#6348

Faisant plus ou moins salon sur la terrasse du jardin, en ces jours de temps clément, je retrouve entre lectures et écritures la curiosité d’observer les nuages : ce matin, de grandes méduses célestes s’effilochaient en voilages blancs, sitôt dissous, sitôt réformés. Puis ce furent des défilés de longs diplodocus au ventre plat qui glissaient en silence, et pour le moment le ciel s’est fait crépu, des grumeaux filent sur le métier à tisser des nuées, au-dessus de gribouillis en coton.

#6347

Levant la tête, au jardin ce soir, j’ai découvert un ciel soudain si pommelé qu’il en paraît presque artificiel, comme sur une illustration d’album pour enfants. Et les petites croix noires des martinets de tourner en sifflant. La nuit dernière, des averses orageuses m’ont plusieurs fois réveillées par leurs assauts de batterie contre mes vasistas, badaboum, badaboum, la guerre du climat. Chahut nocturne, danse diurne.

#6346

« Un coup de vent bouscula les feuilles mortes du grand tulipier, qui roulèrent sur le sol en claquant comme un concours de castagnettes. Sur les eaux sombres du port, les gréements tintinnabulèrent dans cette brise aigre qui soufflait par-dessus la digue. »

#6344

Fascination des écosystèmes océaniques. Les textures du sable (celui de la dune du Pilat est d’une extrême finesse), la course des liserons et des chardons, les euphorbes aux petites fleurs vert-jaune, les balais des genêts sous les pins maritimes, et l’empreinte des pas sur les passages balisés.