Un brin harassé de boulot. That’s this time of the year. En attendant, voici ma prochaine nouveauté. Chez la Clef d’Argent. Huit nouvelles fantastiques, dont je viens de relire les épreuves avec un peu de nostalgie, car elles ne sont pas toutes neuves (trois inédites et le reste paru en revues et anthos au fil des ans) et représentent beaucoup de choses, pour moi. Vraiment beaucoup. L’une avait été nominée à un prix Rosny aîné, souvenir ému. Belle couv de monsieur Sébastien Hayez.
#1936
Maquettes, maquettes, maquettes. Je ne fais plus que de la mise en pages, ces temps-ci. Et lectures? Sur l’eau de Maupassant, Le Voleur de Georges Darien, André Derain de Pierre Cabanes. Une grue immense, géante, s’élève devant mes fenêtres. Le bruit des travaux a cependant nettement décru.
#1935
On croirait que Maupassant parle du sieur de Nagy-Bocsa :
Il faut vraiment être bien résolu à la suprême indifférence pour ne pas pleurer de chagrin, de dégoût et de honte quand on entend l’homme parler. L’homme, l’homme ordinaire, riche, connu, estimé, respecté, considéré, content de lui, il ne sait rien, ne comprend rien et parle de l’intelligence avec un orgueil désolant.
(Guy de Maupassant, Sur l’eau)
#1934
Savoir c’est une drôle de chose. C’est comme un courant électrique qui part du dehors et qui cherche à entrer au-dedans, et ça fait vibrer les nerfs et ça creuse un vide dans le cerveau. […] Aimer c’est aussi une drôle de chose, c’est un peu comme savoir, un courant électrique qui va du dehors vers le dedans, et qui fait bouger toutes les particules mobiles qu’il y a à l’intérieur du corps. Peut-être qu’au fond c’est la même chose aimer et savoir.
[J.M.G. Le Clézio, Voyages de l’autre côté]
#1933
Jolie citation de Flaubert dans le dernier Canard enchaîné :
Je me suis pâmé, il y a huit jours, devant un campement de Bohémiens qui s’étaient établis à Rouen. – Voilà la troisième fois que j’en vois. Et toujours avec un nouveau plaisir. L’admirable, c’est qu’ils excitaient la Haine des bourgeois, bien qu’inoffensifs comme des moutons. Je me suis fait très mal voir de la foule en leur donnant quelques sols. – Et j’ai entendu de jolis mots à la Prudhomme. Cette haine-là tient à quelque chose de très profond et de complexe. On la retrouve chez tous les gens d’ordre. C’est la haine que l’on porte au Bédouin, à l’Hérétique, au Philosophe, au solitaire, au poète. – Et il y a de la peur dans cette haine. Moi qui suis toujours pour les minorités, elle m’exaspère. […] Du jour où je ne serai plus indigné, je tomberai à plat, comme une poupée à qui on retire son bâton.
[Lettre à George Sand du 12 juin 1867]
