#2596

Peu de mots sur cette page en cette période, car guère l’esprit au blog après les agressions dont j’ai été victime. Je préfère lire des polars que les vivre. Je suis bien entouré, fort heureusement. J’essaye malgré ce cauchemar d’écrire : j’avais prévu de me remettre sur un roman, j’ai deux synopsis complets, que je dois entrelacer / développer, j’avais très envie d’écrire cela. Des bouts à coller, des bouts à réécrire, deux scènes de plus, se souvenir d’un tas de trucs, ça prend lentement tournure, 26 000 signes en deux jours ce n’est pas trop mal pour commencer… (fit-il pour se rassurer)

Sinon, je me suis rendu à un petit raout littéraire à la mairie de Bordeaux, samedi dernier, dans les ors de la République. Amusé de voir que le bling-bling officiel consiste à tout peindre en doré, cadres des miroirs, moulures, fauteuils, chaises, et jusqu’aux chaises pliantes. Il n’y eut pas foule, nous dirons avoir rencontré un succès d’estime, c’est ça : un succès d’estime. Avec pour l’aspect mondain quelques papotages avec d’estimables confrères. En sortant, j’ai croisé not’ bon maire.

Deuxième jour qu’il fait nuit, si j’ose dire. Averses violentes et coups de vent se succèdent sous un ciel plombé.

#2580

Des copains évoquent sur un mur FB le volume de correspondance de Michel Jeury. Ce qui me refait penser à un fait typiquement actuel : je ne connais pas l’écriture manuscrite de mes ami-e-s récent-e-s, disons ceux que j’ai pu me faire depuis les débuts des e-mails, alors que d’un seul coup d’œil j’identifie toujours la patte de Michel Jeury, de Patrick Marcel, de Michel Pagel ou de Roland C. Wagner ; d’antan (prendre ici une voix chevrotante) l’écriture manuscrite faisait partie de l’identité d’une personne, tandis que de nos jours, ma foi, la seule écriture main que je puisse reconnaître est celle de mon fils.

#2562

Ah, les « gens connus »… Ça me fait toujours sourire, les célébrités que l’on voit tout dentier étincelant sur les programmes TV avant les caisses de supermarché. Tous de parfaits inconnus (pour moi). Et les trois célébrités qui serrent leurs gros visages sur ces affiches d’une station de radio ? Des têtes de beaufs ordinaires comme l’on en croise partout dans la rue (me semble-t-il). Et comme je ne vais plus non plus au cinéma, depuis longtemps, je suis vraiment hors course, le « mainstream » m’indiffère ou me fait ricaner — comme l’an dernier le concert unanime de louanges lors de la mort d’un vieux beau camé jusqu’aux yeux, chanteur de variété parmi tant d’autres. Vraiment les gens, George Michael, non attendez, vous plaisantez ? (incompréhension) Enfin bref, je suis fichu, je suis « out ». J’ai regardé le premier épisode de The Orville et je n’y ai vu que du Star Trek un peu mou, pas très drôle, et puis zut quoi, les scènes dans un centre commercial genre Mériadeck ou Part-Dieu que l’on essaye de nous faire passer pour un centre de recherches scientifiques du futur, vraiment les gens, on a interdit d’excellentes fan-séries de Star Trek et il ne va pas y avoir de procès pour ce plagiat raplapla ? Je viens de lire l’article du Guardian sur tous les super excellents trucs télé qui vont sortir à l’automne et wow, j’ai juste ricané à la photo d’encore un autre faux Star Trek, c’est tout. Les images qui bougent m’ennuient, les gens célèbres ne sont pas les miens. Allez, le vieux con retourne bouquiner, un peu courbé par l’âge mais avec le sourire.

#2596

Souventes fois je m’entiche d’un nouveau thé, afin de varier un petit peu, un moment, de mon mélange fétiche tarry souchong / rooibos. Là c’est la fraîcheur de ce thé noir au citron caviar, à d’autres occasion du thé à la pomme de chez Fortnum & Mason, de leur Earl Grey fumé ou bien encore d’un keemun kougou… Je sirote en lisant, sur le petit divan du bureau, sur lequel tombe la meilleure lumière, faute de me risquer à une promenade au dehors : il pleut par intermittences régulières sous un ciel pourtant bleu. J’ai encore fait une looongue insomnie et fut réveillé à une heure indue par le tambourin d’une de ces averses sur le vasistas.

#2594

Chais pas pourquoi, hier soir j’étais persuadé que l’on était vendredi. Fus-je pris dans un sournois décalage temporel ? Je fis en tout cas une insomnie bien bien longue — presque fini de lire le roman de Theodora Goss, décidément une déclinaison de ce genre de motifs et figures dix-neuviémisto-imaginaires infiniment plus subtile que d’ordinaire. Réveillé ce matin par mon fils, pour me dire qu’il s’envole pour l’autre bout du monde ; je suis jaloux (un peu). Enfin, Bordeaux c’est bien doux, quand même.