#6333

Je publie depuis pas mal d’années, sous le pseudonyme d’Olav Koulikov, une série policière en uchronie, les enquêtes de monsieur Bodichiev (chez Koikalit et Folio, dernier volume à sortir en septembre prochain). Dans cet univers parallèle, la conversion du Tsar au bouddhisme tendance Grand véhicule a entraîné une désaffection de la religion chrétienne, au point que le Pape et la curie romaine ont fini par s’enfuir en Amérique du Sud. Mon parrain, archevêque, lisait mes fictions et me fit un jour le reproche de ce qu’il ne trouvait pas crédible un tel effondrement de son Église, installée depuis tant de millénaires dans la culture occidentale. Et pourtant : il me déclara cela à Rome, sur une place entourée de statues de divinités anciennes et oubliées. Si la religion de la Rome impériale, si bien et si longtemps implantée, a ainsi pu s’effondrer, pourquoi la religion catholique ne pourrait-elle pas à son tour céder la place à d’autres croyances ? À Rome, anciens temples et églises, statues des dieux de l’Olympe et figures chrétiennes cohabitent, se répondent, pourquoi les unes seraient-elles en ruine et pas les autres ? Ces questions de foi m’intéressent toujours, même si c’est dans un contexte aussi frivole de mes dix petits romans ou recueils d’uchronie policière.

#6332

Un temps de marbre : des veines bleues, blanches et grises courent sur la pierre du ciel. Hier le vent secouait les branches, aujourd’hui la ville se fige dans le calme d’un dimanche en pleine semaine, le seul souffle étant celui des averses régulières.

#6331

Comme rando hebdo, un tour solo dans ce que je considère comme la Comté française (mes parents sont devenus hobbits en vieillissant), un recoin de Touraine où maisons et caves sont parfois troglodytes et où pointent dix curieuses collines sablonneuses, les puys du Chinonais. Me suis rendu au Perrou, la plus proche de ces « buttes-témoins silico-calcaires », délicieux écosystème de pins et de petits papillons bleus. Pour y aller, entre blés et vignes, un bien joli chemin.

#6330

Promenade au bout des quais afin de faire mon devoir culturel : l’expo Martin Parr. J’avoue n’avoir ni compris ni apprécié cette vulgarité un peu criarde, devant laquelle je suppose que l’on est censé ricaner. Plutôt triste et anodin selon mon regard. Tant qu’à donner dans le vulgaire, je suis allé manger des churos aux Quinconces. Acheté un Mallarmé à trois euros, c’est plus distingué, et échappé aux averses.

#6329

Dernière rando hebdo avant un moment, peut-être. De ruisseaux en chevaux, de forêts en orchidées, de prés en tramways, sous un ciel incertain qui eut le bon goût de ne percer qu’à la toute fin. Des iris et du chèvrefeuille, aussi, mais ça rime moins. Et le parfum délicieux de la menthe blanche.