#4093

Finalement, la ville est revenue, brillante et froide sous un soleil auquel deux jours durant l’on ne croyait plus. Au jardin, les capucines sont froissées par le gel et le géranium de Madère frileusement emmailloté d’un protecteur voile blanc.

#4092

Mais qu’ont-ils donc fait de ma ville ? Revenir de Marmande hier soir c’était confronter devant une gare gommée le fantôme de Bordeaux, parcouru de fumées grises et de brumes blanches. Un simple souvenir urbain, borné d’horizons en coton sous un ciel sans lumière, étouffé et glaçant, où même le soleil ne figure qu’en une étincelle perçante.

#4091

Gageons qu’il s’agira hélas d’un week-end sans marche du samedi matin ni brocante du dimanche matin : 100% de pluie nous annoncent gaillardement les services météorologiques, et je viens d’être tiré des bras de Morphée par l’assaut des batteries du ciel sur mon vasistas, un crépitement liquide brusque et brutal qui interrompit un curieux rêve de voyages dans le temps dans un palais des congrès et de fantôme au néon (don’t ask). Damned and gosh, old bean, de la pluie en hiver, où va-t-on je vous le demande ?

#4090

À mon réveil ce matin, les vasistas se couvraient d’une cataracte et, venant en centre-ville maintenant, je découvre un Bordeaux grillé au blanc, toute la ville baignant dans un bleu laiteux qui repeint les lointains en des tons de cyan poussiéreux sous un soleil bas et aveuglant.

#4089

Allez, hauts le cœurs ! Après tout, et pour se la jouer très perso, on verra bien ce que cette année 2022 va encore me jeter à la figure. En 2021, le monde fut assez méchant (si, si) pour me prendre ma chatte noire Carmilla, pour rendre très malade ma vieille chatte Jabule (mais elle va de nouveau plutôt bien), pour me provoquer un petit AVC le 11 juillet (le grand vertige) et m’en rendre malade 4 long mois durant (croisons les yeux), et ne parlons même pas de la crise du distributeur des Moutons électriques pile en fin d’année (joyeux Noël), alors je ne fanfaronne pas, je dis juste que j’attends les choses sans baisser les bras, en ployant tel le roseau et en construisant de beaux projets. Bonne année, les gens.