Reçu avec joie le deuxième volume de ma collection de « polar vintage », L’Empreinte aux éditions Hervé Chopin. Me suis mis à relire les douze romans de la prochaine série que nous reprendrons, ainsi qu’à replonger dans des lectures « nature writing » (John Lewis-Stempel sur la nuit) car je commençais à saturer un peu de n’être que dans la fantasy. Pas abandonné mon « grand projet » pour autant, je viens de commencer un gros article sur Harry Potter, l’une des rares œuvres que je ne relirai pas spécifiquement pour ce guide tant je la connais sur le bout des doigts. J’y cite plusieurs extraits de mon propre blog car il est intéressant d’effectuer ce type de vues rétrospectives. Jardinage aussi : l’hiver je ne mets presque pas le nez dehors mais dès le beau temps, je plante, sème, nettoie, taille et déplace, le rangement des pots et le renouvellement de la palissade constituant un baume de l’âme aussi plaisant que les rangements de bibliothèques.
Archives de catégorie : écriture
#6313
Hier soir, dans le brouhaha du « club secret », un copain m’interrogeait sur le fait que j’ai écrit tant et tant d’articles et de bouquins. Comment ai-je fait ? Eh bien, je n’ai jamais cessé. Fouillant dans mon blog à la recherche d’un évasif souvenir de bibliothèque, je rencontre des mentions continuelles de « j’écris » ; c’est le seul secret, ne jamais cesser. En vérité, j’aurai pu écrire plus, je suppose. Enfin, maintenant que me voici approchant du rivage de la retraite, je m’y efforce toujours – en dépit du silence de la plupart des éditeurs. Je viens d’enfiler six articles, pour le plaisir (ils iront dans la relance de Yellow Submarine), deux nouvelles (commandes de deux revues), et je trime ces mois-ci sur un roman jeunesse. Ne serait-ce que pour m’occuper, pour faire bouger mon cerveau, pour me sentir toujours vivant. C’est tout. Je ne sais pas bien faire autrement.
#6291
J’avoue qu’avec toute cette grise pluie mon mois de février fut plutôt « je m’enfriche » que « je fais 10 000 signes par jour », je n’ai écrit ces dernières semaines que deux nouvelles (et un article). Et bonheur, les deux viennent d’être acceptées, par deux revues. Du fantastique urbain. Enfin, aujourd’hui tout de même je me suis un peu remis au roman jeunesse situé dans le même univers : à force, des idées et envies me sont revenues, et j’en ai même un peu rêvé cette nuit, signe sans doute que je dois reprendre le clavier.
#6284
#6273
« Rentrant tard, ou très tôt, d’une soirée étudiante sur le campus de Talence, principale activité universitaire à laquelle elle daignait participer de façon régulière, Martine qui marchait sur le trottoir vit passer un bus de nuit en sens inverse. Des ombres se tenaient assises dans la blancheur troubles de ses vitres. Qu’est-ce qui prouvait, à une telle heure, que ces voyageurs étaient bien d’ordinaires humains ? Combien de bus de nuit ne transportaient que des fantômes, en une sorte d’équipage blafard pour les heures nocturnes les plus incertaines. Martine secoua la tête : voilà que sa curiosité pour les fantômes menaçait de tourner à l’obsession. […] Et puis zut, il suffisait d’avoir pris un soir un autobus nocturne pour avoir vu quelle faune douteuse et parfois inquiétante sortait à ces heures-là. Comme si aux petites heures, à la nuit profonde, tous les zombies, les sorcières, les spectres, les vampires, les garous, les bizarres, ressentaient soudain le besoin de gagner la banlieue ou bien d’en rentrer. C’est pour cela que la jeune fille préférait revenir à pied, n’ayant pas de vélo. Elle se sentait plus en sécurité sous la lumière alternante des réverbères que dans la lueur jaunâtre des transports publics. Dans l’éclairage urbain, toutes les rues adjacentes, en particulier celles à la chaussée pavée, prenaient des aspects de décor pour cinéma. Dans la pénombre, elle vit une femme avec un sac à dos penchée sur la serrure d’une porte. Quand elle fut à sa hauteur, il s’agissait seulement d’une poubelle d’où débordait le ventre gris d’un sac plastique trop gros. Fantôme aussi. Bien plus concret était le rat qui fila devant elle dans le caniveau. Sous la voûte de suie d’une salle de bowling où elle était déjà allé, le volet métallique se couvrait de graffitis sans imagination. […] »

