#2515

Dans mon salon, des bibliothèques s’emplissent de bandes dessinées, à craquer. J’ai été libraire de BD durant près de 20 ans. Bref, je crois pouvoir dire que je suis assez fan de BD… et pourtant j’en achète fort peu, parmi les nouveautés, de nos jours. Amateur des belles intégrales de chez Dupuis et autres rééditions patrimoniales, je ne trouve en revanche guère chaussure à mon pied parmi l’avalanche de nouvelles créations… Est-ce parce que je deviens un vieux con de la BD ? Sans doute, mais pas seulement. En fait, je me rend compte que si je trouve bien naturel de lire de vieilles BD belges où il n’y a que des héros blancs, je suis de plus en plus gonflé par le manque remarquable d’évolution sociologique du 9e art : absence des créatrices (cf. Angoulême), absence des noirs ou autres personnages non blancs (à part dans Tamara), absence des LGBT (à part dans Tamara)… la bande dessinée demeure surtout le domaine du mâle blanc hétéro, toutes les valeurs de la petite bourgeoisie traditionnelle continuent à y avoir suprématie. En dehors d’une minuscule poignée d’albums, pourquoi n’y a-t-il pas de gays comme personnages normaux et ordinaires, alors que même le cinéma et la télévision n’osent plus les ignorer ? Pourquoi les femelles fortement mamelues sont-elles encore considérées aussi massivement comme représentations acceptables ? Et même les auteurs intellos de nous asséner une idéologie hétérosexuelle pesante, comme les auteurs de L’Odeur des garçons affamés que j’ai lu il y a deux soirs de cela. Dès les premières cases ont voit fort bien que le séduisant garçon est une fille déguisée, et le héros homo d’en être conquis, et de coucher avec la fille, et allez donc – en BD il n’y a de désir qu’hétérosexuel. La bande dessinée franco-belge est réactionnaire, en retard de plusieurs décennies sur le reste des arts et de la société. Consternation.

#2507

La candidature de l’apparatchik Hamon m’attriste et m’irrite tour à tour. Et je ne peux m’empêcher, à propos de l’épisode Jadot, de me souvenir d’une remarquable trahison que les écolos semblent avoir oubliée depuis belle lurette. Je ne parle pas de l’accord de 2011 jamais tenu par le PS, oh non, même pas : je pense à une lointaine élection européenne où le gouvernement Mitterrand, pour flinguer les Verts, avait monté de toute pièce un faux parti. Oui, un parti fictif : ERE, mené par les dénommés Lalonde, Doubin et Stirn, avec un programme écologiste… Et l’entourloupe porta ses fruits : les Verts obtinrent 5% de voix et ERE également 5%, divisant ainsi proprement par deux le poids des premiers. Bien entendu, dés l’élection terminée, le parti ERE disparut sans laisser la moindre trace.

#2506

Cette affaire Fillon est tout de même bien moins pittoresque que l’affaire DSK. Il paraît qu’au dernier TGS (Toulouse Games Show, un immense salon geek) il y avait plusieurs jeunes en cosplay de DSK, avec peignoir et cigare, je doute qu’il y en ait jamais qui se déguisent avec les gros sourcils du cauteleux catho châtelain.

#2497

Le cœur gros. Un grand artiste, dont les récits me touchaient très souvent. Rythme lent et goût de la contemplation, errances dans les rues, gourmandise pour un art culinaire d’une variété stupéfiante, destins d’individus fondamentalement solitaires — quelle force, quelle grâce, quelle beauté, chaque fois je me retrouvais subjugué. J’en ai offert, des L’Homme qui marche ; fut un temps je le donnais à tout le monde autour de moi. Un jour, bien des années plus tard, j’ai reçu un paquet inattendu : le Venise de Taniguchi, chez Vuitton Books, un bel album luxueux — c’était mon tout premier stagiaire, Anthony, à qui j’avais autrefois offert L’Homme qui marche et qui en échange, bossant désormais chez Vuitton Books, me faisait ce beau cadeau.

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