#2803

La journée fut idéale, sur le vert de l’herbe, sous les arbres et l’éclat du ciel, avec les bulles du champagne, à rire et papoter avec les cousins et les cousines ; ç’aurait été beau si un copain ne m’avait annoncé alors qu’un vieux camarade venait de succomber à son cancer. Philippe Monot l’Aixois, dont j’avais récupéré l’un des romans dans la bibliothèque de Roland et qui m’en avait dédicacé un autre, l’été dernier. J’ai un peu pleuré dans les bras de ma cousine Sylvie, fait bonne figure le reste du temps je crois, partagé entre les sourires et le vague à l’âme, le cœur gros. That’s life.

#2795

Visite inaugurale ce midi de la Meca, l’arche brutaliste géante qui, au bord de la Garonne à Bordeaux, accueille désormais les trois agences culturelles locales – Le livre et le cinéma, le spectacle, et l’art contemporain – sous un ciel déjà impitoyable. Les instances culturelles seront-elles hantées par les fantômes des abattoirs qui s’élevaient auparavant ici ?

#2790

En vue d’une réédition de l’année prochaine, j’ai remis en page hier le roman Sylvana de Michel Pagel, et comme toujours ça m’a fait « tout drôle » d’en relire des passages et d’en saisir de nouveau l’atmosphère, le cœur un peu serré, tant cette œuvre fait partie de ma propre jeunesse, mes séjours fréquents à Longpont chez Michel, mes relectures du manuscrit, plus tard la réunion d’un gros recueil au Fleuve Noir dans la « Bibliothèque fantastique »… Et puis, le week-end passé nous avons décidé, Michel et moi, de consacrer un numéro supplémentaire de Yellow Submarine à encore un autre dossier Wagner, avec la récupération des chroniques littéraires qu’il tint durant 15 ans dans les pages du magazine Casus Belli… J’ai donc reçu tous les scans et je les confierai la semaine prochaine à un nouveau stagiaire, pour qu’il les « reconnaisse » avant que je ne les traite… Et puis encore, j’ai récupéré ce matin un bon paquet de photos de Roland, par Claude Ecken, et nouveau serrage de cœur…

#2783

Ces mois-ci, je suis à fond dans la littérature populaire : les Moutons électriques développent une collection un peu à part, le « Rayon vert », qui fit une série de cuisants échecs en librairie mais qui, par la grâce du « print on demand », trouve enfin à rebondir de manière plus pérenne. Ainsi, cela nous fait une « ligne » qui ne risque pas de faire de l’ombre aux libraires ni aux diffuseurs, tout en nous apportant un petit ruisseau de vente par correspondance, très faible mais que l’on peut espérer être régulier, sur pas mal d’années. Pas un modèle économique viable en soi, étant donnée la masse considérable de boulot que cela exige, mais une satisfaction malgré tout pour notre âme d’amateurs de littérature populaire et de boulimiques de bouquins. Ainsi ai-je reçu il y a quelques jours l’énorme pavé de polars de Léon Groc et ai-je placés chez l’imprimeur deux titres hier soir, une réédition brochée de Un mois sous les mers de Tancrède Vallerey (1933) et le premier volume de l’intégrale des Teddy Verano, le détective des fantômes de Maurice Limat (1936-1942). Tandis que l’on avance sur le deuxième volume — c’est une tâche lente car OCRiser puis corriger des textes provenant de vieux fascicules un peu effacés ou baveux, piquetés et souvent, hélas, mal scannés (ombre centrale du pli), n’est vraiment pas chose aisée. Ça ira mieux lorsque nous arriverons aux volumes non plus de fascicules mais de romans, qui eux sont déjà presque prêts.

(Photo symbolique : la beauté dans le caniveau !)

#2782

Il y a sept ans, j’avais eu la chance de faire la connaissance de Monique G. Chateau, fille cadette de l’écrivain populaire Léon Groc. Elle était coquette sur son âge mais avait alors 94 ou 95 ans. Je suis allé la voir plusieurs fois, dans son étroit appartement parisien bourré à craquer de livres (dans le couloir il fallait presque passer de profil) et, comme débutait le plan ReLire de spoliation des œuvres du XXe siècle, j’avais finalement signé avec elle un contrat pour certains romans de son père. Nous les avons publié en numérique, comme prévu, mais ne l’avions pas fait en papier et puis, comme maintenant les Moutons électriques développent une vraie collection de rééditions à tirage limité de littérature populaire (déjà 12 volumes réalisés), nous nous sommes dit que le temps était venu. Voici, c’est arrivé à l’instant, le beau bébé fait 818 pages, rien que ça.