#5108

Week-end immobile, tendinite oblige. Comme me le disait mon hôte, les oiseaux sont de retour à Champignac après l’éclipse d’août. Pas seulement la pie qui ricane au-dessus de ma tête dans le mélèze, ça j’en ai un amusant trio dans mon quartier, mais tous les volatiles piaillant et gazouillant. Pour occuper le temps lent je tapote une nouvelle de Bodichiev à Bordeaux – bientôt 12 000 signes et il ne s’est toujours strictement rien passé niveau intrigue, tss. Je m’amuse à évoquer le Bordeaux en habits de suie des années 1980 plutôt que la ville blonde actuelle. Allusions aussi à une Algérie restée française dans cet univers. Jamais trouvé l’occasion d’aborder la question d’un colonialisme certainement très prégnant dans un tel cadre historique, vais un peu essayer.

16 776 caractères et le drame débute pour de bon. Bodichiev est convoqué par la police. J’interromps pourtant mon travail pour observer un écureuil qui, trompé par mon immobilité, s’approche tout tranquille, furète au sol, grimpe dans le magnolia avant de filer par un bras tendu du mélèze. J’ignorais que les écureuils fassent tant de bruit, clics et gloussements, le petit animal grommelle longuement dans les branches.

#5106

Réveillé cette nuit par l’âcre odeur d’incendie qui coulait par les fenêtres, j’ai le confus souvenir d’un cauchemar lié à cette fumée qui flottait dans l’air nocturne. Je ne me suis rendormi que longtemps plus tard, la tendinite de mon pied gauche en profitant pour pulser ses crispations douloureuses. Hier soir j’utilisais dans un échange avec une amie deux mots pour décrire mon état : « bancroche » (je vais encore passer le Festival Hypermondes avec des béquilles !) et « chafouin » (l’humeur).