#313

Non, y’a pas: la droite c’est vraiment chouette. Ces crapules zigouillent les 35h, inventent une police par jour, s’augmentent leur salaire de 70%… Et le premier ministre fantôme passe du côté des intégristes :

BORDEAUX – La première messe célébrée en latin en l’église Saint-Eloi, depuis que la municipalité de Bordeaux l’a confiée à une association proche des catholiques traditionalistes, s’est déroulée devant 700 fidèles — conspués par des manifestants — mais ravis.

Le conseil municipal de Bordeaux a mis ce lieu fin janvier à la disposition de l’association « Eglise Saint-Eloi », proche de la Fraternité Saint-Pie X, dirigée à Bordeaux par l’abbé Philippe Laguérie, disciple de Mgr Marcel Lefebvre, chef de file des traditionalistes, décédé en 1991. L’archevêché et des associations se sont élevés contre cette décision.

Dimanche matin, une quarantaine de militants d’associations (AC!, Ras l’Front, LCR…) ont tenté de perturber l’office aux cris de : « Hors de Bordeaux, racistes et intégristes »; « Juppé, arrête les cadeaux aux fachos ».

#312

Lu: Les Mémoires de l’Hommes-éléphant, par Xavier Mauméjean. Troisième Mauméjean en peu de temps: tant que j’y étais, autant lire tout ce que le cher homme a écrit. Et je ne suis pas déçu: ce volume-ci propose quatre enquêtes policières menées par Joseph Merrick, le fameux « homme-éléphant ».

Impeccablement recherchées, ces nouvelles (interconnectées en une seule narration) font revivre certains des aspects les plus sombres de la pauvreté victorienne: l’East End dans toute son horreur & la grimaçante charité des nantis de Londres… Stylistiquement, le traitement semble à mi-chemin entre la froideur clinique de Gotham et l’exubérance goguenarde de la Ligue des Héros; Merrick se révèle d’un cynisme terrible, lui que David Lynch avait dépeint si mièvre & gentillet.

Mauméjean a la plume dure, sombre, son humour fait souvent mal. Lecture rapide (le volume est assez court) & passionnante. Une belle pierre de plus à l’édifice des polars pseudo-victoriens.

#311

Chic, trop bien: encore un auteur que j’aime qui tient un weblog! Cette fois, il s’agit de Steven Z. Brust, un excellent écrivain de fantasy. Bon, de toute évidence il ne « post » pas souvent & demeure assez bref, mais c’est tout de même d’une lecture très plaisante.

C’est sur le weblog de Neil Gaiman que j’ai trouvé cette référence. Et en parlant de Gaiman, il donne également un lien sur un excellent article de chez Salon.com, à propos de certains écrivains anglosaxons très connus, pour adultes, quis se mettent à écrire aussi pour la jeunesse: outre Neil Gaiman, bien sûr, le journaliste parle de (& cite) Michael Chabon, Lemony Snicket, Carl Hiaasen, Clive Barker — et (en mal!) Isabel Allende. Un papier intelligent, sur un sujet quim’intéresse fort.

Ah tiens, et puis je ne résiste pas au plaisir de citer quelques propos de Neil Gaiman autour de ce sujet… I couldn’t agree more: l’humour en littérature n’est pas assez considéré. Et en France encore moins que dans la culture anglo, c’est vous dire! Entre la prose anémique & nombriliste, cette fichue sécheresse désincarnée qui fait si bien dans les salons parisiens, et le sérieux de rigueur (c’est bien le mot), j’ai décidément toujours le plus grand mal à trouver quoi lire de plaisant dans la dépressive avalanche littéraire française…

It’s odd: the hardest things to write tend to be looked down on. It’s easier to write something serious and depressing than it is to write something that’s genuinely funny. Depressing writers are out there in droves, while really honest to goodness funny writers… if one good one comes along every five years or so we’re doing well. It’s easier to write mimetic fiction, in which everything’s set in this world just the way it is, than to change things with the conviction that’ll keep people walking with you and believing. And it’s easier to write for adults than it is to write for kids…

#310

A momentary lapse of reason…

Il fait une chaleur atroce.

Dubya s’en va-t-en guerre.

Maurice Papon est libéré.

Les 35h vont être abrogées.

Alerte à la bombe où je bosse.

Puis incendie.

Et grosse inondation subséquente.

C’est ça l’automne?

Vivement l’hiver.

#309

Une copine me faisait part hier soir de son narquois amusement devant mon goût pour le lyrisme. And so what? J’assume fort bien, ai toujours préféré & tend à aimer plus que jamais le lyrisme plutôt que la froideur clinique, le « beau style » plutôt que la cachexie intello-cryptique…

Et je le prouve: je me régale en ce moment d’un Michel Suffran, L’Arc et la flèche. Grand & bel album de promenade sur les rives de Bordeaux, par monsieur Suffran, grand écrivain des lieux, & l’illustrateur Jacques Guibillon (chez Opales). Et plus lyrique que Suffran… je ne connais pas! Michel Suffran en fait même beaucoup trop, par moments. Mais qu’importe: je me laisse emporter par la richesse de son style, ses métaphores exaltées, sa poésie souvent désuète. Car il saisit à merveille (à mon sens, du moins) l’âme & le souffle de sa ville adorée. De lui, j’avais déjà lu deux très beaux polars (dommage que les suites annoncées ne soient jamais parues) & je sens qu’il faudra que je me procure ses quelques autres ouvrages à propos de Bordeaux.

Autres lectures: un peu de SF pour une fois, The Hands That Take de mon copain néerlandais Paul Harland — sur manuscrit, je ne crois pas que ce roman soit paru. Du post-cyberpunk à la fois gay & oriental, ce que j’en ai lu pour l’instant me séduit.

Et puis une bizarrerie: Son of Holmes de John T. Lescroart. Un vieux pastiche de Sherlock Holmes & de Nero Wolfe (à la fois), que J.M. Lofficier m’a signalé & que le service « occase » d’Amazon m’a immédiatement procuré. Amusant.