#2518

IMG_3766Je ne me lasse guère de ce fatras dominical sous la flèche de Saint-Michel, a fortiori lorsque le ciel se fait enfin bleu. Trouvé simplement un « Caroline » de Pierre Probst, datant de 1957, quand cet illustrateur cher à mon cœur se trouvait réellement au sommet de son talent. L’Automobile de Caroline : je doute un peu qu’il y ait eu beaucoup de rééditions car le cadre historique s’y fait particulièrement marqué ; toutes ces belles bagnoles fifties, j’adore cette tendre désuétude. Comme une bulle temporelle où Caroline évoluerait dans les mêmes décors que les meilleurs des « Spirou » de Franquin… (Le mobilier de Modeste et Pompon est d’ailleurs en vente sur certains stands du marché)

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#2513

Quitté Bruxelles. Cependant que défilent de fugitifs paysages brumeux, quels souvenirs de ce séjour? Des gouts : le thé noir du matin versé par Sara ; la fumée de la tisane de sarrasin grillé ; le miel du thé de Damien, à la frangipane ; la sombre douceur des « vieilles brunes » ; le crémeux du tandoori au vin rouge de Pierre ; l’épice parfumé du dîner éthiopien… Des images : un gratte-ciel comme dessiné par Chaland ; un théâtre entre pagode et église de pierre aux teintes alternées ; les moutons du petit parc d’Yser ; les voutes de brique et d’acier comme le cul d’un Nautilus ; les chaudes vibrations des Rik Wouters ; les reflets sur le canal ; la pénombre orangée des tunnels du métro comme une sombre cité souterraine avant la gare du Midi… Des sons : les ronronnements de Naïs ; les rires de Nathanaelle ; la grosse voix de Stefan ; le wouch-wouch de l’éventail de Juan-Lorenzo ; les lourds corbeaux matinaux… Et hélas les longues heures d’ennui à attendre l’hypothétique lecteur, les jambes raides, les pieds douloureux, les yeux qui piquent…

#2507

La candidature de l’apparatchik Hamon m’attriste et m’irrite tour à tour. Et je ne peux m’empêcher, à propos de l’épisode Jadot, de me souvenir d’une remarquable trahison que les écolos semblent avoir oubliée depuis belle lurette. Je ne parle pas de l’accord de 2011 jamais tenu par le PS, oh non, même pas : je pense à une lointaine élection européenne où le gouvernement Mitterrand, pour flinguer les Verts, avait monté de toute pièce un faux parti. Oui, un parti fictif : ERE, mené par les dénommés Lalonde, Doubin et Stirn, avec un programme écologiste… Et l’entourloupe porta ses fruits : les Verts obtinrent 5% de voix et ERE également 5%, divisant ainsi proprement par deux le poids des premiers. Bien entendu, dés l’élection terminée, le parti ERE disparut sans laisser la moindre trace.

#2505

Sweet sweet home, après une salonnerie vaine et éreintante (et avant une autre salonnerie, bien plus longue). Retour par le chemin des écoliers en une longue balade contemplative autant qu’automobile que l’on pourrait nommer « les aventuriers de la Saintonge perdue ». Gloire aux petites départementales, qui nous permirent de profiter du spectacle des larges pierres blanches et de l’ardoise de Touraine, des petites pierres jaunes et des tuiles de Poitou, puis de naviguer dans les deux Charentes depuis la beauté du pays d’Aigre jusqu’aux forêts rousses (les fougères), blondes (les herbes) et vertes (les pins) de l’approche maritime, pour finir dans la grandiloquence industrielle du port d’Ambès.