#4075

Qu’est-ce qui m’a réveillé, est-ce la chatte qui quémandait un câlin, est-ce le fracas d’une averse qui tombait au dehors en grandes hachures sonores, est-ce la poussée d’une scène de mon roman ? Toujours est-il que vers 3h du matin j’ai rédigé les prémices de cette dernière, en clignant un peu des yeux sur l’écran et en me disant incrédule que, bon sang, c’est déjà décembre.

#4073

Combien sommes-nous à entretenir une coupable nostalgie ? J’ai découvert avec amusement que mon excellent camarade Gerardo exprime comme moi une forme d’incrédulité à voir Bordeaux la blonde, lorsque nos souvenirs retiennent une ville aux murs sombres. Le cours Victor-Hugo en particulier demeure dans mon image mentale d’une vraie noirceur, des immeubles peints de suie. Le juppéisme arrosa les façades de subsides européens afin de nettoyer la ville mais n’interdit pas le trafic automobile : le cours Victor-Hugo n’est plus noir mais perd également, peu à peu, de sa blondeur retrouvée, pour se voiler d’une regrettable grisaille.

#4071

Cette nuit a les doigts froids, qui tambourinent à mon vasistas. C’est la période grise, celle des jours de peu de lumière, de l’éclat orange des réverbères dans des soirs trop tôt tombés, des trottoirs rincés de pluie, des feuilles mortes chiffonnées et des lassitudes désenchantées.