#924

Après les imbécilités galopantes de Morvan et le trait caoutchouc/cinoche de Munuera (ce ne sont pas des compliments, sous ma plume), dire que la lecture des Géants pétrifiés de Yoann et Vehlmann fait du bien est un doux euphémisme.

Bon sang que cet album est excellent! Je ne regrette (un peu) que ce format stupidement trop grand — on voit que cette collec de « one shot » par différents auteurs louche fortement sur le succès des Blake & Mortimer récents. pour le reste, c’est du sans faute. Fabien Vehlmann, de toute manière un scénariste très doué, parvient à parfaitement équilibrer le côté « hommage aux années Franquin » (ah, cette hilarante case où Spirou et Fantasio contemplent avec un plaisir qui n’ose pas dire son nom la déroute des salauds de capitalistes…) et « aventure moderne » (avec un petit côté « La Vie aquatique » pour le scientifique plein de thunes).

Ce qui serait bien, c’est que le succès de cet album enterre Morvan…

En revanche, sur le front de la revue Spirou, je suis furax: leur prétendue « nouvelle formule » consiste en la reprise en feuilleton d’un vieil album de Geerts paru autrefois chez Casterman, en des rééditions de vieilles planches de Boule & Bill et de Gaston, en la sérialisation d’albums parus récemment et, pour couronner le tout, du Schtroumpfisssime de Peyo! J’appelle ça se moquer royalement de la tête du client… Et vais me désabonner illico. Avec une grande tristesse, cependant: je m’étais toujours dit que lorsque je ne serai plus libraire de BD (car je n’entendais pas l’être toute mon existence) je m’abonnerai à Spirou. Et je l’ai fait. Hélas, cette formule à l’économie me dégoûte absolument…

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#923

En direct de la manufacture à « Bibliothèque rouge »…

Quatrième jour de séjour chez les Mauméjean et la chronologie d’Hercule Poirot est terminée. Satisfaction. Je travaille encore à quelques « rivaux », d’autres détectives des années 30, en profitant de l’ample documentation du camarade Xavier. Ecrire en son antre est chaque fois une expérience assez intense (en terme de densité de travail) et hautement jouissive (en terme d’efficacité et d’ambiance). Comment ne pas produire de belles choses dans un pareil cadre, cerné par les vieux polars dans un minuscule bureau haut perché, peint aux couleurs d’un pub? Je n’imagine guère de retraite plus « cosy », plus propice à l’écriture d’un « Bibliothèque rouge ». Dans la pièce à côté, un vieux PC grogne et craquète contre un mur de vidéos, tandis que de l’autre côté d’une petite fenêtre arrondie, une immense église en pur style baroque-lovecraftien s’illumine dramatiquement, exhibant ses créneaux rouges et blancs comme le décor du plus survolté des romans gothiques.

Demain, intervention en lycée pour expliquer un peu les métiers du livre, et vendredi passage à Paris pour voir les sieurs Fab Colin, Jean Ruaud et Daylon. Du bon temps, studieux mais formidablement agréable.

#922

Eh bien, ce retour de Londres fut un peu éprouvant, disons-le: je ne peux m’en aller de chez mois ans en payer les conséquences, en termes de charge de travail à abattre en un temps forcément réduit. Je ‘nai donc guère arrêté depuis lundi… Mais enfin, ouf: le rpincipal est bouclé. La relecture du 2e jeu d’épreuves de mon roman, la relecture et fin de maquette du Swann prochain aux Moutons électriques, les argumentaires pour la diffusion, un peu de compta, quelques cartons, un rendez-vous ô combien offficiel, des tonnes de mails…

Hier soir, sortie culturelle: conférence sur Huysmans à l’Institution des Chartreux, organisée par mon coloc. Dans le cadre somptueux d’une très vieille bibliothèque, aux étagères lustrées croulantes d’ouvrages en cuir. Je repars demain pour une semaine studieuse d’écriture avec mon camarade Mauméjean, sur les traces d’Hercule Poirot…

#921

Steve Hogarth. Voice & Piano.

Vendredi 24 Février 2006, au Café De La Danse – Paris. Une soirée organique, mouvante et inattendue, de musique, conversation et d’instants rock n’ roll.

h au naturel
« Les gens me demandaient depuis des années si je n’envisageais pas de monter seul sur scène. Je répondais souvent que c’était une bonne idée. Depuis, j’ai été un peu occupé. mais j’ai trouvé un peu de temps en Février 2006, alors c’est parti. Je saute de l’avion (pour faire une escale à Paris).
Ne vous attendez pas à un concert « pro », réglé à la minute et répété pendant des heures. Je veux que seule l’atmosphère dicte les évènements. J’arriverai avec une liste de chansons qui ont marqué ma vie. Ce sont des choses que je voulais exprimer quand j’étais jeune, ou que j’ai écrites au cours des années avec les Europeans, How We Live, The h band et, évidemment, Marillion.
Je jouerai quelques morceaux. (Avec un peu de chance je me souviendrai comment faire.) Il se pourrait même que je lise quelques extraits rock n roll de mon journal. Si je suis d’humeur, et vous aussi, on fera un brin de causette ensemble. Si vous me poser une question décente, j’y répondrai. S’il y a une bonne ambiance, je continuerai, peut-être des heures.
Voyons où cela nous mènera ».
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