#666

>> J’me fais des films

Encore de la fièvre cette nuit. Et donc, encore des rêves… touffus.

Dans une France inondée, j’étais en partenariat avec une copine un membre actif de la Résistance contre l’envahisseur extraterrestre (des humains de couleur jaune citron), qui profitant de la déroute gouvernementale et de la désorganisation du pays avait commencé à exterminer la population puis, de là, à envahir le reste de l’Europe… Je me souviens d’une poursuite à l’intérieur d’un vieux train à moitié submergé (sueur, peur et exitation); d’une planque à bord d’une péniche, aux abors d’une zone industrielle de Paris (style XIXe, les usines — sentiment de peur, « ils » allaient nous repérer); d’une promenade avec la fille au bord d’un canal, qu’enjambait un pont de fer au jambage incroyablement arqué, tout en discutant de Balade au bout du monde (bédé qu’en vérité je n’aime pourtant pas — sentiment de calme presque amoureux); de la victoire finale contre l’ennemi, que nous apprenions alors que nous étions planqués dans les ruines humides d’un restau, avec un autre ami résistant (sentiment de joie, immédiatement suivi d’un immense abattement et d’une grande peine, au bord des larmes: presque tout le monde est mort, l’humanité dessimée, tous mes amis, toute ma famille…).

Suite (?) avec bond en avant dans le temps, je me trouvais dans le futur lointain, dans la peau d’un vieil homme presque gaga, chauve et circulant la plupart du temps en chaise roulante. A travers ce vieil homme, je faisais connaissance de mes descendants, mes fils et filles, mes gendres et belles-filles, toute ma famille du futur lointain — et, bien entendu, de mon épouse, une femme de caractère, me rappelant l’image mentale que je me suis fait de ma grand-mère paternelle. Une femme aux cheveux blancs, mais bon pied bon oeil, dirigeant d’une poigne maternelle mais de fer toute cette aimable smala de jeunes gens. Ce monde du futur avait fusionné avec l’au-delà, ce qu’ils nommaient « les Enfers » sans connotation péjorative, un monde qui nous avait toujours été parallèle et communiquait désormait avec la réalité. Ainsi pouvait-on parler avec, et même rencontrer, nos aïeuls, fantômes bien portants simplement émigrés sur cet autre plan d’existence. La matriarche, mon épouse, décidait d’ailleurs qu’il était grand temps qu’elle laisse la place aux générations suivantes, et à mon grand dam bavochant décidait de son euthanasie. Débat familial, et à la fin de la soirée je me levais soudain, révèlais que j’étais habité par un ancêtre du 23 octobre 2004, par qui je venais d’avoir une vision, une prophétie des jours à venir. Il était urgent clamais-je debout au milieu du salon tendu de soie rouge, il était impératif d’évacuer la Terre, il fallait débuter els travaux de démontage de tout le patrimone de l’humanité, car un météore approchait qui menaçait la planète! Et tout le monde devait émigrer pour les Enfers, le monde parallèle était presque infini, pas de risque qu’il se brise! L’humanité devait y trouver un refuge provisoire en attendant la construction d’une grande arche, d’une « sphère de Dyson » bâtie avec toute la matière du système solaire afin d’abriter les humains.

Dernier rêve, avant mon éveil: j’étais enquêteur d’assurances pour une grande compagnie dont le gratte-ciel s’élevait à la Croix-Rousse, au bord du plateau. Je découvrais lors d’une mission qu’un de mes collègues avait une affaire avec une femme mariée. Et ce collègue de mourir mystérieusement, mais le mari cocu avait un alibi en béton. En avocat de la défense (de qui?), je menais l’enquête, persuadé, contrairement à l’avocat de l’accusation, que la compagnie d’assurance avait été lésée, que mon collègue avait été assassiné. En ayant convaincu mon boss, un vieux monsieur charmant aux cheveux gris, j’étais chargé de le prouver: le patron me confiait une petite caméra, à loger dans le col de ma chemise — meilleure pour les vues d’ensemble que pour les portraits, précisait-il.

Le présumé assassin travaillait dans un petit supermarché, se trouvant cette nuit-là (puisque je rêve beaucoup de scènes paradoxalement nocturnes….) partiellement en inventaire. Je prenais en chariot, mais une vendeuse se retournant me précisait que les grands étaient cassé, mieux valait prendre un petit chariot. Dans les allées presque désertes, j’effectuais quelques achats, en cherchant l’assassin — dont j’avais une vague image mentale, jeune, brun, les cheveux bouclés. Ma copine Mireille, se trouvant également là à faire ses courses, me désignait un étalage de cidre en promotion. Chic, du cidre! Je comparais les prix des deux marques différentes, dont l’une semblait être en rapport avec une marque d’eau minérale, genre le « Cidre Mont d’Evian ». Je prenais l’autre, moins coûteuse, et partais en caisse où officiait le suspect. Je découvrais avec surprise qu’il s’agissait de Stéphane M. — m’étonnais de plus qu’il ait le culot de bosser comme caissier, alors qu’il devait déjà fort bien gagner sa vie comme patron des éditions B. Toujours aussi élégant, tout en noir avec veste à col droit, Stéphane M. me saluait amicalement, avec sa coutumière amabilité un peu froide, et commençait à m’interroger sur la BD dont je viens de vendre le scénario, tout en passant mes articles au scan de sa caisse. Un peu gêné — je craignais qu’il n’aperçoive ma caméra —, je lui répondais en remplissant mon sac en plastique.

[Tiens, ceci est le 666e post de ce blog.]

#665

Levé très tôt ce matin. Dans le soleil, la fourrure de Dru, chatte grise, devient presque bleue.

Dernier rêve: une plaine herbeuse ponctuée de tumulus. Je me bats au fleuret contre un opposant habillé de dentelles. Deux témoins en redingotte noire s’alarment, nous dévions du duel, trébuchons sur les mottes de terre et l’herbe trop haute, mon opposant se trouve bientôt acculé contre l’entrée basse d’un des tumulus, il trébuche encore et tombe dans l’ouverture. Soudain, cette dernière s’éclaire, devient telle une fenêtre sur un coin de ciel bleu. Ahuris, les deux témoins et moi-même nous penchons sur cette porte lumineuse. Pas du ciel: une eau presque turquoise! De l’autre côté, mon adversaire se débat dans ce lac luminescent, crache et vitupère, tandis que des formes sombres s’agitent, semblent s’enfuir dans l’onde grasse.

#664

Je hais les digicodes.

Les proprios de mon groupe d’immeubles en ont fait poser un, sur le porche. Sans consultation des locataires, sans même les prévenir: le fait accompli. C’est ça, la démocratie occidentale: le citoyen n’a strictement aucun droit sur un élément aussi fondamental pour sa vie que son appartement et la gestion de celui-ci.

Et moi qui aime que les amis débnarquent sans forcément prévenir… 🙁

Ah, au fait: le code ce sera 4815.

#663

Une light bulb joke (plaisanterie d’ampoule électrique) attribuée à John Cleese, sur le blog de William Gibson:

How many Bush administration officials does it take to change a light bulb?

None. There’s nothing wrong with that light bulb. There is no need to change anything. We made the right decision and nothing has happened to change our minds. People who criticize this light bulb now, just because it doesn’t work anymore, supported us when we first screwed it in, and when these flip-floppers insist on saying that it is burned out, they are merely giving aid and encouragement to the Forces of Darkness.

#662

Curieux comme le ciel de mes songes est généralement nocturne. Comme si du fait que le sommeil est plutôt l’apanage de la nuit, le pays des rêves devrait forcément être sombre, au mieux crépusculaire.

Cette nuit je me trouvais invité à un congrés de science-fiction, fort mal organisé (ce devait être une convention!), ils avaient oublié de faire des badges pour chacun, l’horaire des repas et des interventions ne cessait d’être bousculé et reporté. Ce festival se déroulait sous de grandes tentes blanches plantées sur un quai.

Lassé d’attendre que vienne l’heure de ma conférence, j’allais me promener sous les platanes puis dégringolais le pierré jusqu’à la plage. Le ciel remuait des nuées rougeoyantes sur fond d’un violacé sans étoiles, la mer bruissait sa vaste masse d’encre dans les reflets roux et bleus des vaguelettes, la ville étincelait d’un piquetage de blondes lueurs électriques et l’épaule aveugle d’une colline plongeait dans la baie qu’elle protégeait, juste découpée en velours irrégulier sur les nuages indistincts.

Un groupes d’amis, quatre jeunes gens, se tenait assis sur le sable et sur un grand morceau de bois flotté, des jeunes fans, avec lesquels je commençais à discuter tandis qu’au-dessus de nous continuait le brouhaha amical de la convention. Non loin du groupe de garçons, un peu plus bas vers le bord de l’eau, un groupe de trois filles brunes rigolait, sans doute Michèle, Mélanie et Faustine. Je restais à discuter avec les gars.

Étonnant comme l’on peut avoir des copains que l’on n’a jamais vu qu’en rêve… Il y avait un barbu aux cheveux en broussaille et lunettes cerclée de métal; un rouquin aux cheveux mi-long et au nez très droit, très fin, les yeux verts; un châtain à la tignasse ébouriffée et une écharpe de baba-cool sur les épaules (il fait un peu frisquet sur la plage cette nuit); enfin, un autre châtain, les cheveux courts, les lèvres épaisses et des fossettes aux joues. Dans mon rêve, je me demandais vaguement si je les connaissais, mais papotais avec eux comme avec des copains de longue date. Le sable sous mes doigts retenait encore un peu de la chaleur du jour.