#849

Pitoyable: le deuxième épisode de « Spirou & Fantasio » par Morvan et Munuera vient de s’achever dans les pages de l’hebdo Spirou. Et ce n’est guère meilleur que le premier — cette fois, en prime, on a droit a des fusillades et du sang qui gicle. Entre cette violence imbécile, un dessin toujours aussi mollasson (hésitant entre plusieurs écoles graphiques), une histoire qui n’est encore une fois qu’une simple course-poursuite et l’absurdité de cadrages pseudo-cinématographiques (laissons donc au cinoche ses outils spécifiques: la bédé a bien d’autres outils narratifs et graphiques que cette pauvre imitation genre Delcourt/Soleil)… le résultat est minable, purement et simplement médiocre, de la mauvaise production par des gens qui ne comprennent visiblement pas les codes et le rythme nécessaires à une bédé humoristique d’aventure.

Un comble dans une revue comme Spirou!

Gageons qu’on aurait obtenu un résultat infiniment supérieur si Dupuis avait, par exemple, confié la reprise de sa série-phare à certains dessinateurs italiens et/ou de l’école « canards Disney »: Marco Rota, par exemple, ferait graphiquement merveille sur Spirou. Mais on ne m’ôtera pas de l’idée que Dupuis pouvait trouver meilleure équipe en franco-belgie que ces auteurs (dé)formés par une optique à la Delcourt…

#848

Pfff, je ne me remets pas encore de ma grAUsse fatigue… Marre d’avoir « les yeux en capote de fiacre », comme dirait le papa de mon coloc. Encore que c’est sans doute de circonstance, puisque je suis en train de finir d’entrer dans la maquette les dernières corrections des Nombreuses vies de Sherlock Holmes, livre à fiacres s’il en fut…

Fini de relire toute la Jeunesse de Picsou, bouquin(s) génial s’il en fut — après le volume américain récemment paru (où l’auteur, Don Rosa, a retouché et complété certaines histoires pour une logique interne plus jouissivement serrée encore), j’ai embrayé sur le volume d’histoires complémentaires paru en France cet été. Les traductions en sont un peu erratiques (fautes de frappe, noms fluctuants, il y a même un épisode où l’on passe sans cesse de McDuck à McPicsou et retour) et il m’aurait sansdoute été possible de tous les retrouver dans les revues américaines, mais enfin il est assez plaisant de lire ça d’une traite, dans un tome spécifique. Reste que je vais tout de même aller fouiller dans ma collec de Uncle Scrooge afin d’en tirer d’autres épisodes signés Don Rosa: il y a un effet d’accoutumance.

Niveau prose, je lis notamment The Moon is a Harsh Mistress de Robert Heinlein: je connais mal cet auteur pourtant majeur de la SF US, et souhaitais depuis un moment mettre la main sur ce roman-ci — offert par un copain parisien la semaine dernière (qui en a réédité la VF dans sa collec chez Terre de Brume). L’excitation de la meilleure SF classique est au rendez-vous, avec en plus un goût du bavardage (on oublie sans doute trop souvent combien la SF classique était portée sur les longues discussions où les personnages réfléchissent à haute voix) et une agréable vision révolutionnaire (libertarienne, certes, mais néanmoins très rafraîchissante) — la filiation à établir entre ce chef-d’oeuvre (datant de 1966) et Triton de Delany dans les années 70 puis les utopies martiennes des années 90 (Robinson, Aldiss) est tout simplement passionnante.

#847

Peut-on faire plus snob? L’autre jour, à Paris, j’ai plusieurs fois eu l’occasion de traverser les Jardins du Luxembourg. A la première de ces occasions, alors que j’arrivai au-dessus des parterres des fleurs dessinés à la française et du grand bassin, je fus saisi par une forte impression de « déjà vu ».

M’arrêtant un instant, accoudé à une balustrade de pierre, aussitôt le souvenir exact me revint. Il ne s’agissait pas de la mémoire d’être déjà venu dans ces jardins, mais d’avoir contemplé… un tableau de Monet les représentant!

#846

Back from Paris.

Ville trop bruyante: les voitures, toutes ces voitures, c’est l’horreur. Il est grand temps de supprimer une bonne part du trafic automobile intra-muros, sérieusement.

#845

J’aime beaucoup recevoir les colis de DreamHaven – car je ne sais jamais au juste ce qu’il va y avoir dedans. En effet, je commande quelques nouveautés chaque mois ou presque (ainsi que des occasions, souvent), à cette formidable librairie de Minneapolis. Mais les colis mettent deux mois, bon poids, pour me parvenir. Entre-temps, comme je n’ai guère de mémoire, j’ai oublié ce que j’avais commandé, plus ou moins… La redécouverte est donc toujours plaisante!

Durant pas mal d’années, je commandais chez Andromeda à Birmingham, mais il y a belle lurette que leurs aléas divers m’en ont dissuadé, et j’apprends d’ailleurs qu’ils viennent de fermer. Depuis, DreamHaven est mon adresse de prédilection, en matière de librairie anglo-saxonne spécialisée en SF et fantasy. La libraire Elizabeth m’avait beaucoup aidé lors de mes recherches pour ma Cartographie du merveilleux, allant jusqu’à faire les autres bouquinistes de Minneapolis afin de me trouver pour pas cher les titres qui me manquaient.

A part ça, demain c’est le « grand jour »: ma première réunion avec les représentants du nouveau diffuseur des Moutons électriques, le CED.

Et ils savent bichonner leurs éditeurs: c’est carrément le boss de CED, qui va venir en voiture nous chercher à la gare demain
matin – Natacha (de l’Oxymore) arrive en même temps que moi, du coup il a décidé de passer nous prendre plutôt qu’on prenne le bus (le CED est à Ivry-sur-Seine). Classe!