#1748

La chute du mur, je m’en souviens… C’était un soir, sur une chaîne française de télévision et une journaliste alors célèbre, Christine Ockrent, débitait des lieux communs au milieu d’une foule en liesse, une foule de citoyens de la RDA — et elle portait un somptueux manteau de fourrure, digne d’un star. Je l’avais alors trouvée d’une indécence injurieuse, à exhiber ainsi sa richesse… Pour moi, l’acte de cette journaliste ne symbolisa pas une victoire de la liberté, mais celle du gros fric vulgaire. À sa manière, elle annonçait le règne à venir des mafias de l’est.

#1747

Allez faire des courses ce matin. Il fait délicieusement gris et pleuvotant, quel bonheur après cette saleté d’été écrasant atroce. J’avais mon beau parapluie de chez Smith & Son. Ça m’a donné la pêche, ce temps. Je suis sérieux. I dream of London. And of New York, too.

« Ah! La poésie de l’automne!
La nature a revêtu son costume de tweed orange
Et sa casquette aux reflets d’or,
Les feuilles mortes tournoient
Joyeuses, dans le vent qui soupire comme un mirliton romantique,
Et puis viennent craquer sous les pas du flâneur solitaire
Qui se souvient des jours anciens où il était en vacances…

Automne et tes brouillards…
Saisons des inquiétudes et des grandes questions… »

Sibylline et le Kulgude, Raymond Macherot (by way of DDT)