#6355

« Il y a encore des graines à cueillir et il y a encore de la place dans le sac des étoiles » est la citation d’Ursula Le Guin que j’ai placée en ouverture de Missions hantées, mon prochain roman à paraître. Il s’agit du dixième volume dans l’uchronie anglo-russe de monsieur Bodichiev, le détective à vapeur. Le dernier ? Il ne faut jamais dire jamais, on verra bien si l’envie m’en reprend — en attendant, celui-ci sort chez Koikalit fin août (Flatland pour le numérique) et j’en corrige ces jours-ci les épreuves, dûment annotées par le redoutable Tim Rey.

#6354

Il y a quelques semaines, un vieil ami qui quitta Lyon avant moi pour s’installer en Suisse est venu me rendre visite. Son regard fut intéressant et j’y repensais ce matin en voyant quatre vélos, puis cinq, puis six, croiser benoîtement au large d’un feu rouge. Cet ami s’étonna du nombre de bicyclettes de toutes sortes, de nos jours, et notamment de différents vélos cargo qui circulent partout. La Suisse ne s’est pas mise au vélo, géographie pentueuse oblige. Ici dans une ville plutôt plate ça roule en tous sens, au désarroi par moment de l’humble piéton à canne que je suis.

#6353

Mon impulsion initiale pour quitter Lyon, il y a plus de 12 ans de cela, était un appartement non isolé et une ville suffocante. Maintenant, Bordeaux commence à prendre de fâcheux traits à Séville et l’isolation des quelques 4000 bouquins sur les murs de mon salon ne suffit bientôt plus à tenir à distance les démons de la chaleur. Toile au-dessus de la terrasse, climatisation dans la chambre, volets en fer clôturant les vasistas, c’est une vie en apnée.

#6352

Renversant. Une longue soirée de jazz gascon hier à la Meca, le blockhaus géant de l’administration de la culture néo-aquitaine. Et c’était… bon sang, que c’était beau, bien, joyeux, virtuose, vraiment incroyable. D’abord Michel Macias et le légendaire Bernard Lubat, puis le Bal du siècle, le bigband de François Corneloup, onze musiciens dont Catherine Delaunay et mon camarade Michael Geyre, plus Macias et Lubat en invités, ce dernier a chanté et je suis tellement heureux de l’avoir entendu en vrai, sérieux, c’était d’une magie et d’une énergie enthousiasmantes. Merci.

#6351

Inquiet, hors d’haleine, en fauteuil roulant, à la fin de l’an de grâce 2024 votre serviteur au bout du rouleau entama une série de textes personnels, dans une forme de catharsis. Juste des souvenirs, assemblés, polis, commentés : une sorte de dialogue intérieur afin de retrouver un peu d’assise. Puis j’eus l’outrecuidance de faire relire tout cela par quelques proches, par mon vieil ami Pagel et par mon fils aussi que j’évoquais plusieurs fois. Et ceux-ci de me suggérer de trouver un éditeur. Soit. Vraiment ? Flatland répondit go en deux jours, et un an plus tard je viens d’avoir l’expérience assez troublante de recevoir les épreuves du premier chapitre. Artefacts de la mémoire, brisures de coquillages, comment cela sera-t-il reçu ? No lo se.