#997

Suis en train de lire My Lady’s Garter de Jacques Futrelle, et je me délecte. Il s’agit d’un polar paru de manière posthume, en 1912, après la mort de l’auteur dans le naufrage du Titanic. Futrelle, américain d’origine française, était essentiellement connu pour ses nouvelles sur les enquêtes de la « Machine à penser », un scientifique désagréable et prétentieux faisant des déductions à la Holmes. Cette autre oeuvre s’avère en définitive beaucoup moins datée, et bien plus plaisante. On y suit, dans un joyeux méli-mélo de comédie policière, le retour aux affaires d’un gentleman-cambrioleur new-yorkais, The Hawk, ainsi que les amours tumultueuses de deux jeunes imbéciles, et la rivalité féroce de deux magnats (on croirait Picsou et Flairsou!). Le tout dans un style enlevé, à la forme semi-parlée assez originale. Il est un peu triste de se dire que ce roman est parfaitement oublié, publié seulement en 1912 et jamais depuis.

#996

Albert mon héros. Ce matin, un peu avant 6h, une saleté de moustique me tournait autour des oreilles, zonzonant à qui mieux-mieux. Mon attention attirée par un autre bruit, que je ne parvenais pas à identifier, j’ouvris un oeil prudent: perché sur la tablette de nuit, Albert-le-Chat faisait de grands moulinets des pattes, comme un King Kong en miniature. D’un bond souple, il sauta à mes côtés et… commença à mastiquer le moustique, qu’il venait d’attraper. Brave petite bête. Je me rendormis, tranquille.

#995

Un peu avant une heure du matin, la nuit fut déchirée par un coup et demi de sonnerie de téléphone… Mon coloc réagit promptement, mais trop tard déjà: j’étais réveillé. Bon. Tant pis. Je tâchai de me rendormir, mais comme toujours dans ces cas-là, des tas de choses me tournèrent en tête, notamment la manière de présenter/rédiger un dossier important que je dois préparer ce week-end. Enfin, lassé de me tourner et me retourner, j’allais entr’ouvrir la fenêtre puis repris ma dernière lecture en date, le très amusant The Three Taps de Monseigneur Ronald Knox (oui, toujours du polar thirties). Jusqu’à ce que mes yeux se rendent sans conditions.

#994

Peu bossé aujourd’hui. Petite promenade en ville suite à mon intervention scolaire aux Chartreux, ce matin (petit cours rapide sur l’histoire de la fantasy, à des Première S). Lu le premier polar de Jacques Decrest: au sein de mes lectures de polars anglais thirties, lire un polar français (également des années 30) est d’un changement agréable et amusant. Le « monsieur Gilles » de Decrest fut un rival de Maigret, complètement oublié de nos jours, je crois. Belle écriture fort simple, rythme lent, compassion. Seul « hic », l’anti-sémitisme flagrant lorsque des personnages évoquent le milieu des banquiers… Pour le reste, ce’st gentiment désuet, tout le monde se vouvoit, même les fiancés — mais j’ai déjeuner ce midi chez le papa d’un prof, que son fils vouvoyait, je ne fus donc pas trop dépaysé. De l’excellent Simenon-like, somme toute.