#2744

Je viens de plonger dans mon tiroir à courrier — je reçois de nos jours si peu de lettres papier de copains qu’un simple tiroir suffit… je voulais réunir ma collection des cartes de vœux dessinées de Patrick M. et sacrédié j’en ai… trente et une ! Ça c’est de la persévérance, et ô combien précieux. Plus une pour un déménagement de Cathy & Roland. Et puis revu de tas de petites choses touchantes, par exemple les deux lettres de monsieur Georges Chaulet. Ou la lettre de rupture d’un garçon prénommé Patrick quand j’étais à la fac, à l’encre bleue. (Sinon j’ai à la cave plusieurs sacs des lettres de ma jeunesse, les correspondances de Roland, de Michel Pagel, de Michel Jeury, par exemple…)

#2739

Sous ce ciel d’étain, avec ce vent aigre et la pluie menaçant, je ne m’attendais guère à trouver à la brocante dominicale moult opportunités livresques, mais allez, cela faisait plusieurs fois que je n’y allais pas, et puis je manquais de victuailles fromagères. Eh bien, ce ne fut pas si mal, il y avait même une partie des Jean Ray en Marabout — mais avec l’intégrale Alma qui vient de s’achever je fus raisonnable. Un peu d’enfantina, aussi, pas sur la photo. Et l’on va rester à s’enfricher chez soi, vu la météo peu clémente. Ce n’est pas comme si je manquais de lectures.

#2733

Dans le flot de tout ce que je lis, torrentiel s’il en est et tous genres confondus, il y a deux auteurs, / deux séries que je saisi avec gourmandise dés parution et qu’en général je me précipite pour lire, aussitôt. Il s’agit des « Bryant & May » de Christopher Fowler (non traduits) et des « Rivières de Londres » de Ben Aaronovitch (traduits). Du polar dans les deux cas, simplement weird dans le premier et carrément fantasy urbaine dans le deuxième — et la nouveauté de ce dernier est arrivée hier matin, j’en ai commencé la lecture hier soir, avec toujours le même plaisir.

Oui, je lis énormément et en permanence — et je ne regarde plus du tout d’images qui bougent, avec la médiocrité du run actuel de Doctor Who, c’est même hélas mes dernières « images qui bougent » qui s’effacent. Alors hier soir, j’ai réalisé qu’il y avait un petit coin du salon qui « manquait » de livres : j’ai poussé à fond contre le mur le bête écran noir et le lecteur argenté de dévédé, et posé devant deux immenses bédés, voilà, c’est mieux.

#2732

Après une mauvaise nuit peuplée de cauchemars confus et de chats ronronnant, j’avais titubé hors de mon lit en me jurant qu’aujourd’hui il ne serait pas question de se rendre à la brocante. Et puis j’ai ouvert les volets sur le soleil d’or et le bleu frémissant d’un dimanche au bord de la froidure hivernale et, comme machinalement, je suis sorti, mes pas allégés par le poudroiement de la lumière. Et brocante ce fut donc, plutôt orientée « cape et épée » avec quelques jolis Paul Féval et Amédée Achard, et puis ce recueil de six nouvelles policières de Jean Giono que j’espérais dénicher depuis longtemps. Lent retour, les rails du tram brillaient sur les quais silencieux, les feuilles mortes craquaient sur les trottoirs, et fourbu je regagnai mes pénates. Une journée à écouter du Joni Mitchell sans bouger du fauteuil orange contre la fenêtre du jardin, en sirotant un thé fumé.