Vers 2h et demi du matin, des beuglements avinés en provenance de la rue me tirèrent du sommeil. Ce qui me permet de me souvenir du rêve que je faisais à ce moment-là — un rien déstabilisant, tout de même: j’y étais une fille! Je ne pense pas avoir la moindre ambivalence quant à mon identité sexuelle de mâle, mais allez savoir. En tout cas, j’étais… Fantômette, et venait juste d’arriver pour m’aider, Michel, le personnage de la Bibliothèque verte. Il est vrai que j’ai toujours été un grand fan des exploits de Fantômette — je ne suis pas certain d’avoir jamais lu un « Michel » de Georges Bayard, en revanche.
#1078
Juste rentré du cocktail d’anniversaire d’une librairie pour la jeunesse. En traversant l’un des ponts sur le Rhône, un moment parfait: toute la ville entièrement bleue, d’une teinte outre-mer soutenue. On respirait du bleu. Puis un trait rouge fusa, et la nuit était tombée.
#1077
« Mais l’imaginaire contient souvent une petite part de possible, et le possible, de réel qui n’a pas pris corps, en tout cas dans l’espace. » (Jacques Réda)
#1076
Un copain écrivain m’a dit un jour que ça s’appelait « l’effet porte-manteau »: le fait de lire un auteur, de tant s’imprégner de sa voix, de son rythme, qu’ensuite on écrit (volontairement, de préférence) un texte « sous influence ». Il m’arrive ainsi très souvent de me replonger dans, tout à la fois, Simenon et Flaubert, lorsque je veux écrire un nouveau texte de mon cycle polar-uchronique… Ces lectures précises m’aident à me remettre dans l’atmosphère, la teneur vocale, pour ainsi dire, de ce que je veux faire avec ce cycle. Il en va un petit peu de ces lectures/influences familières comme si l’on ajoutait quelques gouttes d’un colorant, ou bien une bouffée de parfum. Et puis, en ce moment, je lis pas mal de poésie: Jacques Réda en particulier, pour un projet un peu étrange que je me promets depuis longtemps de cultiver avec un ami graphiste.
#1075
C’est la dernière mode, dans le quartier près duquel j’habite: un bâtiment hâtivement construit dans les années 70 est moche? Hop: on le cache dans un coffrage en verre. Ils avaient déjà fait cela pour l’entrée du centre commercial, ils viennent aussi de bâtir un immense sarcophage de verre autour de la halle, et une sorte de trompette géante pousse devant la bibliothèque.
Sur le côté de cette dernière, sur le pavage en bois au bord des massifs fleuris, de multiples traces de bave, enchevêtrées et brillantes, indique que les lieux sont un havre pour limaces ou escargots.
