#2460

Les deux premiers jours, Carmilla, la chatte noire, a résolument refusé de mettre une seule patte dehors. Elle avait déjà considéré avec un mélange de crainte et de méfiance l’escalier, lors de notre installation, et maintenant c’était au tour de ce terrible extérieur de lui inspirer une têtue réticence. La plus jeune, Mandou, fonça aussitôt dehors, trouva le moyen un soir de se glisser sur le toit, protesta lorsque nous finîmes d’installer la palissade de bambou — l’empêchant par conséquent de bondir sur le muret de la voisine pour aller explorer le jardin voisin — bref manifesta le plus grand enthousiasme pour cette nouvelle extension du domaine de ses expériences sensibles et de son espace de vie. Calmement, la grosse mémère grise, Jabule, explora avec circonspection puis adopta sans restriction.

Ce matin je n’avais encore qu’entrouverte la porte de la cuisine, vu la fraîcheur. Mandou, sortie par la porte du salon, considéra cette porte entrebâillée, se leva sur ses pattes arrières et, s’appuyant des pattes avant sur le battant, ouvrit en grand la porte offensante, avant de s’éloigner sur la terrasse. Quant à Carmilla, elle campe maintenant dans le jardin, au beau milieu du bouquet de myosotis, tache d’ombre percée seulement de deux lueurs jaunes clignant de satisfaction. Hier soir j’ai du aller la chercher afin de pouvoir fermer pour la nuit, et elle exprima son mécontentement d’une voix grêle.

#2301

Hier soir, mon excellent camarade Vincent Gessler causait dans la non moins excellente librairie croix-roussienne Vivement dimanche. Ce fut une belle soirée, qui se finit fort tard, et fut prolongée par une sorte de petit-déjeuner en milieu de matinée, sur la place Voltaire, en compagnie d’Axel O.D. également de passage. Et lors d’une pause au Q.G., photo presque rituelle d’un invité avec Mandou sur les épaules.

#2275

Hier soir j’ai lu (en partie) un manuel d’ornithologie de 1898. Sur les oiseaux de Londres, oui, Londres bien sûr. Drôle et finalement assez fascinant, et empli de renseignements périphériques qui m’ont passionné. Le chapitre vraiment amusant est tout de même le quinzième : « The cat question ». Tout un programme !

The cat’s unchangeable character—A check on the sparrows—Number of sparrows in London—What becomes of the annual increase—No natural check on the park sparrows—Cats in the parks—Story of a cat at Battersea Park—Rabbits destroyed by cats in Hyde Park—Number of cats in London—Ownerless cats—Their miserable condition—How cats are made ownerless—How this evil may be remedied—How to keep cats out of the park

(Birds in London, W.H. Hudson, trouvé sur le projet Gutenberg)