#1078

Juste rentré du cocktail d’anniversaire d’une librairie pour la jeunesse. En traversant l’un des ponts sur le Rhône, un moment parfait: toute la ville entièrement bleue, d’une teinte outre-mer soutenue. On respirait du bleu. Puis un trait rouge fusa, et la nuit était tombée.

#1076

Un copain écrivain m’a dit un jour que ça s’appelait « l’effet porte-manteau »: le fait de lire un auteur, de tant s’imprégner de sa voix, de son rythme, qu’ensuite on écrit (volontairement, de préférence) un texte « sous influence ». Il m’arrive ainsi très souvent de me replonger dans, tout à la fois, Simenon et Flaubert, lorsque je veux écrire un nouveau texte de mon cycle polar-uchronique… Ces lectures précises m’aident à me remettre dans l’atmosphère, la teneur vocale, pour ainsi dire, de ce que je veux faire avec ce cycle. Il en va un petit peu de ces lectures/influences familières comme si l’on ajoutait quelques gouttes d’un colorant, ou bien une bouffée de parfum. Et puis, en ce moment, je lis pas mal de poésie: Jacques Réda en particulier, pour un projet un peu étrange que je me promets depuis longtemps de cultiver avec un ami graphiste.

#1075

C’est la dernière mode, dans le quartier près duquel j’habite: un bâtiment hâtivement construit dans les années 70 est moche? Hop: on le cache dans un coffrage en verre. Ils avaient déjà fait cela pour l’entrée du centre commercial, ils viennent aussi de bâtir un immense sarcophage de verre autour de la halle, et une sorte de trompette géante pousse devant la bibliothèque.

Sur le côté de cette dernière, sur le pavage en bois au bord des massifs fleuris, de multiples traces de bave, enchevêtrées et brillantes, indique que les lieux sont un havre pour limaces ou escargots.

#1074

Ce matin, je devais tenir un stand dans le cadre d’un marché aux puces, pour une connaissance, et puis finalement elle s’est dégonflée, je ne sais trop pourquoi. Dommage, ç’aurait été amusant. M’enfin, je suis quand même allé me promener à ce vide-grenier du quartier des Capucins, car j’aime ce genre d’évéments à la fois charmants et dérisoires, toutes ces drouilles déballées en vrac sur un bout de trottoir…

Les pentes de la Croix-Rousse se trouvaient donc bien encombrées d’une population bonne enfant, et j’ai même trouvé un bouquin intéressant — un « Time-Life » sur Londres de 1976, bien kitsch. Mais le plus amusant a quand même été de découvrir, tout en haut de la Montée de la Grand-Côte, sur le dernier stand, un exemplaire du Yellow Submarine sur Londres… volé à la bibliothèque de la Part-Dieu!! Il y avait encore les étiquettes… On est bien peu de chose.