#662

Curieux comme le ciel de mes songes est généralement nocturne. Comme si du fait que le sommeil est plutôt l’apanage de la nuit, le pays des rêves devrait forcément être sombre, au mieux crépusculaire.

Cette nuit je me trouvais invité à un congrés de science-fiction, fort mal organisé (ce devait être une convention!), ils avaient oublié de faire des badges pour chacun, l’horaire des repas et des interventions ne cessait d’être bousculé et reporté. Ce festival se déroulait sous de grandes tentes blanches plantées sur un quai.

Lassé d’attendre que vienne l’heure de ma conférence, j’allais me promener sous les platanes puis dégringolais le pierré jusqu’à la plage. Le ciel remuait des nuées rougeoyantes sur fond d’un violacé sans étoiles, la mer bruissait sa vaste masse d’encre dans les reflets roux et bleus des vaguelettes, la ville étincelait d’un piquetage de blondes lueurs électriques et l’épaule aveugle d’une colline plongeait dans la baie qu’elle protégeait, juste découpée en velours irrégulier sur les nuages indistincts.

Un groupes d’amis, quatre jeunes gens, se tenait assis sur le sable et sur un grand morceau de bois flotté, des jeunes fans, avec lesquels je commençais à discuter tandis qu’au-dessus de nous continuait le brouhaha amical de la convention. Non loin du groupe de garçons, un peu plus bas vers le bord de l’eau, un groupe de trois filles brunes rigolait, sans doute Michèle, Mélanie et Faustine. Je restais à discuter avec les gars.

Étonnant comme l’on peut avoir des copains que l’on n’a jamais vu qu’en rêve… Il y avait un barbu aux cheveux en broussaille et lunettes cerclée de métal; un rouquin aux cheveux mi-long et au nez très droit, très fin, les yeux verts; un châtain à la tignasse ébouriffée et une écharpe de baba-cool sur les épaules (il fait un peu frisquet sur la plage cette nuit); enfin, un autre châtain, les cheveux courts, les lèvres épaisses et des fossettes aux joues. Dans mon rêve, je me demandais vaguement si je les connaissais, mais papotais avec eux comme avec des copains de longue date. Le sable sous mes doigts retenait encore un peu de la chaleur du jour.

#661

>> Pluie

Sous le martellement de l’averse, le trolleybus paraît courber son échine voltaïque, tandis que ses carreaux s’embuent.

Serrés dans les entrailles jaune et bleu, la foule s’efforce de conserver un air impassible. La ville n’est plus qu’un spectre en grisaille, à peine visible de l’autre côté des rideaux de perles désordonnées qui ont remplacé les vitres. Des larmes y coulent, la buée voile le cheminement du véhicule.

Près de la porte centrale, un jeune asiatique à la casquette blanche élimée trace quelques lettres du bout de l’index: còi. Avec un sourire amusé, il ajoute devant cette syllabe énigmatique un bé, ponctue le tout d’un ! puis trace les mêmes lettres un peu plus bas, à l’envers.

#659

Télérama ayant émis le regret, tout à fait raisonnable, de ce que ma chronologie de la vie d’Arsène Lupin ne soit en ligne qu’en anglais, je viens donc de la remettre à jour et de la traduire.

C’est donc à une nouvelle mise à jour de mon site perso que s’est livré mon webmaistre favori, avec mise en ligne également de quatre (courts) nouveaux chapitres de mes journaux.

#658

Un bon papier, très bien fichu, dans le supplément « livres » du Libé de ce jour, sur la situation de la SF et de la fantasy en France. mon seul regret, que la journaliste n’ait pas pensé à interroger les gens de l’Oxymore, qui prouvent pourtant que la fantasy ce ne sont pas seulement les productions de Bragelonne…