#2083

Aargh: canicule. Je vais éteindre le gros ordi (l’an dernier ça l’avait grillé), et j’ai déjà déménagé dans le salon, en compagnie de la clim’ à roulettes (promptement renommée Hal 9000 par Axel). J’y dors, aussi, dans le salon… Bref c’est le redouté repli estival: la chaleur comme une sorte d’holocauste domestique. Pff. Je hais la canicule.

#2082

Fiction tome 13 chez l’imprimeur : check.
Maquette de la bio d’Arsène Lupin : check.
Maquette de Super-héros! : check.
Dossier de demande de bourse d’écriture : check.
Dossier de subvention pour Fiction : check.
Fiches de nouveautés de novembre : check.
Coordination de l’essai sur Ditko : check.
Réception et expédition du nouveau catalogue : check.
Parution de Wastburg et de Dans la forêt des astres : check.
Correction des fichiers du diptyque de Jean-Louis Le May : check.
Factures du mois : check.
Polar jeunesse : doucement mais sûrement.

#2081

Ayant terminé, ou peu s’en faut, la mise en page de Super-héros ! par Jean-Marc Lainé, je me trouve plus ou moins libre de ne me concentrer que sur mon polar jeunesse, qui avance tranquillement — hem, à part bien sûr la lecture de plusieurs manuscrits (les débuts des prochains romans de Tim Rey et de Jean-Philippe Jaworski, et de l’essai sur Steve Ditko). Et puis, hier, repos: je me suis rendu dans la campagne près de Bourgoin-Jallieu, chez les parents de mon vieux copain Jérôme. Outre l’amitié, l’attraction des lieux est double: la piscine de la mère et la collection de vieux journaux du père! J’ai donc nagé alternativement dans l’eau bleu et dans le papier jaune.

Comme par un fait exprès, Jean-Daniel Brèque m’avait signalé le matin-même un article de 1913, dans The Strand, qu’il venait de dénicher et qui m’intéresserait pour ma bio de Lupin (Alphonse Bertillon sur les gentlemen-cambrioleur, que rêver de mieux?), et je suis tombé au sein d’une série de vieux Canard enchaîné sur un article d’octobre 1926 également très précieux pour mon Lupin… Je viens donc de pratiquer encore quatre délicieux ajouts à cette bio, qui craque presque aux entournures.

Et puis sinon, comme vous exprimer mon délice à plonger dans tous ces vieux journaux, à consulter le Petit Journal, à voir l’évolution de Match, à admirer de grandes photos de l’enquête sur Landru dans Voilà… Mieux encore, à voir pour de vrai des numéros de périodiques dont j’avais seulement entendu parler, le Chat noir, le Charivari, la Vache enragée? Et le pompon, ce journal anarchiste, La Feuille (datant de 1897), au slogan imparable: « Dix assassinats pour un sou »?! Sans parler de journaux de l’époque révolutionnaire, dont le plus ancien date de 1797 — émotion de tenir une telle feuille entre mes mains.

#2080

Reçu les stocks du recueil de Tim Rey Dans la forêt des astres en même temps que j’apprenais qu’une des nouvelles du premier est nominée au prix Rosny aîné (« Suivre à travers le bleu cet éclair puis cette ombre »). Chic!

Couverture par l’auteur, l’est trop fort ce Tim + en coquetterie une échancrure dans le premier rabat. Eh oui, on s’refuse rien.

#2079

Dormir devrait être une activité agréable, mais en réalité elle est chez moi souvent perturbée, par les nervosités du moment, ou bien comme cette nuit par la touffeur du climat. Somnolant, je me suis mis à penser à un drôle de truc. De nos jours, Gaston Lagaffe serait âgé d’entre 65 et 70 ans. Et voguant entre deux eaux oniriques, j’imaginais fort bien à quoi ressemble Gaston vieux, un peu voûté, une couronne de cheveux blancs, toujours le même gentil excentrique que dans les années 70, cultivant son jardin (il aura certainement hérité du petit pavillon de sa tante Hortense), bidouillant ses inventions, le toit de sa maison couvert de panneaux solaires de traviole. Toujours écolo-gauchiste, le vieux Gaston, du genre à tenir un blogue comme celui de Jean-Louis Fraysse. Et Jeanne Lagaffe, son épouse, toute menue, les cheveux gris tirés en chignon, faisant le ménage, regardant avec adoration son grand fou de mari. Et le copain Jules, à la retraite de chez Smith-en-face, chauve comme un oeuf, son large sourire s’ouvrant sur une dentition clairsemée. Oué, je les imagine clairement, ces retraités là.

Ensuite j’ai dormi un peu, by fits and starts, mes songes je crois sont devenus « ligne claire », je me souviens vaguement de quelque chose sur Des Esseintes, ou bien sur Bel-ami, je ne sais plus (j’ai relu les deux ces derniers temps, quand je n’étais pas dans Proust), mais dessiné par quelqu’un comme Stanislas (avez-vous lu son Perroquet des Batignoles? Du feuilleton absolument parfait, un régal). Bon je sais, j’suis bizarre.