Lambesc. Tous volets fermés, la grande maison provençale reste à une température presque raisonnable. Installé dans le salon, assis sur une chaise en métal de Mallet-Stevens, je tape sur mon tout nouvel ordi portable, en profitant tout de même d’un peu de lumière naturelle — à l’autre bout de la pièce, un carré de jour jette sur le carreau des reflets blancs qu’une rangée de bouteilles en verre bleu teinte légèrement. Ce seul aperçu de l’extérieur me sauvegarde de la claustrophobie estivale. Et puis, tout de même, le matin presque jusqu’à midi, et le soir après que le soleil ait plongé derrière les collines nous pouvons de nouveau profiter de la vaste terrasse, respirer, guetter un gecko sur le mur ou admirer les effets des nuages avec le coucher. Des orages grondent, s’éloignent sans déverser une goutte.
#1039
Back home. Il fait délicieusement frais, fort heureusement, alors que je craignais de revenir dans une fournaise où il est difficile de travailler. Sans accès à une connexion, au coeur de la Provence puis haut perché dans les Basses-Alpes, j’ai cependant rédigé quelques entrées de blogue durant cette « deuxième jambe » (anglicisme) de mes déplacements estivaux. Je les posterai jour après jour, je pense.
#1038
Surprenant, de retrouver la trace d’un copain perdu de vue… dans une anthologie de bédé internationale. Je lis les Flight, et voici que je tombe sur un récit se déroulant à Lyon, à la librairie Temps-Livres… Eh, mais ça parle de Flo?! Eh bien oui: c’est par Nicolas Seigneret alias Bannister. Amusant.
La communauté de jeunes artistes qui s’est formée autour de Kazu Kibuishi et des anthos Flight est particulièrement séduisante, dans son amour des récits pour la jeunesse, dans son approche graphique qui rompt les limites comics/bédé/manga, en plus bien sûr de son origine dans les créations web.
Bon, sur ce: j’étouffe atrocement, dans mon appart lyonnais surchauffé! Ce n’est pas vivable. Je repars donc demain matin, pour de lointaines contrées (Provence, Basses-Alpes) dénuées de connexion web, alors, @ plus.
#1037
Après la soirée passée sur la plage, dans la lumière déclinante du soleil et la fraîcheur montant de l’océan, encore une délicieuse soirée hier soir à Bordeaux. Siroter un thé glacé auprès de la cathédrale St André. Se promener lentement jusqu’au cours du Chapeau Rouge puis sur les quais… Hélas, retour aujourd’hui dans l’infernale fournaise lyonnaise. Dans les 32° dans l’appart, qu’humains et félins ont déserté pour un prudent séjour en banlieue. Rude climat! Je repars après-demain pour la Provence: pourquoi tant de soleil, je vous demande un peu?! I hate that, I really do hate that.
#1036
Alors, niveau complot ils y vont peut-être un peu fort. Je veux dire, oui, d’accord, j’ai habité au 13 rue Léon-Valade autrefois, deux années durant. J’avais alors une chambrette dans une ancienne maison close. Après mon départ, le complot a pris forme: on a tout d’abord rasé un à un chacun des pâtés de maison du quartier, puis on a carrément supprimé la rue Léon-Valade des cartes de Bordeaux. Mais cependant, était-il vraiment nécessaire qu’ils s’acharnent ainsi? Je vous laisse juges de l’ampleur du complot: afin d’effacer toute trace de mon passage, voici qu’ils ont excavé un immense abîme de plus de dix mètres de profondeur! Vous ne me croyez pas: voyez pourtant la photo ci-dessous (courtesy of P. Marcel), prise hier là où s’élevait d’antan mon tranquille petit quartier:
