#6366

Pluie d’hier. Assis sous l’auvent à relire mes épreuves, j’entendis grêler des gouttes orageuses, pesanteur tropicale. Sous le ciel changeant, de grosses perles rondes tombaient des nuées grises ou se faisaient aiguilles dorées dans le soleil. Ces hachures humides ne durèrent pas, le linge étendu au-dessus des plants de tomate s’en trouva à peine humecté. Dans le nord du pays, la « forêt pour les dimanches » est en train de brûler. Les ministères parisiens sentiront-ils l’odeur âcre de la fumée ?

#6361

Soirée / nuit dans la fraîcheur revenue d’un jardin ami et voisin, en bonne compagnie d’une poignée de pointures bédéastes locales. Papotages sous un ciel de velours, tournoiement des pipistrelles, le grand troène a adopté une coiffure afro et les convois ferroviaires ferraillent dans la tranchée obscure. Un hérisson passa-t-il ? Les grillons stridulaient.

#6360

La chaleur monte à nouveau, les grands nuages blancs qui hier organisaient un défilé de signes du Zodiaque, de continents mous et de baisers célestes ont laissé la place à l’implacable désert azur. Fini hier une nouvelle déjà acceptée, commencé une autre qui perçait derrière. Diffuseurs, librairies et éditeurs tombent comme jamais. Une saumâtre impression d’assister à la fin du monde (du livre) depuis le fond de mon jardin. Moi je lis, tout le temps.

#6359

Les promenades du mercredi se font rares, victimes de la chaleur. Profitant aujourd’hui d’une accalmie, et même d’une petite brise, nous allâmes jusqu’à Peixotto puis à la mare de la fac en face, dont je ne trouve point le nom. Des roses, des arbres, de l’eau et des canards. J’ai caressé le tronc pâle d’un eucalyptus. Une brève respiration.