#6351

Inquiet, hors d’haleine, en fauteuil roulant, à la fin de l’an de grâce 2024 votre serviteur au bout du rouleau entama une série de textes personnels, dans une forme de catharsis. Juste des souvenirs, assemblés, polis, commentés : une sorte de dialogue intérieur afin de retrouver un peu d’assise. Puis j’eus l’outrecuidance de faire relire tout cela par quelques proches, par mon vieil ami Pagel et par mon fils que j’évoquais plusieurs fois. Et ceux-ci de me suggérer de trouver un éditeur. Soit. Vraiment ? Flatland répondit go en deux jours, et un an plus tard je viens d’avoir l’expérience assez troublante de recevoir les épreuves du premier chapitre. Artefacts de la mémoire, brisures de coquillages, comment cela sera-t-il reçu ? No lo se.

#6350

Pensées décousues d’un dimanche soir. Je m’estime fort chanceux d’avoir eu l’occasion de voir quatre fois des expositions de David Hockney – une fois à Londres, une fois à Paris et deux fois à Rouen. Ses scènes à piscines ne m’inspiraient rien, mais du moment où revenu en Grande-Bretagne il s’était mis au paysage, je fus durablement fasciné. Sinon, c’est le centenaire de Miles Davis. Et je relis un étrange pavé de fantasy, Freedom & Necessity de Brust & Bull, avec fascination et amusement. Au-dehors le monde brûle.

#6349

Ambiance solarpunk ces jours-ci : signé hier soir un exemplaire de la réédition chez Mnémos de mon anthologie du même titre, et ce matin aidé des amis à l’installation de panneaux solaires dans leur jardin, entre la menthe et les patates. Un deuxième volume de Solarpunk est en cours, qui devrait sortir au printemps prochain, également aux bons soins de la maison Mnémos.

#6348

Faisant plus ou moins salon sur la terrasse du jardin, en ces jours de temps clément, je retrouve entre lectures et écritures la curiosité d’observer les nuages : ce matin, de grandes méduses célestes s’effilochaient en voilages blancs, sitôt dissous, sitôt réformés. Puis ce furent des défilés de longs diplodocus au ventre plat qui glissaient en silence, et pour le moment le ciel s’est fait crépu, des grumeaux filent sur le métier à tisser des nuées, au-dessus de gribouillis en coton.

#6347

Levant la tête, au jardin ce soir, j’ai découvert un ciel soudain si pommelé qu’il en paraît presque artificiel, comme sur une illustration d’album pour enfants. Et les petites croix noires des martinets de tourner en sifflant. La nuit dernière, des averses orageuses m’ont plusieurs fois réveillées par leurs assauts de batterie contre mes vasistas, badaboum, badaboum, la guerre du climat. Chahut nocturne, danse diurne.