#2457

1978 : j’avais quinze ans, j’étais au collège, j’avais cessé de lire les « Bibliothèque rose » pour plonger dans Bob Morane, le Fleuve Noir « Anticipation » et mes premiers J’ai Lu SF… Hier matin à la brocante, j’ai déniché l’un des six volumes de Fantômette qui me manquent encore. Fantômette et les 40 milliards, datant de 1978. Je l’ai lu cette nuit, avec le plaisir habituel, cette douce jubilation d’une lecture familière et humoristique, pleine de sottises ficelesques et de rebondissements fantômettiques. Et je me souviens qu’étant môme, j’avais conçu une véritable obsession pour Fantômette, les lisant et relisant, intégrant certaines des expressions de Chaulet dans mon vocabulaire (et par là, dans celui de ma famille), allant jusqu’à estimer que les deux coiffeurs, au rez-de-chaussée d’un de ces grands immeubles en courbe typique de ces années 1960, ressemblaient terriblement au prince d’Alpaga et au Furet… Maintenant, je les relis, le soir, et les trouve toujours pétillants, variés, impertinents, il était fortiche monsieur Chaulet, toujours drôle, et Françoise demeure mon héroïne de cœur. Mais la grande Ficelle aussi !

#2456

Sometimes I’m a queer bird. Foin de ce vieil Homo Sapiens, j’ai rêvé cette nuit que j’étais un Héron Sapiens, j’avais un grand bec jaune et c’est en voulant brosser les plumes qui me chatouillaient le visage que je me suis brièvement réveillé. Plus tard, j’ai aussi rêvé de corbeaux, je croa.

#2455

N’étant toujours pas blasé de mon environnement, je m’efforce d’être attentif, observateur. Pourtant sans ce soleil rasant juste au-dessus de l’arrêt de bus, quand aurai-je enfin repéré au pignon d’un alignement de maisons de ville toutes semblables, grises et lourdes, la mention d’un H.B.M. de 1897 ? C’est pourtant à côté de chez moi. À un arrêt de tram, en centre-ville, j’ai levé le nez sur une belle façade où les sculptures de deux jeunes femmes se penchent de part et d’autre au-dessus des embrasures, tournées l’une vers l’autre pour un gentil commérage de pierre.

#2454

Des étourneaux, me demandai-je, il y en a-t-il dans le quartier? Eh bien oui-da, affirmatif, je viens de les entendre piailler d’envergure sur le boulevard. Ils nichent au sein du feuillage d’une rangée de petits tilleuls et, dans la lumière bleu-or nocturne, les volatiles demeurent invisibles, seules remuent et bruissent les frondaisons.

#2453

Oh moi je file du mauvais coton : trois bouquins en cours, en même temps. Du « nature writing » : The Wood for the Trees de Richard Fortey, un an d’examen minutieux de la vie d’un bout de forêt ; de la littpop : le premier de la série du « Ministry of Peculiar Occurences » de Pip Ballantine & Tee Morris, du steampunk sympatoche ; et du « high brow » : The Children’s Book d’A.S. Byatt, à l’extrême limite de la fantasy.