#2685

Avec un temps plus clément, les oiseaux étaient de retour, aujourd’hui : moineaux et merles, ça jasait dans les futaies, je vais vous dire. Et je suis moi aussi allé un peu me balader, histoire de respirer et de m’éclaircir la tête – je dois en particulier revoir tout le découpage de ce que j’espère être mon deuxième court roman estival, un tiers du vieux synopsis ne convenant pas à ce que je veux en faire. Je ressentais d’autant plus ce besoin de parcourir les rues blondes et fraîches qu’après avoir tant remué de vieilles notes oniriques (je travaille beaucoup sur la matière de rêves jetés sur le papier à diverses époques), et si mal dormi ces dernières nuits, je me sentais un peu brassé, besoin d’un peu de réel. Ça c’est fini à Saint-Mich’ devant un thé glacé avec un ami, oui, je suis un rebelle.

#2684

Il est facile de ne pas écrire. Entre les quelques tâches ovines de la fin de la semaine passée et la chaleur accablante de ces deux derniers jours, mes travaux romanesques n’avaient point redémarré. Voilà qui est chose faite – avec comme défi de reprendre deux synopsis de 2003 et de les tisser ensemble avec différents changements et aménagements, afin d’obtenir un (court) roman. Puzzle personnel. On s’occupe comme on peut.

#2674

Par quoi commencer ? Dans mon adolescence, j’ai eu un moment très Club des Cinq. Il faut vous dire que chaque été ma famille, c’est-à-dire le clan familial formé par mon père, mes deux tantes et mon jeune oncle, avec leurs conjoints, enfants et relations diverses, allait en séjour dans les propriétés de mon grand-père : une petite longère de week-end en Touraine et sa haute maison de ville avec la boutique en bas ; deux villas dans un  jardin sous les pins en Pays de Retz (une marche de Bretagne), au bord de l’océan ; et en Limousin, deux grandes demeures mitoyennes, dont une abandonnée, avec cour immense, beau jardin et véritable parc, mangé de lierre et couvert d’arbres. Il s’agissait de mes précieux pays d’été, les lieux d’enfance qui me marquèrent profondément.

La propriété limousine nous y allions très peu, juste un pèlerinage annuel de quelques jours. La maison faisait 11 pièces mais sans chauffage ni eau courante, ni même cabinets. Bref on campait là joyeusement, tant bien que mal, draps rêches, toilette au broc sur le meuble en marbre, repas en commun comme un pique-nique, pipi dans le cabanon de la cour. C’était un retour à un autre temps, c’était des jeux constants, c’était l’aventure.

Un jour, j’arrivai après les autres et mon cousin Philippe, une grande gueule, fit mine de s’étonner que « Comment, tu ne connais pas Yoyo ? » Je me souviens, nous étions dans une rue du centre du bourg, près de l’église, quand j’appris que Yoyo était une cousine locale, Yolène de Carné, qu’en fait nous n’avions jamais rencontrée auparavant. Et une voix de fille nous tombe dessus : « Eh oui, Yoyo c’est moi ». Elle se tenait sur le rebord d’un muret, nous surplombant, et fit la funambule, très crâne, jusqu’au bout de la place. Une rencontre que j’aurai bien vue illustrée par Pierre Joubert.

De cet instant, l’amitié fut instantanée, entière, comme savent se donner les enfants. Cabanes, poursuites, « l’enfer vert » (un immense fusain dans le parc), jeux de toutes sortes, Yoyo fit partie du groupe cet été là et les quelques suivants.

Je ne l’ai jamais revue, la vie est ainsi. Un crabe vient de l’emporter et pour moi, Yoléne sera toujours cette fille aux longues jambes et aux longs cheveux, vive, délurée et rieuse. Mon moment Club des Cinq.

#2672

Je ne sais pour ce soir, le temps étant un peu couvert (j’ai même été réveillé ce matin par une petite pluie, quel bonheur) mais hier soir déjà, la lune était rousse, vraiment rousse, lorsque je suis sorti me promener pour cogiter en marchant à la suite de mon roman. Sur le fond d’un bleu profond du ciel pas encore crépusculaire, cette lune très nette paraissait particulièrement grande, c’était frappant.