#6270

L’autre soir, ma copine Juliette m’a présenté à ses amis de Berlin comme l’homme qui écrit deux romans par mois, quelque chose comme ça. Rigolez, rigolez, il faut bien que je m’occupe. Et l’an dernier, je n’ai écrit « que » deux romans (le dernier Bodichiev et un « blanche » qui tourne en lecture) plus mes mémoires (à sortir en septembre chez Flatland). Écrire me donne une structure, en plus des projets de publications que je soumets çà et là. J’ai fait une pause administrative, hier, et pendant ce temps je crois avoir débloqué le principal de la narration du roman de fantasy jeunesse sur lequel je suis — en parallèle d’un polar. Derrière, j’ai deux autres romans qui « poussent », dont l’un bien entamé. Et j’ai terminé aujourd’hui une novella. Eh, sans tout cela je serai dans la vie tel un gros qui flotte dans ses vêtements après une cure d’amaigrissement. Comme je suis incorrigible, j’ai eu aussi, durant mes insomnies de cette nuit (vent, pluie, tempête, ça cingle, siffle, cogne), l’idée de deux anthologies. Et mon grrand projet d’essai avance sereinement, bien sûr.

#6269

Pff vous appelez ça de la neige ? Lorsque je me suis levé ce matin, une main glacée venait seulement de jeter un peu de gros sel sur la vitre du vasistas, rien de plus. Enfin, au moins fait-il grand beau et cela m’a mis un peu de baume au cœur pour recommencer à travailler après une bonne semaine de pause. Hop, courage, retour à l’écriture et à ma discipline des 10 000 signes par jour.

#6267

J’aime assez alimenter mes projets d’écriture de rencontres aléatoires. Et puis il y a de belles serendipités. Ainsi, j’expliquais à un ami lors d’une promenade que pour le polar que j’ai débuté, situé dans mon uchronie habituelle mais en 1902, j’envisage d’avoir un rôle pour Élisabeth d’Autriche. On fait une halte à une boîte à lire et qu’y trouve-je ? Une grosse biographie de Sissi ! Bon, il s’agit du genre « bio people », très sentimentale, mais je vais forcément y picorer quelques éléments. Et puis j’ai fort envie d’y évoquer les fumeries d’opium, je dois lire sur le sujet un beau bouquin de chez L’échappée. Hier soir j’ai l’imprudence de faire un tour chez un bouquiniste où je ne vais jamais d’ordinaire et hop ! une jolie reliure de Opium par Jean Cocteau, étrange recueil de notes, dessins et aphorismes lors d’une cure de désintoxication. Fabuleux Cocteau, toujours lumineux même lorsqu’il est incompréhensible. Je vais utiliser cela aussi, par conséquent.

#6259

Me direz-vous peut-être, j’évoque de temps en temps mes « détective à vapeur », que je signe du pseudo Olav Koulikov aux éditions Koukalit, mais qu’est-ce donc ? À l’origine, il y eut la nouvelle « L’affaire des crimes météorologiques », dans la déjà légendaire anthologie Escales sur l’horizon de Serge Lehman, qui évoqua alors une parenté avec Chapeau melon et bottes de cuir. C’était un peu ça : un détective privé (corpulent mais pas encore chauve à l’époque) dans une ambiance très british — mais au sein d’une uchronie où du mariage de la jeune Victoria avec le nouveau Tsar naquit un Empire anglo-russe qui couvre désormais une bonne partie du monde. De suite puis au fil des ans, je me suis amusé à développer ce cycle avec de nouvelles enquêtes, dont l’une parut dans la revue québécoise Solaris. Hélas ce mélange de polar et de SF, avec tout de même une prédominance nette du côté policier, ne plaisait pas aux éditeurs. Je mis donc tout cela de côté pas mal de temps, jusqu’à ce qu’un micro éditeur, puis un autre, se disent intéressés, enfin. Ainsi deux recueils parurent, puis je repris le synopsis d’un projet avorté avec Ugo Bellagamba pour en faire le court roman Menace sur l’Empire. Le cycle aurait pu s’arrêter là mais j’avais fort envie de continuer, et Christian Robin de chez Koikalit vint à la rescousse. Je repris alors l’écriture de ces enquêtes en univers uchronique, les confinements covid puis de nombreux séjours à la campagne dans le château de mon parrain m’offrant de larges plages d’écriture. Au final, il y a déjà neuf volumes sortis, avec un dixième et dernier en lecture, plus un « best-of » en poche chez Folio SF (Enquêtes d’un détective à vapeur).

Ce cycle suit principalement la carrière de Jan Marcus Bodichiev, depuis le temps où suite au suicide de son père il campe dans un petit bureau de la City de London en développant des systèmes de sécurité, jusqu’à l’époque de sa retraite, à Biarritz. Il rencontre un jeune homme, Viatcheslav Koulikov, qui deviendra son adjoint, devient ami avec le chef légiste de Scotland Yard le docteur Charles Sigerson, croise différents flics pas toujours aimables, résout calmement des énigmes souvent au bord du genre « détective de l’étrange » (liane extraterrestre, loup-garous, momies, pouvoirs psy, hantises), prend comme secrétaire Mrs Cherrytail, vend à la fin de sa vie son agence à ses assistants Mowgli Bennett et Chuck Mallet. Textes longs ou courts retracent toute cette existence, avec beaucoup de voyages aussi (Amsterdam, Florence, Rome, Bordeaux, Saint-Francisbourg, Raguse, Bruxelles…). Il y a des dirigeables dans le ciel, un vieil empereur en Russie et son fils plus progressiste à la régence, la religion dominante est le bouddhisme, des I.A. contrôlent le climat… Toujours, cet univers est considéré du plus petit bout de la lorgnette, celui de protagonistes plongés dans le monde.