#2556

On croise tant de monde, dans une vie, et tant de ces personnes faussent à notre regard. Oh dans certains cas tant mieux, les fâcheux, les imbéciles, les indifférents… Mais il y a tellement de gens qu’il aurait été intéressant s’accompagner ; ou au moins, de connaitre un peu plus avant leur destin. Me viennent ainsi parfois en mémoire des garçons que j’ai croisé plus jeune. Michaël le brun, tout fou, si brillant quand il le voulait mais au versant si aisément sombre, avec sa propension à être sale, je n’ai jamais rencontré cela chez personne d’autre. Un autre tout fou au fort charisme, ce Sébastien bondissant qui aimait les filles trop jeunes et qui partit pour devenir danseur sans une compagnie. Mon blond Werner qui se destinait à reprendre l’exploitation agricole parentales près de Vierzon. David d’Amsterdam que j’ai toujours regretté de perdre de vue. Sylvain. Michel. Christopher. Tant et tant d’autres, croisés quelques années et puis chacun vit sa vie. Autant d’histoires.

#2554

Bonne soirée rennaise où, après avoir été pêchés en gare par Annaig et Karim, nous avons rejoint le camarade Xavier en son antre de jeu pour palabres, explications et dédicaces, avant que d’aller nous effondrer en son logis, sous le regard de cuivre de ses jeunes fauves. Beaucoup trop d’heures de trajet pour si peu d’heures en terre bretonne, mais enfin, j’ai plein de lecture dans ma liseuse dont trois excellents manuscrits.

#2546

Faire pousser des plantes, c’est un petit plaisir de tous les jours, regarder chaque matin de combien ont grandis les plans de tomate, si les poivrons ont commencé à se hausser, constater que les courgettes ont de belles feuilles rondes et d’autres dentelées, que la tomate-cerise porte déjà une floraison, que les basilics commencent à percer, que les fraises débordent, que le céleri est bien dru, que la plante-fromage est couverte de nouvelles feuilles velues, que les bourraches nouvelles vont être à repiquer, que le coriandre fleuri, tout comme la ciboulette, tout comme l’olivier aussi, et que le persil monte en graines…

#2537

Ce n’est pas à la pensée du nouveau président que je me suis réveillé ce matin le cœur serré, au bord des larmes. Un mauvais rêve sans doute, dont des lambeaux m’accompagnèrent sous la douche. Parfois la tristesse me cueille ainsi, sans prévenir, au réveil. Les doutes existentiels, les souvenirs, la solitude, la vie quoi.