#2576

Allez, je crois qu’il s’agit d’un record personnel : le livre que je lis depuis hier soir est paru en 1987… et je l’ai acheté cette année là… Ce livre restait donc sur mes étagères depuis 30 ans, pile, non lu. Ouch. C’est curieux, je ne sais pas pourquoi mais tout en ayant régulièrement envie de le lire — ce n’est pas un livre juste oublié dans un coin —, je n’y suis jamais venu jusqu’à présent… Pas un roman : un essai, que mon excellent camarade Patrick m’avait conseillé à l’époque : Of Mice and Magic de Leonard Maltin, sur l’histoire du dessin animé étasunien. Passionnant en effet, le sujet m’enchante.

#2575

Pendant quelques mois, j’ai sué sur trois biographies d’artistes. Ce fut sans doute l’un de mes travaux d’écriture les plus difficiles à mener à bien. Ce mois-ci et le mois prochain, ces trois « artbooks féeriques » sortent en librairie, avec un quatrième, non moins beau, dirigé par mon excellente camarade Christine. Le tout grâce à et sous le regard acéré de mon excellent camarade Poa. Ce fut une sacrée aventure, pas facile du tout, et j’ai fait un petit papier pour l’évoquer

#2574

(Notes) Sur le boulevard, les arbres gesticulent, piaillent, trillent et s’agitent des petites flèches noires qui, en retard, les rejoignent vivement.

Dans le ciel, les stratocumulus dessinent une nappe moutonneuse en ligne de fuite. Une lune supplémentaire, accrochée sous le cul d’une grue de chantier, s’épanouie auprès du bloc de béton.

Les vélos filent en rangs rapprochés : grincements circulaires et de guingois.

Au rose crépusculaire succède subreptice l’orangé de la vapeur de sodium, qui poudroie là-bas et grime les façades sous l’ombre tombée.

#2573

Les jours se suivant sans se ressembler, hier s’avéra assez atroce, aujourd’hui semble plaisant. De bonne humeur, j’ai donc été faire un brin de jardinage. C’est fou : j’ai semé de l’huître botanique et du jambon du jardinier. Et vu avec délice que les deux sauges dont mon excellent camarade Julien m’avait donné des boutures cet été sont déjà en fleur, petites pointes rouges. Une surprise, tout à l’heure : passant à la cuisine, je discerne une chose noire et minuscule filer par la porte du côté, faire un saut sur les dalles du dehors puis bondir dans l’arbuste au-dessus de la palissade : un merle, sans doute ? Sur la rétine je n’ai eu qu’une impression fugitive, genre les noiraudes chez Miyazaki. Quel culot d’ainsi s’introduire dans une maison où logent trois chattes.

#2572

J’entretiens une certaine passion pour l’architecture moderne et contemporaine et, au sein de cela, j’avoue un faible plus particulier pour le brutalisme, surtout le brutalisme britannique. Tout ce béton, ce fut longtemps très déconsidéré. Lors d’un voyage à Londres, je conquis néanmoins mon excellent camarade Julien B., qui s’enthousiasma pour le Barbican comme pour le BFI Southbank, et lors d’un autre parcours londonien mon excellente amie Annaïg H. qui professait une sainte horreur du brutalisme tomba amoureuse du Brunswick Centre…

Tout cela pour dire qu’une nouvelle tombée hier réchauffa mon petit cœur d’artichaut. À 88 ans, l’architecte Neave Brown vient enfin d’être récompensé. Une forme de happy ending pour celui dont le thatchérisme détruisit la carrière et la vision. De même que Patrick Hodgkinson, décédé il y a deux ans à l’âge de 85 ans, architecture du Brunswick Centre, avait été prof toute sa vie avant que, à la retraite, on ne l’appelle afin de terminer son unique œuvre, que j’ai connue complètement dilapidée et qui est maintenant un splendide paquebot en pleine ville, une petite utopie enfin aboutie.