#2733

Dans le flot de tout ce que je lis, torrentiel s’il en est et tous genres confondus, il y a deux auteurs, / deux séries que je saisi avec gourmandise dés parution et qu’en général je me précipite pour lire, aussitôt. Il s’agit des « Bryant & May » de Christopher Fowler (non traduits) et des « Rivières de Londres » de Ben Aaronovitch (traduits). Du polar dans les deux cas, simplement weird dans le premier et carrément fantasy urbaine dans le deuxième — et la nouveauté de ce dernier est arrivée hier matin, j’en ai commencé la lecture hier soir, avec toujours le même plaisir.

Oui, je lis énormément et en permanence — et je ne regarde plus du tout d’images qui bougent, avec la médiocrité du run actuel de Doctor Who, c’est même hélas mes dernières « images qui bougent » qui s’effacent. Alors hier soir, j’ai réalisé qu’il y avait un petit coin du salon qui « manquait » de livres : j’ai poussé à fond contre le mur le bête écran noir et le lecteur argenté de dévédé, et posé devant deux immenses bédés, voilà, c’est mieux.

#2732

Après une mauvaise nuit peuplée de cauchemars confus et de chats ronronnant, j’avais titubé hors de mon lit en me jurant qu’aujourd’hui il ne serait pas question de se rendre à la brocante. Et puis j’ai ouvert les volets sur le soleil d’or et le bleu frémissant d’un dimanche au bord de la froidure hivernale et, comme machinalement, je suis sorti, mes pas allégés par le poudroiement de la lumière. Et brocante ce fut donc, plutôt orientée « cape et épée » avec quelques jolis Paul Féval et Amédée Achard, et puis ce recueil de six nouvelles policières de Jean Giono que j’espérais dénicher depuis longtemps. Lent retour, les rails du tram brillaient sur les quais silencieux, les feuilles mortes craquaient sur les trottoirs, et fourbu je regagnai mes pénates. Une journée à écouter du Joni Mitchell sans bouger du fauteuil orange contre la fenêtre du jardin, en sirotant un thé fumé.

#2727

J’avance toujours. Un peu l’impression de passer mes journées dans la tête de Roland. Ce volume d’interviews (et de quelques documents divers) est passionnant, je trouve. Et se dessinent bien désormais deux autres volumes d’archives, à sortir l’an prochain : un autre YS avec des textes de et sur Roland (articles) + ses parodies + les fragments de fictions tirés de son ordi (dont le premier chapitre du 10e Futur Mystère et les nombreux morceaux du space op qu’il débutait, Interférence) ; et un gros volume intégrale de toutes ses nouvelles, dont plusieurs inédites — je viens de mettre la main sur une nouvelle inscrite dans les Futurs Mystères et écrite en 1999, l’année de Tekrock, j’en reviens pas.

#2725

L’autre soir j’ai réécouté les deux LP des Original Mirrors, dont Roland parle dans l’une des interviews. Je les ai conservés et je les aime toujours, il y a relativement peu de pop-rock des eighties que je supporte encore, mais eux oui, leur mélange curieux de punk, de rockabilly, de sautillement, de froideur, de sonorités acides…

Et puis tout à l’heure, retapant les souvenirs musicaux de Roland, je repensais aux quelques fois où j’ai vu Brain Damage — pas souvent, en fait, juste trois fois me semble-t-il. J’ai le souvenir d’une répète dans un affreux local aux murs couverts de contreplaqué, un jour pluvieux ; je me souviens d’un concert dans une petite salle de banlieue, un bar je ne sais où, un soir ; et puis le concert de clôture de la convention de Paris, à la Mutu, très pro. Mémoire également de Roland me mettant un enregistrement tout nouveau dans le lecteur cassette de la voiture, « La ténèbre », superbe, et lui si content, si fier.

C’est un voyage down memory lane, ce travail d’archives pour le prochain Yellow Submarine. Pas que du triste, loin de là : du tendre, du drôle, du joyeux, on en a fait des délires dans des fanzines, prodigieux ce que nous pouvions être productifs. T’was fun.