#5135

Quatre arbres longs et sombres se tenaient au bout de la prairie comme les sentinelles oubliées d’une armée disparue. Au-delà de ce vaste espace blême le troupeau d’une forêt se serrait dans la ténébre. L’ouverture des rideaux dérangea quelque créature nocturne, de l’autre côté de la fenêtre, soulevant un bref et convulsif bruissement dans le ciel noir.

#5132

Je me tiens à mon programme de (re) lecture de tout Edmund Crispin. Il a écrit presque tous ses romans lorsqu’il avait entre 20 et 30 ans et cela se sent dans son énergie, son humour, ses quelques outrances (des mots rares glissés avec gourmandise), une sorte d’enthousiasme juvénile absolument rafraichissant. D’ordinaire, j’ai souvent du mal à me tenir à un programme de lecture (encore qu’il y a quelques mois je m’étais également refait un marathon Sayers), cette fois cela se déroule sans anicroche, sans lassitude, tellement les romans de Crispin pétillent. Une chose curieuse, Crispin ne situe tout cela qu’à des moments où il fait beau et très chaud — l’Angleterre de l’immédiat après-guerre connut-elle des canicules ou bien l’auteur n’aimait-il pas les ambiances pluvieuses et les courants d’air ordinaires de son pays ?