Il y a quelques semaines, un vieil ami qui quitta Lyon avant moi pour s’installer en Suisse est venu me rendre visite. Son regard fut intéressant et j’y repensais ce matin en voyant quatre vélos, puis cinq, puis six, croiser benoîtement au large d’un feu rouge. Cet ami s’étonna du nombre de bicyclettes de toutes sortes, de nos jours, et notamment de différents vélos cargo qui circulent partout. La Suisse ne s’est pas mise au vélo, géographie pentueuse oblige. Ici dans une ville plutôt plate ça roule en tous sens, au désarroi par moment de l’humble piéton à canne que je suis.
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#6352
Renversant. Une longue soirée de jazz gascon hier à la Meca, le blockhaus géant de l’administration de la culture néo-aquitaine. Et c’était… bon sang, que c’était beau, bien, joyeux, virtuose, vraiment incroyable. D’abord Michel Macias et le légendaire Bernard Lubat, puis le Bal du siècle, le bigband de François Corneloup, onze musiciens dont Catherine Delaunay et mon camarade Michael Geyre, plus Macias et Lubat en invités, ce dernier a chanté et je suis tellement heureux de l’avoir entendu en vrai, sérieux, c’était d’une magie et d’une énergie enthousiasmantes. Merci.
#6350
Pensées décousues d’un dimanche soir. Je m’estime fort chanceux d’avoir eu l’occasion de voir quatre fois des expositions de David Hockney – une fois à Londres, une fois à Paris et deux fois à Rouen. Ses scènes à piscines ne m’inspiraient rien, mais du moment où revenu en Grande-Bretagne il s’était mis au paysage, je fus durablement fasciné. Sinon, c’est le centenaire de Miles Davis. Et je relis un étrange pavé de fantasy, Freedom & Necessity de Brust & Bull, avec fascination et amusement. Au-dehors le monde brûle.
#6348
Faisant plus ou moins salon sur la terrasse du jardin, en ces jours de temps clément, je retrouve entre lectures et écritures la curiosité d’observer les nuages : ce matin, de grandes méduses célestes s’effilochaient en voilages blancs, sitôt dissous, sitôt réformés. Puis ce furent des défilés de longs diplodocus au ventre plat qui glissaient en silence, et pour le moment le ciel s’est fait crépu, des grumeaux filent sur le métier à tisser des nuées, au-dessus de gribouillis en coton.
#6347
Levant la tête, au jardin ce soir, j’ai découvert un ciel soudain si pommelé qu’il en paraît presque artificiel, comme sur une illustration d’album pour enfants. Et les petites croix noires des martinets de tourner en sifflant. La nuit dernière, des averses orageuses m’ont plusieurs fois réveillées par leurs assauts de batterie contre mes vasistas, badaboum, badaboum, la guerre du climat. Chahut nocturne, danse diurne.