#2530

Hier encore il faisait beau et chaud, et je m’étonnais avec plaisir que les rues près de chez moi embaument les fleurs — en particulier, la senteur des nombreux lilas, dodelinant de leurs lourdes têtes blanches dans dans tous les jardins. Mais ce matin, après la pluie et sous un ciel gris, d’autres odeurs naturelles montent dans le quartier, cette fois comme un fumet d’humus et de champignon, pas désagréables non plus.

#2496

J’abandonne, je ne parviens pas à lire Sur les chemins noirs de Sylvain Tesson. Je croyais y trouver un plaisant récit de cheminement dans la campagne, au lieu de quoi ce ne sont que récriminations d’un réac fermé sur lui-même, et qui écrit assez pauvrement, j’ai envie de biffer son texte comme je le ferais d’un manuscrit — il n’y a plus d’éditeur chez Gallimard ? Tout cela est ordinaire, à l’image de la seule culture qu’il étale, ces références calcifiées, momifiées, de la littérature officielle. Là où des promeneurs anglais comme McFarlane ou Mabey nous parlent d’aujourd’hui et d’une culture ouverte, et bien sûr de notre rapport à la nature, Tesson ne fait que grinchouiller entre deux plates exaltations. Quel paradoxe : se promenant dans l’espace naturel, il se recroqueville au monde. Tesson ce n’est pas du « nature writing », c’est Jean-Pierre Pernaut. Triste France, triste NRF.

#2477

Cette année débute dans les brumes et sous des cieux cotonneux, la ville se nappe de gris-blanc et son parfum est de fumée. Le matin, et pourtant je ne me lève jamais tôt, un soleil rougissant peine à s’extraire des tremblements diffus et des nuées basses.

#2473

C’est lui, ce ciel d’hiver illimité, fragile,
Où les mots ont la transparence et la délicatesse du givre,
Et la peau froide enfin son ancien parfum de forêt,
C’est lui qui nous contient, qui est notre exacte demeure.

(Je pensais à Jacques Réda, tout à l’heure, en contemplant le ciel si froid et cette lumière si dure.)