#636

C’est dingue, quand j’y pense: six mois que je travaille d’arrache-pied sur le Panorama illustré de la fantasy & du merveilleux.

Et non seulement six mois, mais combien d’années de lecture, de recherche, d’écriture d’articles? L’ouvrage part jeudi chez l’imprimeur, et une page massive se tourne.

Non pas que j’entende cesser là mes recherches sur le merveilleux: j’ai déjà trois « petits maîtres » en chantier pour la revue Faeries, un article à terminer pour un bouquin de chez Autrement, une conférence à rédiger pour le colloque de Nice… Mais tout de même, ainsi le principal est fait. J’y rêvais depuis très longtemps, à ce Panorama illustré de la fantasy & du merveilleux. Déjà à l’époque de Cartographie du merveilleux: Gilles Dumay, sachant que je songeais à un gros pavé sur la fantasy, un peu du genre de l’histoire de la SF par Sadoul, m’avait proposé d’en faire d’ores et déjà une sorte de résumé, une version « petit guide ».

Tiens, hier soir j’ai revu Brisby & le secret de Nimh, admirable petit joyau d’animation. Et en achetant un loukhoum à l’épicerie arabe, j’ai repensé automatiquement à cette scène du début du Lion et la Sorcière blanche de C.S. Lewis, lorsqu’Edmund trahit sa famille pour un turkish delight… Gravement contaminé au merveilleux, je suis!

#635

Distractions estivales…

Vu le deuxième film d’Harry Potter. Je n’ai pas vu le premier & n’en ai pas spécialement envie, mais puisqu’on m’avait prêté celui-ci… Et en définitive je ne regrette pas: sympa. Pas génial, mais bien fichu, fidèle, amusant comme tout. Un divertissement pas bête, qui restitue agréablement la magie des livres de J.K. Rowling.

Vu aussi La Prophétie des grenouilles, un beau dessin animé français, pour les petits. Vraiment pour les petits: limite chiant pour les grands, par endroits. Mais ni sot ni gnangnan, un scénario plutôt fûté. Enfin, je vais l’offrir à ma filleule, que je néglige beaucoup trop. Et puis c’était joli & rigolo, ça ressemble à des dessins de Rémi Courgeon qui bougeraient, c’est chouette.

#634

Un correspondant, bibliothécaire à Marseille, m’a envoyé la photocopie d’un intéressant article de Roger Bozzetto: « William Morris et la naissance des mondes de fantasy ». Paru dans une revue universaitaire de Valenciennes.

Très intéressant, oui, car primo il n’est pas si fréquent que la critique en général, et les universitaires en particulier, parlent de la fantasy. Secundo, parce que j’y constate avec une certaine satisfaction que Bozzetto aussi utilise volontiers le terme « merveilleux » comme équivalent de « fantasy ».

Là où le bas blesse, cependant, c’est lorsque Bozzetto écrit: « William Morris est considéré par tous les critiques comme le premier écrivain qui ait sciemment composé des textes qui relèvent de ce qu’on désignera comme fantasy. »

I beg your pardon? Tous les critiques? Contre-vérité flagrante, voilà qui est parfaitement absurde: les romans de Morris, The Wood Beyond the World et The Well at the World’s End, datent respectivement de 1895 et 1896. Ce sont assurément des précurseurs de la fantasy.

Seulement voilà: et George MacDonald? Phantastes date de 1858, et Lilith de 1895. Quant à ses romans pour la jeunesse, qui présentent plus fortement encore toutes les caractéristiques de la fantasy telle qu’on l’entend depuis le succès international de Tolkien, ils sont de 1871 (At the Back of the North Wind), 1872 (The Princess and the Goblin) et 1883 (The Princess and Curdie).

Si ce n’est pas de l’antériorité, ça? 🙂

#633

Un joli lien: le site consacré (en anglais) à un ancien éditeur japonais pour la jeunesse. Voilà qui rejoint partiellement mes préoccupations du Panorama illustré de la fantasy & du merveilleux, mais d’un point de vue exotique. Il y a de vraiment très belles choses — dommage seulement qu’on ne puisse pas agrandir encore un peu plus chaque reproduction. J’adore particulièrement les vues urbaines/industrielles de Yasui Koyata.

#632

Vous connaissez le paradoxe de Zénon?

Eh bien, le bouclage de mon Panorama illustré de la fantasy & du merveilleux, c’est un peu ça.

Avant-hier, j’ai rentré toutes les corrections d’épreuves d’une amie, & hier j’ai passé toute la journée, 12h/19h30, à regarder la maquette page par page, dans le détail, de manière à rectifier tous les chouias nécessaires. Deux images qui avaient bougé un peu, un titre qui n’était plus dans la bonne police, une note mal séparée, une note à insérer en dernière minute, quelques illustrations à changer et/ou ajouter encore, des virgules nécessaires, les « sir » anglais qui s’écrivent sans majuscule en français, etc etc. À la loupe.

Ne me reste plus, je crois, qu’à recevoir les versions définitives des deux illustrations qui manquent encore (la Tate de Londres s’est fait tirer l’oreille pour m’envoyer la repro que nous leur avons pourtant payé, & Eric Scala doit m’expédier des retouches pour son image), à vérifier le nom de l’auteur d’une couverture, &… ce sera tout. Pour le moment. En attendant le retour de mon graphiste, qui doit tout vérifier à son tour, mais d’un point de vue plus technique, & m’aider à tirer le colossal index.

Il faut que je poste vers le 20 à l’imprimeur le CDR, qui contiendra toute la maquette. Ouf, ce sera un soulagement! J’ai grand hâte d’enfin voir cet ouvrage, le premier de ma maison d’édition. Et en même temps, je ne vous dis pas la trouille que je vais avoir, le jour de la réception des colis…