce jour de la formidable série polar-fantasy de Melissa Scott, « Astreiant », si quelqu’un est curieux) pour me relever, car une tache jaune vient d’attirer mes yeux, au-dessus d’autres feuillages. Oh, mais c’est le millepertuis, qui s’est haussé jusqu’à pointer une, non, deux fleurs. Il y parvient rarement, vite grillé qu’il est par les chaleurs, et pourtant il se trouve à l’ombre de la clôture enlierrée. Lequel lierre cède enfin du terrain devant les lianes de la plante fromage (mais si, ses feuilles ont goût de camembert) et de la Suzanne aux yeux noirs. Plus bas, le géranium de la défunte vieille dame ma voisine a bien repoussé, d’un vert tendre. L’unique fleur de la campanule vient de flétrir. Ciel uniformément gris, légère brise : on respire de nouveau.








