#2732

Après une mauvaise nuit peuplée de cauchemars confus et de chats ronronnant, j’avais titubé hors de mon lit en me jurant qu’aujourd’hui il ne serait pas question de se rendre à la brocante. Et puis j’ai ouvert les volets sur le soleil d’or et le bleu frémissant d’un dimanche au bord de la froidure hivernale et, comme machinalement, je suis sorti, mes pas allégés par le poudroiement de la lumière. Et brocante ce fut donc, plutôt orientée « cape et épée » avec quelques jolis Paul Féval et Amédée Achard, et puis ce recueil de six nouvelles policières de Jean Giono que j’espérais dénicher depuis longtemps. Lent retour, les rails du tram brillaient sur les quais silencieux, les feuilles mortes craquaient sur les trottoirs, et fourbu je regagnai mes pénates. Une journée à écouter du Joni Mitchell sans bouger du fauteuil orange contre la fenêtre du jardin, en sirotant un thé fumé.

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#2731

Dîné hier soir avec des copains australiens pas vus depuis 30 ans… Évoqué Roland qu’ils avaient connu… Encore bossé aujourd’hui sur le premier dossier d’archives de Roland, qui va atteindre allègrement les 470 pages je pense… Continue de lire Le Chant du cosmos — je n’ose pas écrire « relire » car je ne me souvenais vraiment de rien, zéro mémoire, je le lis donc comme si je ne l’avais jamais lu alors que — et c’est tellement bon…

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#2730

C’est terrible, c’est l’engrenage… Tout d’abord j’avais ceux de mon enfance, la plupart des Fantômette, des Club des Cinq, des Plodoc et quelques autres (les Christine Renard en Rouge !)… Et puis j’ai trouvé en boîte à livres un lot de Six Compagnons, puis une autre fois un lot de Michel, puis encore des Alfred Hitchcock… Puis FSM m’a offert un énorme lot de Rouge et Or, Spirale etc. Et puis voilà, l’engrenage, j’ai complété au gré des brocantes et vide-greniers… Mais ce n’est pas là le pire, Votre Honneur : c’est que je les lis, les ai presque tous lus – et que j’attends un lot de Langelot. On est peu de chose, allez.

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#2729

Ce matin je me livrais une fois de plus à l’une de mes activités favorites : ranger / réorganiser la bibliothèque (enfin, ma bibliothèque principale, la grande dans le bureau où sont tous les romans hors jeunesse et hors « polar »). Et en retombant sur ce recueil, je me suis interrogé. Devais-je le garder ? Car quoi, le relirai-je jamais ? Déjà, lorsque je l’ai lu ce fut un peu péniblement, en m’ennuyant passablement, tant l’humour et les allusions de tels romans sont éloignés de notre époque et de notre culture : je ne les ai lus que pour mieux saisir, justement, un certain esprit d’une toute autre époque, celle des Shelley et de Byron, lorsque je travaillais sur le mythe de Frankenstein. Je ne sais pas, en dépit de sa patine officielle et de sa réédition sérieuse, j’ai l’impression qu’une prose aussi poussiéreuse a encore moins de pertinence, littéraire et générale, que toute l’œuvre d’un Maurice Limat, par exemple (que je relis avec plaisir, lui). Et ma foi, à propos de Frankenstein, comme je le répondais il y a peu à un animateur de radio locale qui voulait m’interviewer : « Navré mais je réalise après avoir été interrogé par un ami traducteur que je ne maitrise plus ce sujet, sur lequel j’ai travaillé il y a exactement dix ans, et sur lequel je ne suis jamais revenu. Je ne me souviens plus assez des tenants et aboutissants de tout cela, à dire vrai, ma mémoire étant ainsi faite qu’une fois « déversé » mon travail de recherche dans un ouvrage, je passe à autre chose et ne retiens pas forcément énormément d’éléments en mémoire. »

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#2728

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