Hier soir, dans le brouhaha du « club secret », un copain m’interrogeait sur le fait que j’ai écrit tant et tant d’articles et de bouquins. Comment ai-je fait ? Eh bien, je n’ai jamais cessé. Fouillant dans mon blog à la recherche d’un évasif souvenir de bibliothèque, je rencontre des mentions continuelles de « j’écris », c’est le seul secret, ne jamais cesser. En vérité, j’aurai pu écrire plus, je suppose. Enfin, maintenant que me voici approchant du rivage de la retraite, je m’y efforce toujours – en dépit du silence de la plupart des éditeurs. Je viens d’enfiler six articles, pour le plaisir (ils iront dans la relance de Yellow Submarine), deux nouvelles (commandes de deux revues), et je trime ces mois-ci sur un roman jeunesse. Ne serait-ce que pour m’occuper, pour faire bouger mon cerveau, pour me sentir toujours vivant. C’est tout. Je ne sais pas bien faire autrement.
#6312
Coup de fil ce matin : Jean-Pierre Ferrière, l’auteur de polar, est mort hier soir. Il avait 93 ans. J’étais en relation avec ce vieil écrivain parisien depuis une bonne dizaine d’années, je ne l’ai jamais rencontré mais on se téléphonait régulièrement et puis, l’an dernier, j’avais mis en chantier une petite collection de rééditions de polars de type plus ou moins « cosy crime », et en janvier dernier est paru aux éditions Hervé Chopin un premier volume des Sœurs Bodin. Nous allons bien entendu continuer à rééditer les œuvres de Jean-Pierre Ferrière, si vives et attachantes, astucieuses et avec un regard aigu sur la mode, le design, l’esthétique, qui leur donne une vraie coloration « vintage ». Lorsqu’il avait lancé ses deux sœurs enquêtrices, Jean-Pierre était secrétaire de Brigitte Bardot, ça n’avait duré que 9 mois. Le succès de son premier roman, 50 000 exemplaires dans les premières semaines, l’avait conduit à poursuivre dans le polar, tout en devenant scénariste pour le cinéma.
PS : et mon cher camarade Joseph Altairac aurait eu 69 ans, aujourd’hui.
#6311
Sentiment de deuil au réveil. Je ne tenais pas la municipalité écolo en haute estime, son sectarisme et sa mollesse m’irritaient souvent, mais… Alors qu’il y a tant de bonnes nouvelles pour tant de villes de France, ce matin, le retour aux affaires bordelaises (et béglaises) du parti des brushings et du béton m’est une véritable tristesse. Je me sens « pris en otage », comme disent les journaleux de droite.
#6310
Assis en terrasse d’un pub l’autre soir, je pris machinalement note que je vis passer des jeunes à capuche, des prêtres en soutane, un africain à bonnet, des punks à chien, une bourgeoise en fourrure sans manche, un Patrick à écouteurs, des jeunes en vélo, des vieux en vélo, une bourgeoise à brushing, un asiatique en blouse… mais aucun raton-laveur.
#6309
Je suis absolument fasciné par ces antres foutraques, outrageux et encombrés que se bâtissent certains bouquinistes, cavernes livresques invraisemblables. Hélas celui du bas Lormont n’est qu’un décor étonnant, ses prix étant également assez outrés. La visite est toujours hautement sympathique mais les achats impossibles… Je ne fis donc qu’une halte ce matin, lors de la rando urbaine du samedi.

