#6324

Promenade du samedi par petites étapes, en partie avec le bénéfice d’un guide indigène, sur la rive droite. Des monceaux de livres saccagés de tampons et d’étiquettes (braderie de bibliothèques), un quartier visité d’antan par Nikita Khrouchtchev, la senteur de chlore d’une jolie piscine art déco, une voie ferrée en disparition… et j’ai fini solo à la brocante du printemps. Ciel très gris, ville très silencieuse.

#6323

Par cette douceur et dans cette brise, les rues de Bordeaux et de Talence embaument, les roses, les acacias et les glycines en particulier s’en donnant à parfum joie. Je me souviens qu’une fois, le quotidien local avait relayé les ricanements de certains élus lorsqu’un membre de la gouvernance écologiste s’était réjoui en conseil municipal de ce que nos rues sentent si bon. C’est pourtant un élément important du bien vivre, n’en déplaise à ces promoteurs du béton et des parkings, maintenant revenus au pouvoir hélas. Dans le temps, lorsque je descendais dans la rue, à Lyon, je me désolais que cet environnement complètement artificialisé ne sente que les égouts à la moindre chaleur. Ici, on respire, le fond de l’air est sucré.

#6319

Il y a dix ans de cela, un mystérieux rituel naissait en la bonne ville de Bordeaux, voilé sous le titre énigmatique de « Club de l’Hydre ». Ce soir se déroulait le centième dîner mensuel de cette prestigieuse société secrète, dans la joie, l’amitié et les fraises géantes, en une superbe salle digne d’un épisode de Harry Potter. Ce fut bel et bon, une très belle soirée en compagnie de plus d’une vingtaine de camarades comploteurs (et trices) anciens ou récents.

#6310

Assis en terrasse d’un pub l’autre soir, je pris machinalement note que je vis passer des jeunes à capuche, des prêtres en soutane, un africain à bonnet, des punks à chien, une bourgeoise en fourrure sans manche, un Patrick à écouteurs, des jeunes en vélo, des vieux en vélo, une bourgeoise à brushing, un asiatique en blouse… mais aucun raton-laveur.

#6309

Je suis absolument fasciné par ces antres foutraques, outrageux et encombrés que se bâtissent certains bouquinistes, cavernes livresques invraisemblables. Hélas celui du bas Lormont n’est qu’un décor étonnant, ses prix étant également assez outrés. La visite est toujours hautement sympathique mais les achats impossibles… Je ne fis donc qu’une halte ce matin, lors de la rando urbaine du samedi.