Brève respiration après une nuit d’orage, un peu de jardinage matinal. Trouvé une petite plume dans la gamelle d’eau placée depuis quelques jours, c’est donc utile. Toujours pour oublier la chaleur, écrit hier la préface d’une réédition de vieux polar à venir l’an prochain (en plus de ma collection) et un article de plus pour Yellow Submarine, qui avance tranquillement. Rédigé ces derniers temps les trois-quarts d’un guide des « 100 meilleures fantasy » commandé par un éditeur. Un gros essai et une brève nouvelle à venir dans la prochaine livraison du Novelliste, un bout d’article et deux chroniques dans le prochain Bifrost. Un vieil ami me disait l’autre jour que je suis donc désormais « écrivain à temps plein » — pas très plein, tout de même, mais c’est plutôt vrai. Une nouvelle finie pour une antho, deux autres pas encore pressées sont sur le feu. Un voisin ânonne au piano. Jours lents d’un début d’été.
#6356
Écrire pour tenir un peu à distance le chaos du monde, et en tout cas son excessive chaleur ? C’est ce que j’ai fait ces derniers jours, en relisant, corrigeant et retouchant de manière intensive les épreuves de Missions hantées, mon dernier roman. Concentré au point d’avoir fait en trois jours ce que je supposais prendre une semaine. Je le regrette presque, déjà, tant il s’agit d’une étape de l’écriture que je savoure particulièrement. Enfin, le fichier vient de repartir chez l’éditeur. Fin d’une époque pour cet univers que je porte depuis… ouch, près d’une trentaine d’années. Les protagonistes n’en sortent pas indemnes. Dix volumes plus la compilation Folio : une bonne tranche de mon existence, somme toute.
#6355
« Il y a encore des graines à cueillir et il y a encore de la place dans le sac des étoiles » est la citation d’Ursula Le Guin que j’ai placée en ouverture de Missions hantées, mon prochain roman à paraître. Il s’agit du dixième volume dans l’uchronie anglo-russe de monsieur Bodichiev, le détective à vapeur. Le dernier ? Il ne faut jamais dire jamais, on verra bien si l’envie m’en reprend — en attendant, celui-ci sort chez Koikalit fin août (Flatland pour le numérique) et j’en corrige ces jours-ci les épreuves, dûment annotées par le redoutable Tim Rey.
#6354
Il y a quelques semaines, un vieil ami qui quitta Lyon avant moi pour s’installer en Suisse est venu me rendre visite. Son regard fut intéressant et j’y repensais ce matin en voyant quatre vélos, puis cinq, puis six, croiser benoîtement au large d’un feu rouge. Cet ami s’étonna du nombre de bicyclettes de toutes sortes, de nos jours, et notamment de différents vélos cargo qui circulent partout. La Suisse ne s’est pas mise au vélo, géographie pentueuse oblige. Ici dans une ville plutôt plate ça roule en tous sens, au désarroi par moment de l’humble piéton à canne que je suis.
#6353
Mon impulsion initiale pour quitter Lyon, il y a plus de 12 ans de cela, était un appartement non isolé et une ville suffocante. Maintenant, Bordeaux commence à prendre de fâcheux traits à Séville et l’isolation des quelques 4000 bouquins sur les murs de mon salon ne suffit bientôt plus à tenir à distance les démons de la chaleur. Toile au-dessus de la terrasse, climatisation dans la chambre, volets en fer clôturant les vasistas, c’est une vie en apnée.