#115

Un weblog/catalogue de liens absolument passionnant pour tout lecteur-en-anglais: Arts & Letters Daily. Sur trois colonnes (« Articles of note », « New books » et « Essays and opinions »), des tonnes de liens avec tous les supports en ligne de langue anglaise qui parlent de culture & littérature — chaque fois présentés par un début de texte de présentation. Plus en fait qu’on ne saurait en lire dans une journée normale! Mais c’est cela le web (ou « la toile », pour parler en français pour une fois): plus d’information qu’une seule personne ne pourra jamais en ingérer, même sur les sites pertinents…

Parmi les choses intrigantes/à lire selon moi de ces derniers temps: Plotting Along –

Best-Selling Authors Are Richer Than Ever. So Why Is Prose From These Pros So Poor?
:

« You’ll know the No-Style style when you see it. Writers such as Tom Clancy, Ken Follett, Mary Higgins Clark, Stephen Coonts, Robin Cook, Faye Kellerman, V.C. Andrews, Jonathan Kellerman, Dean Koontz and Dale Brown are remarkable for a rhythmless beat, and a straightforward approach to writing that ranks zippy, superinventive plot first, stating the obvious second, concrete details third, and language, artistry, character development and the exploration of universal truths somewhere near the bottom of the list. »

Une petite étude (par Linton Weeks, du Washington Post) sur l’écriture (le « non-style ») des auteurs de thrillers & autres best-sellers. Avec certains arguments passablement prétentieux et orientés quant à ce que devrait être la Littérature avec un grand L, et des jugements tranchés que le fan de Jonathan Kellerman que je suis trouve parfois un peu hâtifs, mais néanmoins un point de vue très intéressant, touchant du doigt un aspect de la littérature contemporaine que les critiques (et particulièrement les critiques des « littératures de l’imaginaire »!) n’abordent quasiment jamais. Du grain à moudre, comme diraient les Parisiens… (merci Johnny!)

#114

A last quiet moment before the rush…

Petit-déjeuner anglais ce matin: un reste de cassoulet, deux oeufs, Olivier a acheté du bacon, il reste quelques céréales… Saveur british pour ciel bouché & grand froid. Un petit moment de plaisir britannique pour nous rappeler de trop rares séjours londoniens.

#113

Lu: The Haunting de Margaret Mahy. Un autre roman pour ados, mais de fantastique celui-ci. Deux nuits d’insomnies: j’ai eu du temps pour lire un peu… Et de préférence des bouquins quand même pas trop fatigants pour ma pôvre cervelle… :-S

J’aime beaucoup Margaret Mahy. J’avais déjà lu d’elle deux autres romans pour ados, Tricksters (je sais qu’il était paru en Gallimard « Page Blanche », en VF) et The Catalogue of the Universe. Et j’avais été abasourdi par leur qualité, leur profondeur, leur beauté. Ayant trouvé chez un bouquiniste à Londres The Haunting, je n’avais donc pas hésité à l’acheter — et bien m’en a pris: encore un chef d’oeuvre de finesse.

Barney est un petit garçon qui se retrouve subitement hanté. Oui, hanté: quelqu’un s’approche sans être là, veut lui parler mais ne s’exprime que par traces étranges, lui donne des visions de paysages qu’il n’a jamais vu — regarde peut-être même par ses yeux! Autrefois, lorsqu’il était tout petit, Barney avait déjà deux fantômes comme copains — Mantiss et Ghost. Mais ceux-là étaient oubliés, de « amis imaginaires » appartenant au passé. Tandis que le petit garçon habillé de bleu semble bien réel, lui, tout fantôme qu’il est.

Et de fait, il s’agirait peut-être de Cole — un grand-oncle, mort noyé tout jeune. Son apparition correspond à la mort d’un autre grand-oncle, Barnaby. Et la famille Scholar semble soudain pleine de vieux secrets, de magie occultée…

Comme dans les deux autres Mahy que j’avais précédemment lu, la famille dont le portrait est ici brossée s’avère formidablement attachante, chaque personnage réaliste & bien campé — la soeur hyper-bavarde qui note tout & veut devenir une romancière de renommée mondiale, est tout à fait marrante. Le fantastique est subtil, grave par moments, léger à d’autres. Quant au style, c’est une merveille, simple mais superbement imagé — tenez, rien que cette première phrase, qu’elle manière splendide d’exprimer des sentiments aussi étranges: « When, suddenly, on an ordinary Wednesday, it seemed to Barney that the world tilted and ran downhill in all directions, he knew he was about to be haunted again. »

Je sais que Margaret Mahy a écrit des tonnes de petits bouquins pour enfants (dont le best-seller L’enlèvement de la bibliothécaire), mais il va falloir que je trouve si elle a fait d’autres « véritables » romans de ce genre…

#112

Tiens, ce matin j’avais oublié de lire mon courrier, avant de sortir déjeuner: s’y trouvait une revue, Salmigondis n°18 (2 place de l’Abbaye 39200 St Claude; 6 euros).

Avec une nouvelle de moi, « D’or et de ciel ».

Jolie revue, grand format (magazine), dos carré, couv couleur élégante, maquette intérieure non moins sobre & belle. À dire vrai, ma nouvelle en est à peine une: vignette très brève (juste une page de la revue, bien aérée), poésie en prose. Je ne savais qu’en faire, je m’étais donc dit que la proposer à une revue de « littgen » serait peut-être l’idée… Je suis très heureux de me retrouver dans un si joli support, & visiblement en bonne compagnie: leurs pages de chroniques sur des livres & d’autres revues me semblent remarquables d’ouverture d’esprit/fusion des genres, ça me plait…

#111

« Many years ago, when I was once saying sadly to Max it was a pity I couldn’t have taken up archaeology when I was a girl, so as to be more knowledgeable on the subject, he said, ‘Don’t you realize that at this moment you know more about prehistoric pottery than any woman in England? » A. Christie, An Autobiography (1981)

Une belle exposition au British Museum: Agatha Christie and Archaeology: Mystery in Mesopotamia (8 novembre 2001 – 24 mars 2002). Le site est très intéressant — et j’espère bien aller à Londres au début de l’an prochain, donc: chic alors!

Cette expo présente « a fascinating look at the secret life of one of the world’s most popular writers.

Agatha Christie (1890-1976) originally became interested in archaeology on a visit to the site of Ur (in modern Iraq) in 1928. It was at Ur that she met her future husband, the archaeologist Max Mallowan, and became involved in excavation of the sites in Iraq and Syria that were to make his name.

Agatha was greatly devoted to her husband and his career, accompanying him on digs and fulfilling the role of junior assistant: cleaning and repairing objects, matching pottery fragments and cataloguing finds. She became very expert, and was much respected by Max’s colleagues for her painstaking and skilled work. She also found time to write, and some of her best known books are based on her life in the Middle East: Murder on the Orient Express, Death on the Nile, Appointment with Death and most particularly, Murder in Mesopotamia.

This tour looks at some of the objects from each of the sites that Agatha worked on, and some of the photographs that she made there, a unique record that captures the mood of the digs. »