#478

Versé dans la tasse noire, le thé coule en un robuste filet de liquide trouble, qui monte dans un remou nébuleux & d’où s’élève une vapeur légère, fumet emboisé du Lapsang tarry souchong — douce senteur de fumée, en avant-goût d’une saveur qui se fait corsée, âpre ou suave, mais toujours caressante, selon les fois & le sucre. Rond sous la langue, parfois un rien astringent, ce goût familier qui développe toujours subtil la ligne rouge sombre de sa saveur, avec par-dessous le frémissement insaisissable de la théine, & par-dessus le voile de sa fumée.

#477

Ah, la magie du web! J’ai décidé de situer une nouvelle dans & aux alentours de deux petites églises de la City, à Londres, et me suis dit « bon, maintenant faut que je sache exactement à quoi elles ressemblent. »

Et hop: le moteur de recherche déniche immédiatement un site qui me détaille plaisamment toutes les églises de la City. Wonderful.

#476

Lectures en cours:

The Poison Master de Liz Williams — de l’excellente science-fiction, sophistiquée & prenante, servie par un style renversant de subtilité & de richesse. rarement nous est donnée l’occasion de lire une oeuvre contemporaine de SF américaine qui soit d’une telle qualité d’écriture. J’avoue que je n’avais guère envie de lire ce roman, à la vue de sa minable illus de couverture, mais j’avais tort: se découvre en ces pages deux mondes complexes & passionnants, emplis de sensualités, de synesthésies, de doutes & de mystères.

Un siècle démodé de Jean Borie — jubilatoire recueil d’essais sur le XXe siècle & ses grands écrivains, que l’auteur divisent en prophètes & réfractaires. Une langue riche, une pensée dense, un humour délectable, une érudition renversante: le bonheur.

Observatory Mansions d’Edward Carey — très étrange récit de la vie quotidienne dans un drôle d’immeuble, un semi-taudis perdu en banlieue de Londres au centre d’un carrefour & peuplé d’individus associables, que l’arrivée d’une nouvelle locataire va singulièrement bousculer. Intriguant.

A Wild Sheep Chase d’Haruki Murakami — complètement zarbi, cette histoire de recherche d’un mystérieux mouton unique dans l’archipel nippon, par un publicitaire & sa petite amie. On nous donne en passant le numéro de téléphone de Dieu. Tu vois, Fab: je suis tes conseils!

#475

Je disais l’autre jour qu’il n’y a plus guère qu’en Grande-Bretagne que la peinture est encore hautement considérée comme art. Ainsi, une de mes cousines, Yolaine (que je n’ai hélas pas revu depuis notre adolescence), a épousé un peintre anglais — & une recherche sur le web révèle que le monsieur est un artiste assez connu. En plus d’être visiblement talentueux!

Par exemple: voici ce que dit de lui la Hayward Gallery (un important musée londonien):

Jonathan Parsons was born in Redhill, Surrey, in 1970, and studied at Goldsmiths College, London. Parsons recreates found marks and explores the three-dimensional illusory quality of the flat surface. His rendering of lines and markings lend them a significance which relies on our familiarity with visual language. What we see is informed by what we know, and painting can draw from this infinite possibility to go beyond its own surface. Recent exhibitions include « Sensation », Royal Academy of Arts, London (1997), « Furniture », John Hansard Gallery, Southampton (1999), and « Anthem », Milch Gallery, London (1998). Jonathan Parsons lives and works in Farnham, Surrey.

Bon, en fait il vit maintenant à Guilford, mais allez donc voir quelques exemples de posters réalisés d’après ses oeuvres — & il y a ainsi dans le monde entier des sites vendant ses affiches. Fichtre!

#474

Fâcheux: depuis une dizaine de jours la majorité des mails qui m’étaient destinés ont purement & simplement… disparus, sans me parvenir! Argh.

De toute évidence, le Net merdoie fort, ces derniers temps, avec tout ce « junk mail » qui envahit les boîtes, plus maintenant une partie du courriel qui se perd… 🙁