#1049

Encore rêvé de Bordeaux. La nuit tombait, la ville était toute rousse. Tout était incroyablement précis, dans ce rêve, les détails des endroits où je passais, tel trottoir, telle façade. Mais le Bordaux dont je rêve n’est jamais le véritable Bordeaux: c’est une ville rêvée, avec ses prorpes endroits, ses propres rues et bâtiments. Et l’étonnant de tout cela est que d’une fois sur l’autre j’y retrouve des souvenirs, je me rappelle avoir déjà rêvé/passé par là. Cette fois, je découvrais cependant une nouvelle boutique, un bouquiniste tenu par un jeune Beur prénommé Adid.

#1047

Ce matin tôt, j’ouvris brièvement les yeux sur un beau coin de ciel bleu. Les refermant, je rêvai d’un bord de mer, ce même ciel bleu se fondant dans l’océan, et puis un phare, le vent froid (qui coulait effectivement de la fenêtre) et des cris de mouettes… Envie d’iode, d’embruns, de sable et de vagues. Las, au réveil le ciel pesait de nouveau en grisaille sur une ville typiquement estivale: juste hantée par les voyous et les freaks. Il faut se rendre au marché pour voir des habitants normaux. Terrible ventre creux de l’été.

#1046

Fraîcheur, averses: moi j’aime, on respire. Le ciel bleu, lavé, est d’une grâce éclatante. Encore un peu retouché la maquette du « Hercule Poirot » aujourd’hui, terminé l’article historique pour icelui. Planté devant mon écran, Albert-le-chat suit avec intérêt les déplacements du curseur. Pousse-toi, le chat, tu me gênes.

#1045

Après quelques jours assez intenses, à boucler des dossiers urgents (dont deux qui n’étaient pas censés déjà l’être mais l’imprimeur a dit que…), aujourd’hui: « day off ». Pour me changer les idées, je suis allé en début d’aprem à la Cité internationale, le beau et neuf quartier tout le long du début des quais de Rhône, le long du parc de la Tête d’Or. Impression un peu étrange, chaque fois que je me retrouve là: est-ce bien Lyon? Les hautes façades modelées en terre cuite n’appartiennent qu’à cet ensemble ô combien branché et certainement fort coûteux, situé comme il est en bord de parc.

Le Musée d’art contemporain de Lyon est, au sein desdites façades rouges, le seul bâtiment ancien ayant survécu à la frénésie spéculative. Bien oublié: il était classé. Ce fut donc l’unique morceau de l’ancienne Cité internationale, conçue par Tony Garnier, à demeurer debout. Il était temps que je m’y rende, l’exposition rétrospective de la photographe Bettina Rheims s’achevant ce week-end.

Le format, immense, étourdi. Comme est également frappante cette obsession de la peau. Certaines séries m’ont laissé assez indifférent, d’autres sont troublantes. Au deuxième étage, plus anecdotique sans doute mais rafraîchissante par son humour et son invention, installations de Kader Attia. Le paysage de frigos déguisés en immeubles est une très belle trouvaille. En revanche, perplexité devant la grande salle du troisième étage, consacré à une « oeuvre » de John Baldessari: ah bon?

Passage sous la « statue des 5 angelots » de la place Quinet. Au bord de l’eau, trois djeun’s sont penchés avec attention sur leurs chaussures: nouvelle passion dévorante de la jeunesse! On achète des groles plutôt que des livres: triomphe de la culture de la consommation. Mangeons, alors: de l’autre côté du pont, petit pain au chocolat blanc. Allergique au cacao, j’apprécie de pouvoir déguster de temps en temps ces petits délices sans craindre le moindre maux d’estomac. Sur la place, claquent les skate-boards. Le temps est délicieusement médiocre: ciel gris, brise fraîche.

Au retour, j’admire la belle pancarte d’une firme d’immeubles ordinaires mais chers, annonçant fièrement l’avenue Georges Pompidoux. Pour qu’on ne confonde pas avec Pompidur, peut-être?