#4056

Eh oui, pour la fiction je m’amuse à écrire sous pseudonyme : Olav Koulikov. Je l’ai dit depuis un moment déjà. Et j’ai eu le plaisir de voir publié le mois dernier le quatrième volet des enquêtes de Bodichiev, chez le petit éditeur Koikalit (les trois précédents étaient chez les Saisons de l’étrange). Ainsi ai-je donc aligné ces dernières années Mémoires d’un détective à vapeur, Souvenirs d’un détective à vapeur, le court roman Menace sur l’Empire et ce tout nouveau Confidences d’un détective à vapeur.

Dans une uchronie où règne sur une bonne partie du monde l’Empire anglo-russe, monsieur Bodichiev et son fidèle assistant Viat Koulikov mènent depuis la métropole de London des enquêtes plus ou moins « de l’étrange ». Quelque part entre Maigret et Poirot, avec quelques gouttes de SF ou de fantastique. Un univers qui me tient énormément à cœur et auquel je ne cesse de revenir, depuis la première nouvelle qui fut autrefois au sommaire de la fameuse anthologie de Serge Lehman, Escales sur l’horizon. L’on suit au gré des volumes et en filigrane leur carrière ; dans le prochain se trouvera notamment la toute dernière enquête de Bodichiev, en retraite à Biarritz, et le récent propose l’une de ses toutes premières avec le jeune Viat. Confidences réunit cinq nouvelles et six vignettes courtes : « L’affaire des masques », « Les oiseaux du cimetière », « Le tumulte de Noël », « Sous le vent dalmate », « Les fantômes d’Alwych », plus des short shorts sur des perso secondaires, Viat / Beauchamp / Sigerson / Goudounov / Mrs Cherrytail / Boadicée, et une chronologie.

Je viens, hier soir, de boucler le prochain recueil de mon détective privé et l’ai rendu à mon digne éditeur à moi que j’ai. Archives d’un détective à vapeur, cette fois. Six nouvelles et une novella : « La pomme et la paille », « La question de l’alchimiste », « Ministère de l’Intérieur », « Les chats de Battersea », « Péril en l’île », « Les deux morts de mademoiselle Rose » et « Un ptérosaure sur la grève ». Sont en cours de finition une novella, Les Arrière-mondes, un court roman, Les Trois cœurs, et j’ai juste débuté le recueil Voyages d’un détective à vapeur… Une nouvelle inédite sera au sommaire de Fiction l’imaginaire radical n°3, d’ici peu.

#4039

Aux patères dans l’entrée, j’ai deux feutres et un canotier, mais le chapeau ne se porte plus guère. Tout juste en attendant devant la gare vois-je quelques hipsters à bonnet ou à bob et un groupe de beurs en casquette à visière longue ; les femmes sortent toutes « en cheveux », de nos jours, plus de couvre-chef. Je regrette cet appauvrissement de la mode et porte une casquette molle, presque sans visière, une légère l’été et une plus chaude en laine pour l’hiver. En constatant tout cela ce midi, je me suis demandé si dans l’univers de Bodichiev les citoyens portent encore des chapeaux. Bodichiev lui-même a souvent une casquette. Je vais indiquer ça, je crois, en passant.

#4038

Samedi dans le train j’ai débuté encore un petit texte pour le cycle Bodichiev : une lettre, car à force de relire tout Dorothy Sayers son astucieux système d’introductions épistolaires m’a inspiré. Une forme différente. Trop fatigué au retour pour continuer, mais cela me fait un petit texte « aisé » auquel revenir à d’autres occasions – rien ne presse, je vois loin et il s’agira je pense de l’intro au recueil « Voyages d’un détective à vapeur » pour lequel je n’ai qu’une nouvelle. Me projeter ainsi est fort plaisant, de quoi écrire / cogiter pendant quelques années encore.

#4036

Une immense lune flotte en filigrane ce matin au-dessus des voies, blanche sur le bleu. S’y distinguent parfaitement les rivières et les villes auxquelles je rêvais étant enfant. Cette même lune qui cette nuit me réveilla en éclaboussant mon lit de cet argent irritant qui empêche de dormir. A peine émergé du sommeil qu’une scène de Bodichiev me vint, assez longue, que j’ai rédigé sur l’iPhone.

#4035

« La ville ne se couvrait plus que d’une brume translucide, de quoi adoucir son visage, toute laideur gommée, et porter un halo humide autour des lumières. Le crépuscule tombait sur une London mouillée et brouillée. La Tamise frissonnait, onde silencieuse et sombre. »

La rentrée est bien là, avec ses urgences, ses nouvelles maussades, ses contraintes. Reviendrai-je à l’écriture de mes Bodichiev avant que n’arrivent les Hypermondes et le mois d’octobre ? J’en ai bien envie mais le réel a des résistances, la convalescence aussi.