Je viens d’observer le vol silencieux des chauves-souris au-dessus du noisetier et des buissons du bosquet, tandis que j’apprenais sans surprise que l’odeur de la fumée commence à parvenir sur Bordeaux.
Archives de catégorie : journal
#6371
Adolescence. J’ai souvenir de la première fois où j’ai mangé de l’oignon rouge. En visite à Toulon pour voir la vieille tante Marthe, nous étions passés par un marché et maman, élevée en Provence, m’avait expliqué que ces oignons d’une étonnante teinte violacée, encore inconnus partout ailleurs en France, étaient courants dans la région. Les oignons rouges demeurent mes favoris, depuis tout ce temps. Souvenir également d’olives et de figues – j’en ai cueillies et dégustées une dizaine, hier soir, des figues noires, mais pour les olives mon petit arbre n’en propose que deux cet été.
#6370
La chaleur constante érode gens et plantes. Le rhododendron est mourant, le fuschia mal en point, le figuier perd ses feuilles. Reste que les trois arbres que j’ai laissé pousser depuis douze ans protègent beaucoup mon bout de jardin et, surprise, depuis hier une cigale grésille dans le micocoulier, incroyable le raffut. Les cigales sont donc monté jusqu’à Bordeaux, il paraît qu’on a quelques geckos aussi, maintenant. Et hélas je suis cerné de sots : à gauche, un voisin qui vient d’abattre ses grands arbres et l’autre qui a transformé l’ancien jardin de la vieille dame en une cuve cimentée, à droite plus d’herbe ni de lilas mais une pelouse en plastique et une piscine. Misère.
« Un monde tout gluant de soleil, d’odeurs de mimosas et de fleurs sucrées, de mouches ivres, d’autos glissant sur l’asphalte mou… » (Simenon, Liberty bar)
#6369
#6366
Pluie d’hier. Assis sous l’auvent à relire mes épreuves, j’entendis grêler des gouttes orageuses, pesanteur tropicale. Sous le ciel changeant, de grosses perles rondes tombaient des nuées grises ou se faisaient aiguilles dorées dans le soleil. Ces hachures humides ne durèrent pas, le linge étendu au-dessus des plants de tomate s’en trouva à peine humecté. Dans le nord du pays, la « forêt pour les dimanches » est en train de brûler. Les ministères parisiens sentiront-ils l’odeur âcre de la fumée ?
