#4032

Promenade dans les prés où la rosée étincelle encore, un coq chante au loin, la départementale ronfle déjà, sur une allée de gravier blanc deux escargots s’enlacent. Le soleil matinal heurte mes yeux. Passant auprès de l’ancien poulailler, sous un cerisier tordu, je dérange un couple de chevreuils qui s’esquive en soulevant une senteur de menthe.

#4031

Matin lent à Champignac, seuls pressés étaient les deux chevreuils que j’ai vu galoper devant la maison en ouvrant mes volets. Des libellules tournent dans l’ombre fraîche du mirabellier. Tout me fatigue, yeux qui piquent et tête au ralenti ; la semaine qui vient sera très utile et infiniment agréable — séminaire de travail des Moutons électriques — mais certainement un peu épuisante.

#4011

Paysage sonore de neuf hectares de campagne à l’orée de la ville : à la fois le ronflement insistant de la départementale, accélérations d’automobiles, glapissements de motos, grondements de camions… et la légèreté d’une vie naturelle, discrète : claquements d’ailes dans le feuillage, scie des insectes, heurts d’un pivert du côté du mélèze, gazouillis et flûtes cadencées de petits oiseaux, pas de merles sous les arbustes, brève bruine de graines tombant sur les feuilles, murmure du vent, stridences lointaines d’un rapace haut dans le ciel…

#4010

Après un mois et demi de sotte maladie, enfin de retour à Champignac pour un week-end campagnard. J’ai raté les foins, les prairies sont maintenant courtes et verdoyantes de fraîcheur. Raté aussi les cerises, j’irai voir tout à l’heure s’il y a des mûres.

Il y a bien des mûres, et un prunier couvert de fruits encore. Des rouleaux de foin sous les haies et un bombardement de mottes de terre par les taupes au sein des prairies rases. Paysage moins ensauvagé que lors de mes précédents séjours, il a pris la sagesse de l’été, plein d’éclats de soleil même dans les recoins les plus frais.