Mon impulsion initiale pour quitter Lyon, il y a plus de 12 ans de cela, était un appartement non isolé et une ville suffocante. Maintenant, Bordeaux commence à prendre de fâcheux traits à Séville et l’isolation des quelques 4000 bouquins sur les murs de mon salon ne suffit bientôt plus à tenir à distance les démons de la chaleur. Toile au-dessus de la terrasse, climatisation dans la chambre, volets en fer clôturant les vasistas, c’est une vie en apnée.
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#6339
« Braconnier du savoir », jolie formule. En allant retirer un colis, tout à l’heure (la monumentale biographie de Pessoa, mais quand vais-je lire un tel pavé ?) ,je pensais à Edgar Morin qui vient de mourir à l’âge formidable de 104 ans. Au moment où les fascistes semblent aux portes du pouvoir et où la plupart des belles personnes de droite de cessent de les singer, perdre un tel esprit, si ancré à la gauche de la pensée, quel grand malheur. Et « les personnalités politiques de tous bords lui rendent hommage », ben tiens. On ne lit plus, pense-t-on encore ?
#6321
Levé tôt ce matin, j’ai écrit et retravaillé 6000 signes d’un roman, puis j’ai été relire la nouvelle d’un jeune auteur, très belle, que j’ai donc acceptée pour l’anthologie « Solarpunk 2 ». Et puis voilà : je viens de rouvrir une fois encore le fichier de mes réminiscences, afin d’ajouter une nouvelle fois le nom d’un ami à la trop longue liste de mes disparus. Dominique Douay. Un formidable auteur, pour moi l’un des meilleurs, que j’avais été tellement heureux de publier ou de rééditer. Un homme chaleureux et drôle, qui me manquait déjà du fait de l’éloignement géographique. L’esprit patine.
#6312
Coup de fil ce matin : Jean-Pierre Ferrière, l’auteur de polar, est mort hier soir. Il avait 93 ans. J’étais en relation avec ce vieil écrivain parisien depuis une bonne dizaine d’années, je ne l’ai jamais rencontré mais on se téléphonait régulièrement et puis, l’an dernier, j’avais mis en chantier une petite collection de rééditions de polars de type plus ou moins « cosy crime », et en janvier dernier est paru aux éditions Hervé Chopin un premier volume des Sœurs Bodin. Nous allons bien entendu continuer à rééditer les œuvres de Jean-Pierre Ferrière, si vives et attachantes, astucieuses et avec un regard aigu sur la mode, le design, l’esthétique, qui leur donne une vraie coloration « vintage ». Lorsqu’il avait lancé ses deux sœurs enquêtrices, Jean-Pierre était secrétaire de Brigitte Bardot, ça n’avait duré que 9 mois. Le succès de son premier roman, 50 000 exemplaires dans les premières semaines, l’avait conduit à poursuivre dans le polar, tout en devenant scénariste pour le cinéma.
PS : et mon cher camarade Joseph Altairac aurait eu 69 ans, aujourd’hui.
#6311
Sentiment de deuil au réveil. Je ne tenais pas la municipalité écolo en haute estime, son sectarisme et sa mollesse m’irritaient souvent, mais… Alors qu’il y a tant de bonnes nouvelles pour tant de villes de France, ce matin, le retour aux affaires bordelaises (et béglaises) du parti des brushings et du béton m’est une véritable tristesse. Je me sens « pris en otage », comme disent les journaleux de droite.