Un peu avant une heure du matin, la nuit fut déchirée par un coup et demi de sonnerie de téléphone… Mon coloc réagit promptement, mais trop tard déjà: j’étais réveillé. Bon. Tant pis. Je tâchai de me rendormir, mais comme toujours dans ces cas-là, des tas de choses me tournèrent en tête, notamment la manière de présenter/rédiger un dossier important que je dois préparer ce week-end. Enfin, lassé de me tourner et me retourner, j’allais entr’ouvrir la fenêtre puis repris ma dernière lecture en date, le très amusant The Three Taps de Monseigneur Ronald Knox (oui, toujours du polar thirties). Jusqu’à ce que mes yeux se rendent sans conditions.
#994
Peu bossé aujourd’hui. Petite promenade en ville suite à mon intervention scolaire aux Chartreux, ce matin (petit cours rapide sur l’histoire de la fantasy, à des Première S). Lu le premier polar de Jacques Decrest: au sein de mes lectures de polars anglais thirties, lire un polar français (également des années 30) est d’un changement agréable et amusant. Le « monsieur Gilles » de Decrest fut un rival de Maigret, complètement oublié de nos jours, je crois. Belle écriture fort simple, rythme lent, compassion. Seul « hic », l’anti-sémitisme flagrant lorsque des personnages évoquent le milieu des banquiers… Pour le reste, ce’st gentiment désuet, tout le monde se vouvoit, même les fiancés — mais j’ai déjeuner ce midi chez le papa d’un prof, que son fils vouvoyait, je ne fus donc pas trop dépaysé. De l’excellent Simenon-like, somme toute.
#993
Content, vraiment: le génial dessinateur Ashley Wood est d’accord pour un portfolio dans le Fiction tome 4 (le « spécial BD » de cet automne) et pour faire la couv du tome 5 (le « spécial polar » du printemps 07)!! J’suis aux anges!
#992
Grand vent. Réveillé ce matin par l’ouverture en fracas de mes fenêtres — sans doute mal fermées hier soir, mais tout de même. Des rafales frappent la façade, avec de grands claquements. De l’autre côté des toits, le sommet d’un arbre oscille violemment.
#991
À l’image de celle des humains, les livres forment une sorte de société. Les ouvrages de politique correspondent aux législateurs, de droit aux magistrats et aux hommes de loi, ceux de théologie au clergé, et ainsi de suite. Remontant par une longue et illustre suite d’ancêtres à Orphée, la poésie serait l’aristocratie ; et le roman représenterait la bourgeoisie, puisque, comme elle, il a pris tant d’importance au dix-neuvième siècle. Et le roman policier ? Lui, c’est le bâtard, l’aventurier. (…) Commes les aventuriers, il se mêle à toutes les classes de la société : on le trouve aussi bien dans la loge de la concierge des faubourgs que dans le salon, tout en chromé et en miroirs, de la femme à la mode ; il se dissimule sous les dictionnaires du lycéen, ainsi que sous les manuscrits de l’intellectuel.
François Fosca, Histoire et technique du roman policier (Nouvelle Revue Critique, 1937)