#2675

Mine de rien, il y a un petit paquet d’années que je rêvais d’être en mesure de publier une intégrale de  par Jules Lermina… Et puis mon excellent camarade Jean-Daniel Brèque m’a proposé de s’en charger, puis son travail fut complété grâce à Guy Costes, Christine Luce et Marie Morvan, vraiment du travail d’équipe pour parvenir à proposer ce beau pavé. C’est du polar, franchement excellent, réjouissant, astucieux, selon moi un chef-d’œuvre méconnu du genre, j’ai adoré lire ça — mais hélas, impossible de le vendre en librairies de nos jours, alors voici, c’est un « print on demand » et quand même ça a bien de la gueule. On vient juste de recevoir les premiers exemplaires. Et je suis content comme un môme.
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#2674

On est peu de choses mon bon monsieur. L’autre matin comme je poireautais près d’une heure dans la foule d’une gare Montparnasse plus rébarbative que jamais vu les travaux, toute cette foule, tous ces mouvements, tous ces visages, me mirent en mémoire quelqu’un à qui je n’avais pas repensé depuis fort longtemps — mais je sais pourquoi, un universitaire suisse m’ayant questionné à son sujet il y a peu. Maurice G. Dantec. Je ne l’ai croisé qu’une seule fois, littéralement dans un dîner parisien, et cet écrivain alors débutant ne m’avait pas fait grand effet, je l’avais trouvé immature, pensant en noir et blanc tranchés, bref un mec assez sot. Pourtant il demeure connu, célèbre, quand tant de personnes tellement plus bonnes et humainement talentueuses disparaissent aussitôt à leur mort. Oui je sais, j’étais sans doute un peu morbide ce matin-là, la fatigue aidant. Puis je vis une vieille dame caresser, deux fois, la joue d’un garçon de 15 ou 16 ans à l’air boudeur de cet âge, et cette tendresse me fit revenir un autre souvenir, de la même soirée : la main de notre hôtesse tendrement posée sur mon épaule, quand elle passa derrière moi, et moi de poser la mienne par-dessus et d’être étonné de la découvrir si rêche, si ridée — je n’ai jamais oublié cela car cette dame décéda quelques semaines plus tard, d’une crise cardiaque. Et là j’eus un bref instant d’angoisse, je ne me souvenais plus de son nom, je cherchais un moment dans ma tête, enfin quoi, Annick, elle se prénommait Annick… Annick Béguin, voilà, une vieille libraire parisienne, qui organisait alors le prix Cosmos 2000. Dans le haut-parleur une voix féminine crachota le numéro de quai de mon train, mettant un terme à ces ruminations, mais vraiment, nous devenons bien peu, à peine un souvenir.

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#2673

Ce week-end je n’ai pas fait de vide-greniers, je n’ai même pas été regarder dans la boîte à livre, mais pourtant je suis plus riche de trois livres — et même, je les ai déjà lus, ou pas loin, du fait notamment d’une nouvelle et fort large insomnie. Loués soient les amis qui savent bien que l’on n’a jamais trop de bouquins, et qui donc m’ont offert ceux-là. D’abord un gros et grand et beau recueil ancien (sans date) de dessins d’Audrey Beardsley — je n’ai jamais bien su si j’aimais ou pas Beardsley, ce qui explique que je n’avais toujours pas de recueil de lui sur mes étagères d’art. Et de fait, je ne le sais toujours pas réellement, mais disons que si ses dessins les plus dépouillés ne me parlent guère, et encore, c’est variable, ses compos hyper chargées me ravissent l’œil de façon un peu perverse.
 
Ensuite, un auteur ami m’a offert son petit dernier après une halte dans l’écriture : Des sorciers et des hommes, c’est du Thomas Geha, ça sort ce mois-ci chez Critic et c’est une impeccable fiction de genre, ancrée sans vergogne dans le « golden age » de la fantasy, plus exactement en hommage à Fritz Leiber, sans rien de kitsch en dehors de l’illus de couv, sans rien de forcé non plus, c’est malin et gouleyant et réellement satisfaisant, en tout cas pour moi qui ai cette culture spécifique.
 
Enfin, un copain de passage qui m’offre un cadeau d’anniversaire aussi hors date qu’apprécié, sous la forme d’un petit recueil d’articles de Nick Hornby, More Baths Less Talking, réunissant la cuvée 2010-2011 de ses chroniques de lecture pour The Believer. J’ai été abonné quelques années à cette revue américaine, pour mon fils en fait, j’y picorais avec délice mais parcimonie, et je retrouve intacte la verve enjouée, la fausse candeur et la véritable acuité intellectuelle d’Hornby, qui pourtant évoque surtout des livres que je n’aurai pas envie de lire, mais il le fait de manière prenante, lumineuse, ses lectures nous enrichissent et ses remarques nous éclairent. Et pourtant, ce mec est fan de football.
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#2672

Il m’amuse de prendre de manière assez régulière une photo de la pile de livres lus récemment, mais ce n’est pas si simple : outre qu’il s’ajoute à mes lectures pas mal de numérique, me souvenir à quinze jours ou trois semaines de tout ce que j’ai lu et (donc) déjà rangé ne s’avère pas toujours exhaustif. Enfin, pour le principe, voici un aperçu ce que j’ai englouti ces dernières semaines…

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#2671

Eh bien, voilà qui fait sacrément plaisir : deux prix Imaginales, sacrebleu ! Roman étranger pour Lisa Goldstein (Sombres cités souterraines, trad. P. Marcel) et prix spécial pour le trio Ascaride, Bétan & Rivero (Tout au milieu du monde), les Moutons électriques sont contents, contents, contents. 🙂

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