#2953

La situation du livre en ce deuxième confinement est très différente de la première fois : nouveautés et réassorts vont continuer à être faits (l’interprofession, à la demande du SLF, du GLBD et de certaines enseignes a demandé à maintenir les flux de nouveautés), diffusion et distribution restant ouverts ; une partie importante des librairies vont travailler en « clic et collecte » (commande en ligne et retrait en boutique) ; Fnac point com et Amazon demeurent ouverts. Les ventes de livres vont donc être compliquées et plus difficiles, mais ne sont pas interrompues cette fois. Achetez, lisez : que le confinement soit au moins profitable à vos lecture !

#2952

L’œil de la caméra et celui de l’homme ne distinguent pas les mêmes choses. Étant sorti dans le soleil luisant après une pluie d’orage, je vis tout au bout d’une rue une grande montagne blanche, qui dominait les maisons blondes. Sur la photo, pourtant, il ne restait que de frêles nuages, alors qu’à mon œil continuaient de s’ériger de grandes épaules solides et neigeuses.

Des feuilles jaunes ou rouges jonchent les trottoirs noirs d’humidité, en des géométries automnales. En ville, les mêmes collines blanches dominent chaque échancrure de rue, sous un ciel d’un bleu innocent qui prétend tout ignorer des orages et des averses. Sur les quais d’en face, les arbres paraissent fumer des nuées grises, qui s’amassent en dôme au-dessus de l’autre rive.

#2951

Ivresses d’encre. Acheté ce matin un chef-d’œuvre de fantasy, Castelmaure de Trondheim & Alfred, et me suis enivré ce midi à la fois de sa puissante senteur d’encre fraiche, de sa beauté graphique et de la force d’un splendide conte de fées post-moderne. Et puis, en début d’après-midi, un livreur m’a apporté sans prévenir à l’avance un colis des premiers exemplaires de Celtes !, le pavé splendide concocté par ma petite sœur Sara et mes frangins Mérédith et Melchior — oh le choc esthétique, je ne m’attendais pas à les recevoir et considérer soudain cette pile de beaux livres, dans leur écrin vert et or, quel bonheur ; et puis en ouvrir un et cette fois encore, humer le puissant arôme de l’encre fraîche… J’suis camé.

#2950

Ayant fait un saut dehors pour aller déposer moult courrier dans l’unique et lointaine boîte-aux-normes, et slalomé entre les parents-avec-enfants d’un trottoir à l’autre (apparemment avoir des mômes confère l’immunité contre la covid, puisque ces vaillants reproducteurs de la race ne portent surtout pas de masque), je rentrais tranquillement en savourant la grande et belle lumière de fin de journée, lorsqu’un peu de pluie est tombé sous le soleil, chaque goutte en or fondu, un véritable ravissement — mais alors que j’arrivais à ma porte, j’entendis derrière moi un grand vlaouf ! et n’eus que le temps d’ouvrir pour éviter la soudaine averse d’orage. Je crains que les parents-avec-enfants n’aient été copieusement trempés.

#2949

Lubie féline. Chaque matin, ces temps derniers, Jabule ma chatte senior, exige que j’ouvre la porte du salon et, se précipitant au dehors, furète sur les carreaux de la terrasse à la recherche de flaques d’eau à laper, examine les feuilles de la fougère à la recherche de gouttes à lécher… et est déçue, comme il n’a pas plut ces dernières nuits. Pour lui faire plaisir, je jette alors l’eau de la gamelle sur le sol et le feuillage. Mais quelque chose me dit que demain ne la décevra pas, car le vasistas fredonne ce soir la chanson grise de la pluie.