En stress hydrique, le prunier a largué la totalité de ses fruits, le sol est un tapis de mirabelles.
Archives de catégorie : grr
#6373
Étant lycéen, j’avais adoré une BD intitulée Ce fut une très belle apocalypse. Avec le feu à une trentaine de kilomètres de Bordeaux et de nouveau la canicule prévue pour la semaine prochaine, sans parler de l’épisode grotesque de la ministre démissionnaire-mais-finalement-non… je ne ris plus trop, j’arrose mon petit bout de jardin avec parcimonie (et de l’eau, aussi), je ne sors presque pas, je discute jusque tard dans la nuit avec des amis. Le ciel bleu me fatigue. Mélancolie estivale.
#6370
La chaleur constante érode gens et plantes. Le rhododendron est mourant, le fuschia mal en point, le figuier perd ses feuilles. Reste que les trois arbres que j’ai laissé pousser depuis douze ans protègent beaucoup mon bout de jardin et, surprise, depuis hier une cigale grésille dans le micocoulier, incroyable le raffut. Les cigales sont donc monté jusqu’à Bordeaux, il paraît qu’on a quelques geckos aussi, maintenant. Et hélas je suis cerné de sots : à gauche, un voisin qui vient d’abattre ses grands arbres et l’autre qui a transformé l’ancien jardin de la vieille dame en une cuve cimentée, à droite plus d’herbe ni de lilas mais une pelouse en plastique et une piscine. Misère.
« Un monde tout gluant de soleil, d’odeurs de mimosas et de fleurs sucrées, de mouches ivres, d’autos glissant sur l’asphalte mou… » (Simenon, Liberty bar)
#6353
Mon impulsion initiale pour quitter Lyon, il y a plus de 12 ans de cela, était un appartement non isolé et une ville suffocante. Maintenant, Bordeaux commence à prendre de fâcheux traits à Séville et l’isolation des quelques 4000 bouquins sur les murs de mon salon ne suffit bientôt plus à tenir à distance les démons de la chaleur. Toile au-dessus de la terrasse, climatisation dans la chambre, volets en fer clôturant les vasistas, c’est une vie en apnée.
#6339
« Braconnier du savoir », jolie formule. En allant retirer un colis, tout à l’heure (la monumentale biographie de Pessoa, mais quand vais-je lire un tel pavé ?) ,je pensais à Edgar Morin qui vient de mourir à l’âge formidable de 104 ans. Au moment où les fascistes semblent aux portes du pouvoir et où la plupart des belles personnes de droite de cessent de les singer, perdre un tel esprit, si ancré à la gauche de la pensée, quel grand malheur. Et « les personnalités politiques de tous bords lui rendent hommage », ben tiens. On ne lit plus, pense-t-on encore ?