#703

Lu hier le numéro de L’Imbécile sur les dandies. Ca m’a fait rire. Jaune. Parce que je suis de mauvaise poil, blasé, bouhou personne ne m’aime d’abord, même que. Enfin, sauf ce copain qui m’écrit à l’instant: « Alors, cher ami, un dix-neuvièmiste est un historien spécialisé dans l’étude du dix-neuvième siècle, comme un dix-huitièmiste, un médiéviste, etc. Toi, tu es, sur le plan strictement sémantique, un dix-neuvièmophile, un merveilleux anachronisme poétique et subtil, délicatement décadent, perdu dans un XXIe siècle matérialiste, pourri jusqu’à l’os, mysologique à l’extrême (qui n’aime pas les intellectuels), inesthétique, de plus en plus stérile. »

T’as tout compris, Ugo. Et moi aussi, j’aime bien Alain Rey.

#702

En bon dix-neuviémiste, je m’amuse parfois des récits fait sur la 3e classe des chemins de fer. Mais force est de constater que l’expérience s’avère nettement moins distrayante lorsqu’on la vit. Car la sncf, institution visiblement attachée au passé, se charge de perpétuer le souvenir des 3e classes, sous le nom de « ter ». De Lyon à Clermont-Ferrand, le 24 décembre en début d’après-midi, j’ai ainsi eu le douteux privilège de me faire véhiculer dans un train quasi frigorifique (pas trace de chauffage), plus bondé qu’un transport de bestiaux (la chance fit que, arrivé un peu en avance, j’ai trouvé une place assise, contrairement à bon nombre d’autres voyageurs, debouts entre les sièges), et sans éclairage (nous fûmes donc plongés dans une complète obscurité à chacun des nombreux tunnels de ce trajet de montagne). Quant aux vitres, elles étaient si sales et si embuées qu’elles ne permettaient pas de rien distinguer du dehors.

Somme toute, il apparaît que la seule différence marquante entre ce mode de transport de notre début de XXIe siècle et une 3e classe du XIXe, réside seulement dans l’absence, aujourd’hui, de la suie et des escarbilles que dégageait une locomotive à vapeur.

#701

Visite du Palais idéal. Ebahi par tant de folie. Une esthétique bancale, ridicule, mégalo… Mais aussi visionnaire (le rapport à Gaudì) et incroyablement prégnante. Et il avait même construit son propre tombeau! Ecoute au retour de « Cheval – volonté de rocher » par Isildur’s Bane, le fastueux concept-album consacré à Ferdinand Cheval par un groupe nordique de prog.

Temps gris, flocons de neige fondue. J’aime pas la campagne. De l’herbe mouillée, de la boue et des arbres dénudés: c’est passionnant, la campagne. J’espère au moins avoir un Noël blanc, sur la montagne de mon frangin.

#700

Au programme aujourd’hui: visite du Palais idéal du Facteur Cheval.

Cheval (Ferdinand) dit le Facteur Cheval – Architecte amateur français (Charmes, Drôme 1836 – Hauterives, Drôme 1924). Facteur rural à Hauterives, il éleva, seul, de 1879 à 1912, un étrange palais dont l’onirisme baroque, comparable à la peinture dite « naïve » d’un Henri Rousseau, débouche sur l’inventivité plastique et symbolique que l’on retrouvera plus tard avec l’art brut. (Le Petit Robert des noms propres, mars 1999)

#699

Très importante mise à jour de mon site perso, avec notamment la mise en ligne de mes journaux jusqu’au quarantième, celle de mon étude sur Star Trek: the Next Generation (qui n’est plus disponible en librairie depuis très longtemps), et d’une version complètement refondue de la biographie d’Arsène Lupin — aisément la plus complète jamais donnée à lire, puisque celle proposée encore récemment (hélas), en supplément des nouveaux omnibus de Leblanc, n’est qu’un travail bâclé, indigent et tristement erroné. Tiens, à la révolution on pendra aussi Lacassin avec les autres pitres.