#2673

Toute bonne trilogie ne doit-elle pas comporter au moins quatre tomes ? C’est encore ce que je constate, avec mon propre travail : après Sherlock Holmes, une vie et Hercule Poirot, une vie, écrits avec Xavier Mauméjean, et mon Arsène Lupin, une vie solo, voici que pour Halloween prochain la collection de poche « Hélios » va rééditer le Jack l’Éventreur, les morts que j’avais rédigé en compagnie de mon excellent camarade Julien Bétan (et avec des collaborations de François Angelier et Alexandre Mare, excusez du peu). On l’a légèrement retouché et je viens juste de le boucler.

#2687

Quelques souvenirs. Primo, celui d’avoir organisé le prix Rosny aîné durant une poignée d’années en compagnie de Roland C. Wagner, les dépouillements de courrier dans son étrange appartement en rez-de-chaussée à Garches (et le tri de certains bourrages d’urnes tentés par des mégalos un peu stupides), les dépouillements lors des conventions… Secundo, un matin chez mon copain nordiste Philippe C. qui devait partir au boulot mais me dit qu’il allait me présenter une amie, elle allait me plaire ; j’étais assis à la table de petit déj, la copine arrive, une certaine Christine, Philippe s’en va, je commence à papoter avec la copine et soudain Philippe revient et se marre, nous n’avons pas bougé de la table de petit déj et pourtant la journée est presque finie, aurions-nous donc papoté tout le jour, allons donc ? Tertio, des années plus tard, je persuade celle qui est donc devenue mon amie d’écrire un article, puis deux, et devant son excellent boulot je lui dis que je ne vais plus arrêter de l’embêter, faut vraiment qu’elle continue à écrire — et à ma grande stupeur, moi qui pensais à d’autres articles, la voici qui m’avoue qu’elle a commencé à écrire un roman il y a un moment et qu’est-ce que j’en pense ?

Quelques années encore plus tard, ce roman c’est Les Papillons géomètres de Christine Luce, paru aux Moutons électriques, et il vient d’être nominé au prix Rosny aîné — et je suis content.

#2678

Bouclage d’un très, très joli roman (Margot Delorme, nouvelle autrice), c’est ce moment dans ma « vie éditoriale » où je me sens à la fois anxieux et exalté, les ultimes corrections, les derniers regards, puis ce livre partira chez l’imprimeur et il appartiendra bientôt aux libraires, aux chroniqueurs, aux lecteurs… En espérant qu’il leur plaise, à tous, mais comment plaire à tout le monde ? Je n’ai jamais appris, en 15 ans d’édition, à « m’en foutre », à n’être pas touché par les retours, qu’ils soient positifs ou négatifs.