#268

C’est vraiment râlant.

Comme je prépare une anthologie, je voulais profiter de cette occasion pour réaliser un vieux rêve: publier en France une nouvelle de Christopher Isherwood — l’un de mes écrivains fétiches. Il y a dans son recueil Exhumations (datant de 1966) la rare poignée de nouvelles qu’il a écrit, parmi lesquelles un conte que j’aime beaucoup, « The Wishing Tree ».

Recherche effectuée, no problemo: le recueil était bel & bien inédit en France.

Et puis voici que je découvre, par hasard il y a quelques jours, qu’Hachette a justement prévu de rééditer à la rentrée Adieu à Berlin… accompagné par le seul & unique inédit: le recueil!

Argh… Flûte de zut, pourquoi maintenant, après tant d’années sans y songer?

Dommage. Déçu je suis. Enfin, tant pis: lisez quand même ce beau recueil d’Isherwood. Il contient également une très belle nouvelle aux limites de la SF, en tout cas sur un thème « temporel », « I Am Waiting ». Et parmi des tas de chroniques & d’articles, certains intéressants d’autres anecdotiques, j’aime particulièrement celui qui s’intitule « Coming to London ».

#266

Vu hier soir Play Time de Jacques Tati.

Revu, plutôt. Fut un temps (bien lointain) où la deuxième chaîne nous passait un Tati tous les étés… Je les ai donc tous vu & revus quatre ou cinq fois (Parade excepté — et Mon Oncle, que j’ai en cassette).

Mais je ne me souvenais plus vraiment à quel point ce film est drôle! Fou-rires & sourires, à cadence soutenue. Hallucinant, une telle virtuosité semble presque hors du monde.

Quant à cette modernité, ma foi, elle n’est pas si…. démodée que ça. Étonnament encore d’actualité, dirai-je même.

Et comment ne pas craquer, lorsqu’on est comme moi un « fou de villes », devant le portrait à la fois léger & profond d’une bien belle nuit blanche en ville… Tati fut-il une des influences décisives qui firent de moi le « flâneur urbain » que je suis devenu? Peut-être. Sans doute.

Peu importe: du bonheur. Et sur grand écran, en plus!

#265

Jeez, the sky sure is full of stars tonight…

Vu The Straight Story de David Lynch — Une Histoire Vraie. Superbe & contemplatif, à la fois sobre & plein d’images étonnantes, silencieux & bouleversant. Incroyable, ce film… Et bien plus encore. Une belle, très belle tranche de vie: pourtant ce ntest « que » l’histoire d’un petit vieux qui, décidant d’aller rendre visite à son frère dans l’État voisin, et n’ayant pas le permis de conduire, part en conduisant… son petit tracteur! (Un John Deere, comme dans Talking Man de Terry Bisson…). A very slow road movie, comme dit Lynch dans le petit documentaire.