#6368

Presque chaque été, je relis quelques Maigret. Ça me change du reste de mes lectures habituelles, la langue simple et marquée comme d’un accent singulier de Simenon, « sèche » comme on le dit d’un vin blanc, nettoie mon palais, réveille mes papilles. Et même de rares détails vieillots amusent, telle cette Hollandaise comme sur les illustrations de boîtes de cacao, qui n’éveille pour moi aucune image. Il fait froid dans L’Affaire Nahour, Paris en est gelé, et cela aussi s’avère bien agréable par ces canicules. Ensuite, il me faudra prendre un Maigret où il pleut.

« Ici aussi, c’était dimanche, un jour creux, en dehors du temps réel. C’est à peine si, entre les rideaux crème, on apercevait un peu de neige sale, des arbres noirs, la tête mouvante d’un passant ou d’une passante. »

#6350

Pensées décousues d’un dimanche soir. Je m’estime fort chanceux d’avoir eu l’occasion de voir quatre fois des expositions de David Hockney – une fois à Londres, une fois à Paris et deux fois à Rouen. Ses scènes à piscines ne m’inspiraient rien, mais du moment où revenu en Grande-Bretagne il s’était mis au paysage, je fus durablement fasciné. Sinon, c’est le centenaire de Miles Davis. Et je relis un étrange pavé de fantasy, Freedom & Necessity de Brust & Bull, avec fascination et amusement. Au-dehors le monde brûle.

#6328

Reçu avec joie le deuxième volume de ma collection de « polar vintage », L’Empreinte aux éditions Hervé Chopin. Me suis mis à relire les douze romans de la prochaine série que nous reprendrons, ainsi qu’à replonger dans des lectures « nature writing » (John Lewis-Stempel sur la nuit) car je commençais à saturer un peu de n’être que dans la fantasy. Pas abandonné mon « grand projet » pour autant, je viens de commencer un gros article sur Harry Potter, l’une des rares œuvres que je ne relirai pas spécifiquement pour ce guide tant je la connais sur le bout des doigts. J’y cite plusieurs extraits de mon propre blog car il est intéressant d’effectuer ce type de vues rétrospectives. Jardinage aussi : l’hiver je ne mets presque pas le nez dehors mais dès le beau temps, je plante, sème, nettoie, taille et déplace, le rangement des pots et le renouvellement de la palissade constituant un baume de l’âme aussi plaisant que les rangements de bibliothèques.

#6325

Je crains que l’époque des vide-greniers où l’amateur de livres trouvait sa pitance ne soit hélas bien passée, et j’en conçois un certain chagrin. En ce week-end de brocantes, je suis revenu presque bredouille de mes excursions, avec seulement chez un antiquaire des Quinconces un volume américain de 1930, délicieux classique oublié de la fantasy, et très joliment illustré avec ça : Floating Island d’Anne Parrish.