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Ces petites maisons basses qui s’alignent le long des rues bordelaises, et en proche banlieue, elles peuvent sembler inhabituelles à ceux qui ne sont pas d’ici : on les nomment des « échoppes », leur façade est en pierre et cet habitat populaire fut érigé entre 1840 et 1940 — l’échoppe où j’habite étant tardive, donc un peu plus haute de plafonds. J’avais toujours rêvé d’en louer une — et c’est maintenant le cas depuis 9 ans. Oui, 9 années déjà de douceur bordelaise, joli anniversaire. Et ce matin, sortant de Bordeaux un moment, j’ai été faire un petit tour hivernal de Champignac, la propriété où je vais les week-ends d’été, toujours aussi belle. Il y a maintenant un véritable troupeau de chevreuils : nous en avons vu six !

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De petits pas : sorti ce soir sans ma canne, à titre d’expérience. Je ne me rendais pas loin, à cinq minutes montre en main par les plis sinueux de mon quartier pour rejoindre le fier navire ancré par des amis au-dessus des voies. Une autre promenade est prévue pour demain matin, tant il me faut réapprendre la marche.

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Participer à la création d’une librairie d’imaginaire à Bordeaux, la Librairie du Basilic, c’est non seulement une belle aventure et une vraie excitation intellectuelle et entrepreneuriale, mais cela me procure également de nouvelles et fort appréciées occasions de plus me rendre en centre-ville. Et je ne m’en lasse pas, de cette ville, décidément. Rien que de prendre le bus depuis chez moi jusqu’à la place de la Victoire, par le nouveau trajet que provoquent les monceaux de travaux un peu partout, c’est un plaisir : regarder défiler les façades (plus ou moins) beiges, observer les entablatures, les embrasures, les frontons, les fermes, les houteaux, les moulures, les portes, parfois un acrotère ou même des lambrequins et en tout cas les infinies variations des bandeaux — tout le vocabulaire minéral de la ville, que l’on ne regarde pas assez.

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Événement personnel. Normalement, je marche un peu chaque samedi avec mon ami Fabrice. Sauf que : talon fendu de l’un et cheville froissée de l’autre, depuis l’été dernier on ne marchait plus. Première fois ce matin, donc, prudemment et lentement, sous le froid tranchant d’un ciel très bleu.