#547

En ce dimanche de votes, parlons donc… de vote!

À la dernière session de la Commission des droits de l’homme de l’ONU, le Brésil a présenté un projet de résolution intitulé « Droits de l’homme et orientation sexuelle » (E/CN.4/2003/L.92) dans lequel il affirme que la diversité sexuelle fait partie intégrante des droits fondamentaux universels tels qu’ils sont inscrits dans la Déclaration universelle des droits de l’homme.

C’est ainsi que 53 pays se réuniront à Genève en mars prochain pour débattre du texte, voter et déclarer par là publiquement s’ils croient que l’orientation sexuelle est un droit fondamental ou non. Si elle est approuvée, la résolution n’aura sans doute pas de conséquences directes dans beaucoup de pays, mais elle constituera un message clair pour la communauté internationale comme quoi il n’est pas juste de faire subir à quiconque une discrimination en raison de son orientation sexuelle.

Une pétition peut être signée ici.

#545

Durant quelques années, profitant de ce que j’étais responsable du rayon « comics » à la librairie où je bossais, j’ai acheté & entassé pas mal de comics — et souvent sans les lire. Ce qui fait que c’est aujourd’hui un plaisir de farfouiller dans ces kilogs de fascicules et de reliures, à la recherche de trucs à lire…

Hier soir j’ai commencé Brooklyn Dreams de J.M. DeMatteis & Glenn Barr. Amusant & terriblement bavard, plein de bagout, j’ai pensé à ce que j’apprends de la littérature américaine dans le bouquin de Pétillon dont j’ai déjà parlé ici: des juifs new-yorkais qui tchatchent! Quant au dessin, jeté, gribouillé, peint, taché, tramé, c’est un régal.

#544

En revanche, pour rester dans le « domaine » des « faux mangas », je ne peux pas dire avoir été bien enthousiasmé, hier soir, par ma lecture de Death at Death’s Door de Jill Thompson.

Prendre un petit aspect du Sandman de Neil Gaiman et le développer sous la forme d’un pseudo-shojo manga, mouais, bof. Le graphisme me semble trop dérivatif, techniquement bon mais adoptant par endroits des codes narratifs qui lui sont étrangers, & cela se voit…

#543

J’ai déjà dit de nombreuses fois, ici même, toute mon admiration pour Andi Watson.

Je viens juste de lire The Complete Geisha, petite reliure de l’ensemble des histoires qu’il avait consacré au personnage de Jomi Sohodo. Je n’avais que la dernière & suis content d’avoir trouvé le recueil: comme d’habitude, c’est une fête pour les yeux (ah, ce trait charbonneux! & ces effets de gris! Quelle élégance!). Assortit d’un scénario intelligent & touchant, qui mêle avec une belle sûreté de ton les questions d’art, un côté polar & une eprtinence science-fictive. Jomi est une androïde, mais elle fut élevée par son « père adoptif » comme les autres enfants de la famille, afin de prouver qu’une IA pouvait évoluer dans les mêmes gammes de sensibilité que les humains de chair. Et l »expérience semble plutôt réussie, puisque Jomi est artiste peintre…

Andi Watson livre une sorte de « manga » à sa manière (jusqu’au cadre qui est prétendument japonais, quoique ses gratte-ciels fassent bien new-yorkais) & y parviens avec brio. J’ai également essayé de suivre, ces derniers temps, son dernier projet, « comics » celui-ci: Love Fights. Las, mon fournisseur n’a pas été fichu de me livrer tous les fascicules, faut que j’attende la reliure. Dommage, car graphiquement c’est du Watson au top, plus épuré que jamais, & le scénario m’attire bien, une sorte de « soap » sur un dessinateur d’histoire de super-héros, qui est lui-même… un super-héros! Le tout dans un monde à la Powers, où les super-héros existent, mais où l’action est considérée du point de vue des humains ordinaires…

Je ne sais pas, à chaque fois que je dis à un copain mon enthousiasme pour Andi Watson, j’ai droit à des yeux étonnés & une mine d’incompréhension, à la vue du graphisme « ligne frêle » de l’auteur (genre Dupuy & Berbérian, quoi). Enfin, si jamais y’a quelqu’un out there qui prête un tant soit peu attention à ce que j’écris ici… Hum, « Tous ces mots sans voix qu’on s’dit avec les doigts »‘, comme écrivait Polnareff…

Dans le même style graphique, je viens de faire une jolie trouvaille: réaménageant un peu la chambre d’Olivier, je suis tombé sur un rouleau d’affiches — dont une splendide sérigraphie par Jean-Philippe Peyraud! Je ne m’en souvenais même plus, ne sais plus du tout où & quand je l’ai acquise, mais peu importe, je suis aux anges & l’ai illico encadrée au-dessus de mon lit!