#2734

Hier, j’ai reçu the dreaded blue enveloppe. Gloups. Lorsque j’ai annoncé à mon long suffering assistant le montant des retraites annoncées et que j’allais devoir rester par conséquent au moins dix ans encore, je sais pas, son sourire a pris un curieux aspect figé et il s’est absenté un instant de la liaison Skype en marmonnant un truc sur les tutelles, je n’ai pas bien compris.

#2683

À Londres, la librairie de gauche attaquée par un groupe de fachos et la librairie gay qui voit sa vitrine brisée une nuit… Je ressens une profonde tristesse et une alarme extrêmement vive.

https://www.theguardian.com/uk-news/2018/aug/05/far-right-protesters-ransack-socialist-bookshop-bookmarks-in-london

https://www.actualitte.com/article/monde-edition/une-librairie-londonienne-vandalisee-par-des-nationalistes-de-l-ukip/90321

#2686

Une journée plaisante qui s’achève sur un chagrin : un ami m’annonce la mort de Michel Suffran, le grand écrivain bordelais. Grace à cet ami, j’avais eu la chance formidable de lui rendre visite chez lui, sidérant hôtel particulier empli jusqu’à l’étouffement de livres et de tableaux. Je l’avais revu une autre fois, à la brocante dominicale. Un homme exquis, et un grand auteur qui n’a jamais joui de la renommée que méritait son talent. Quelle tristesse, je ne sais que dire d’autre.

2654

Hier j’ai appris avec choc et tristesse la mort de Mary Rosenblum, une autrice américaine que j’avais un peu publiée et dont j’aimais beaucoup l’œuvre. C’est quelqu’un avec qui j’avais correspondu, agréablement ; elle n’était pas parvenue à faire carrière et se consacrait depuis à conseiller / retravailler des manuscrits. Aux Moutons électriques, son roman Chimère avait été un de nos gros échecs (en 2009), je n’ai jamais bien compris pourquoi. Bref, voici ce que j’écrivais pour l’encyclopédie de Goimard chez l’Atalante qui n’a jamais vue le jour :

Romancière et nouvelliste américaine. Ayant débutée en 1990 dans Asimov’s, elle publie de nombreuses nouvelles de SF (certaines réunies dans Synthesis and Other Virtual Realities, 1996), parmi lesquelles un cycle post-apocalyptique aux tonalités proche de Michael Coney, un futur proche dominé par la sécheresse dans l’univers duquel elle situe aussi son premier roman, The Drylands (1993). À la fin de la même année, elle publie Chimère (Chimera), certainement l’un des plus beaux exemples de l’école de SF « post-cyber » qui fleurit brièvement aux États-Unis en 1992-94. Aux côtés d’autrices comme Melissa Scott ou Kathleen Ann Goonan, elle y illustre une approche à la fois très technologique et humaine de la SF, comme un pont entre la « speculative fiction » (avec de fortes préoccupations pour l’art et la création artistique) et le cyberpunk, tout en s’inscrivant dans le prolongement du « néo-classique » d’un auteur comme John Varley : futur proche, cadre de space opera restreint au système solaire, omniprésence du web et de la virtualité. Son troisième roman, The Stone Garden (1995) relève également de cette approche qui, ayant échouée à séduire un public suffisant, la conduit malheureusement à quitter le domaine de la SF pour celui du roman policier (les enquêtes horticoles de Rachel O’Connor, 4 volumes, 1999-2002, sous le pseud. Mary Freeman). Son éditeur de polar ayant changé, elle revient ensuite aux littératures de l’imaginaire, avec des nouvelles de réalisme magique et de SF, à sa thématique de la sécheresse avec Water Rites (2006) et un nouveau space opera revenant à son inspiration « post-cyber », Horizons (2007).