#2931

Semi-vacances : plus trop de choses à faire, je me relaxe donc. En lisant, lisant, lisant. Surtout. Et la lecture ça fait aussi partie de mon boulot, après tout, mais je peux vous dire que je n’y rechigne pas : les derniers manuscrits de nos auteurs sont ouahou-ouahou. Genre le petit recueil de nouvelles de Chloé Chevalier, formidable de maitrise. Le premier tome de la trilogie de fantasy urbaine de Mathieu Rivero, magnifiquement solaire. Le roman de Christine Luce, trouble et enivrant comme une absinthe. Celui de Robert Darvel, fou et captivant. Ça c’est de la lecture « pro » qui rime avec intense bonheur.

#2390

Erf, bon, va mieux falloir parler de petits oiseaux. Genre, durant ces quelques jours de canicule subite, je n’entendais plus le merle, au point que je m’étais même un peu inquiété : mais il était toujours là, et madame aussi, sautillant de branche en branche dans le troène et le micocoulier. Depuis cette nuit que la température est revenue à des niveaux agréables, le merle chante de nouveau, d’évidence la chaleur ne lui convenait guère.

#2389

Astar Mara. Cette nuit j’ai fait des rêves de courants océaniques, de routes liquides entre de hautes collines d’émeraude végétal, moussues et mystérieuses. Et il m’en est resté ces mots, « Astar Mara », me tournant sottement en tête au réveil. Il s’agit d’un terme du gaélique qui désigne les voies de circulation maritimes. Je l’ai retrouvé l’autre soir en relisant des passages de The Old Ways de Robert McFarlane, son si ample et si fascinant récit de longs voyages entrepris sur les sentiers ancestraux de l’archipel britannique. Astar Mara, le mystère de ces chemins que l’habitude et les conditions locales permettaient de tracer sur les portulans et de baliser dans les chants, ces passages sur l’océan d’île en île ou d’archipel à continent, forgés de traditions, de conventions et de coordonnées, alors que rien n’imprime l’eau, que tout s’y efface immédiatement.

#2388

Nature urbaine : non loin de chez moi, face à la caserne Nansouty, se tient une grande maison abandonnée. Un gigantesque tilleul assombri tout le petit jardin de sa masse et des branches dominent le trottoir. L’autre matin, passant par là, la senteur doucement miellée me fit penser qu’il y avait matière à une petite récolte… Je viens de m’y livrer, les mains levées vers le miel vert, et j’ai rapporté une satisfaisante brassée de ces fleurs pâles et odorantes. De quoi tisaner un peu à l’automne.

#2387

Là-haut, sous le toit, la pluie est ma musique. Piano et percussions. Je lisais l’autre jour, dans un essai sur la pluie, que contrairement à la manière dont il est traditionnel de l’illustrer, les gouttes d’une averse ne tombent pas comme d’un robinet avec un corps lourd et une tête pointue mais à l’inverse, tête arrondie en parachute et corps filant en pointe. Et je me demandais, combien il y a-t-il de noms pour les différents états de la pluie, dans la langue française ? Rincée, ondée, bruine, averse, pissée de chat, drache, abattée, abat d’eau, grain, saucée, berlée, guilée, crachin… Sans oublier le fait de pleuviner et celui de dégoutteler…