#2557

Grande promenade hier sous un ciel pesant et voilé, entre genets, chênes et chênes verts, sur la caillasse blanche et le sable, tandis que s’ouvraient çà et là des perspectives sur les collines en vagues vertes et les parcelles violettes de la lavande, au sein des vols de papillons. Jusqu’à l’ô combien pagano-celtique source des nymphes, où ces dernières avaient été remplacées par moult grenouilles flûtantes et croassantes. J’attends maintenant l’heure du départ sous un océan rugissant d’arbres bousculés par le mistral.

#2546

Faire pousser des plantes, c’est un petit plaisir de tous les jours, regarder chaque matin de combien ont grandis les plans de tomate, si les poivrons ont commencé à se hausser, constater que les courgettes ont de belles feuilles rondes et d’autres dentelées, que la tomate-cerise porte déjà une floraison, que les basilics commencent à percer, que les fraises débordent, que le céleri est bien dru, que la plante-fromage est couverte de nouvelles feuilles velues, que les bourraches nouvelles vont être à repiquer, que le coriandre fleuri, tout comme la ciboulette, tout comme l’olivier aussi, et que le persil monte en graines…

#2541

D’un vert saturé, les épaules des prairies qui roulent immobiles sous la toile immense des nuées grises. Et tant de sons, emplissant ce paysage : des moutons de l’autre coté du court horizon, un aboiement enroué, un discret miaou à mes pieds, les friselis de quatre hirondelles posées en notes noires sur les fils électriques, claquements d’ailes, un croassement lointain, des roucoulements à gauche et des chants à droite, un piou-piou-piou droit devant, le tout sur le fond cadencé des grillons que l’on croirait émit par tout ce vert lui-même. Je n’ai pas entendu le rossignol, cette nuit.