#3086

De grands roulements, passe un convoi ferroviaire, qui emplit un moment le quartier de sa sourde rumeur de métal. Suivent les cloches, autre son de fer, une église puis une deuxième. Levé tard, très malade hier — déjà porté au propre 89 000 signes de la novella « Les arrières mondes », j’ai trop forcé. Je tangue, moi qui en bateau n’ai pas le mal de mer. Avantage de la maladie, j’ai perdu près de 4 kilos. Repos dominical, pas d’écran aujourd’hui. Un vent atlantique agite les arbres.

#3085

Les martinets sifflent en haut du ciel, ce matin, presque invisibles dans ce bleu grisaillant annonciateur de chaleur. Ma tête chahute, j’écris entre deux vertiges, à la petite table métallique du patio. Quand l’ombre du bambou sera devenue trop grêle je rentrerai au salon. Je me tiens à mes 5000 signes minimum par jour, comme chaque été. Généralement plus, et mes malaises me frustrent. Au point que j’écris même un peu le soir, sur l’iPhone, au moins une scène de mon puzzle avant de dormir.

#3084

Reconquête d’une existence ordinaire, suite : lentement la brocante, puis déjeuner en terrasse d’un pub avec un ami. Fuyant pour le moment l’écran de l’ordi, qui me provoque des nausées, je me concentre sur celui de l’iPad pour des corrections et nouvelles rédactions des enquêtes de Bodichiev. Le prochain recueil est bouclé (5 nouvelles, 5 short-shorts et une chrono). Suite à une remarque d’un vieux copain, je me suis confronté à une chronologie et l’ai corrigée. Il y avait une incertitude de 10 années – et je vais créer deux personnages supplémentaires, afin de combler une petite période de l’existence de mon héros. Liberté conférée par son propre univers, chaque été d’écriture retrouver cette douce excitation de la simple création.

#3081

Pluie, soleil, pluie, soleil : le jardin embaume, dans la légèreté des senteurs de verveine, menthe, tomate, chèvrefeuille et thym mêlées. Si je pouvais visualiser les odeurs je me trouverai au sein d’un fin nuage, que j’imagine comme un voile vert.