#1618
Parmi mes (nombreuses) passions, j’en nourris une pour Spirou & Fantasio. Ayant décidé de relire les albums de Fournier, j’y retrouve un document que je pensais avoir égaré, mais qu’hélas les années n’ont guère épargné… La rarrissime reproduction d’une planche de Spirou par Gos, un essai effectué à l’époque où Dupuis cherchait un remplaçant à Franquin…
#1617
#1616
Été hier soir au cocktail d’ouverture du Bal du Droit, à l’université Lyon 3. L’ancienne manufacture des tabacs devenue fac, transformée en immense boîte de nuit par les bons soins de mon Axel. Surprenant, un autre monde. Une formation de chambre joue sous un arbre un peu de Vivaldi. Champagne, petits fours, dans la cour centrale autour de la grande sculpture métallique. Des lumières tournoient, des tables au linge blanc ont été disposées dans les allées. Les mecs sont tous en costume-cravate, c’est obligatoire. 600 invités: je trouve que ces djeu’ns VIP sont souvent… peu jeunes. Est-ce la droite qui veut ça? Beaucoup de types trapus, moches, début de calvitie, bide. Ou bien des tronches de mafieux, cheveux longs et air arrogant. Tout ce petit monde ne m’est guère sympathique, finalement — fort heureusement, les garçons que je connais et apprécie sont pour leur part beaux et « normaux », pas des gros beaufs suant dans leur costard.
Concert au sous-sol, dans la cafét, mais hélas les Woosters, le duo d’Axel & Victor, ne pourront pas jouer, et le passage des groupes des deux Pierre est programmé pour trop tard pour moi… Un tour à la salle « piano-bar », ambiance kitsch. Un autre dans la salle salsa, idem. Avant de quitter les lieux, j’ai tout de même la curiosité de faire le tour de l’étage — une douzaine de classes transformées en autant de cellules à guincher, boum-boum électro omniprésent, la foule enfle, les entrées payantes commencent à affluer, il y aura plus de 3000 jeunes à emplir la manu. Je quitte les costumes sombres et les lumières pulsantes, non sans croiser l’organisateur, pâle, tendu, mais visiblement excité par la réussite de cet étonnant événement. Je songe aux bals de fin d’année des séries américaines.
#1615
Trolls et brolls /6
Je songeais à aller au musée de la bédé, mais finalement, ce fut la maman de Sara qui décida de notre emploi du temps du lendemain: elle proposa que nous allions voir… une forêt! Mais pas n’importe laquelle: une forêt touristiquement célèbre pour sa floraison de jacinthes. Un lieu un peu magique…
Pour nous y rendre, nous passâmes par les « communes à facilité » (les villages proches de Bruxelles, sur le territoire de la Flandres mais à majorité francophone), pour nous rendre chez la tante de Sara, Sophie, qui vit dans une longue maison fifties oeuvre de son défunt mari architecte, au sein d’un vaste et très beau jardin. J’apprends que Sophie était autrefois la céramiste favorite de Paul Delvaux. Plusieurs de ses sculptures ornent les abords de la grande pelouse très verte, sous les pins: en particulier, de mystérieuses fleurs roses, géantes corolles de plastique datant de la fin des années 50. Elles donnent une touche de Barbarella à cette nature gorgée d’humidité.

Direction la forêt, et là, que dire? Comme le déclara Sara, on croirait un tableau de Klimt. Sous le poudroiement pointilliste des jeunes feuillages et les longs troncs rectilignes des bouleaux, le tapis d’un bleu profond des jacinthes, vallonnant à perte de vue. Qui l’eut cru? Voilà Ayerdhal qui se révèle… fleur bleue. Après les déguisement de fées du week-end, la véritable féerie.








