Il y a quelques semaines, un vieil ami qui quitta Lyon avant moi pour s’installer en Suisse est venu me rendre visite. Son regard fut intéressant et j’y repensais ce matin en voyant quatre vélos, puis cinq, puis six, croiser benoîtement au large d’un feu rouge. Cet ami s’étonna du nombre de bicyclettes de toutes sortes, de nos jours, et notamment de différents vélos cargo qui circulent partout. La Suisse ne s’est pas mise au vélo, géographie pentueuse oblige. Ici dans une ville plutôt plate ça roule en tous sens, au désarroi par moment de l’humble piéton à canne que je suis.
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Mon impulsion initiale pour quitter Lyon, il y a plus de 12 ans de cela, était un appartement non isolé et une ville suffocante. Maintenant, Bordeaux commence à prendre de fâcheux traits à Séville et l’isolation des quelques 4000 bouquins sur les murs de mon salon ne suffit bientôt plus à tenir à distance les démons de la chaleur. Toile au-dessus de la terrasse, climatisation dans la chambre, volets en fer clôturant les vasistas, c’est une vie en apnée.
#6352
Renversant. Une longue soirée de jazz gascon hier à la Meca, le blockhaus géant de l’administration de la culture néo-aquitaine. Et c’était… bon sang, que c’était beau, bien, joyeux, virtuose, vraiment incroyable. D’abord Michel Macias et le légendaire Bernard Lubat, puis le Bal du siècle, le bigband de François Corneloup, onze musiciens dont Catherine Delaunay et mon camarade Michael Geyre, plus Macias et Lubat en invités, ce dernier a chanté et je suis tellement heureux de l’avoir entendu en vrai, sérieux, c’était d’une magie et d’une énergie enthousiasmantes. Merci.
#6351
Inquiet, hors d’haleine, en fauteuil roulant, à la fin de l’an de grâce 2024 votre serviteur au bout du rouleau entama une série de textes personnels, dans une forme de catharsis. Juste des souvenirs, assemblés, polis, commentés : une sorte de dialogue intérieur afin de retrouver un peu d’assise. Puis j’eus l’outrecuidance de faire relire tout cela par quelques proches, par mon vieil ami Pagel et par mon fils aussi que j’évoquais plusieurs fois. Et ceux-ci de me suggérer de trouver un éditeur. Soit. Vraiment ? Flatland répondit go en deux jours, et un an plus tard je viens d’avoir l’expérience assez troublante de recevoir les épreuves du premier chapitre. Artefacts de la mémoire, brisures de coquillages, comment cela sera-t-il reçu ? No lo se.
#6350
Pensées décousues d’un dimanche soir. Je m’estime fort chanceux d’avoir eu l’occasion de voir quatre fois des expositions de David Hockney – une fois à Londres, une fois à Paris et deux fois à Rouen. Ses scènes à piscines ne m’inspiraient rien, mais du moment où revenu en Grande-Bretagne il s’était mis au paysage, je fus durablement fasciné. Sinon, c’est le centenaire de Miles Davis. Et je relis un étrange pavé de fantasy, Freedom & Necessity de Brust & Bull, avec fascination et amusement. Au-dehors le monde brûle.