#2567

Pour calmer un peu mes nerfs fort ébranlés, j’ai fait pas mal de rangement ce week-end dans mes bouquins, activité qui me mets toujours en joie (ouais, je sais…). Niveau romans (imaginaire et blanche), j’ai constaté que somme toute si j’avais une PàL elle ne serait pas bien haute, j’ai tout au plus une dizaine de romans de retard… Niveau polars (qui sont également des romans, certes, mais rangés sur un autre mur) la situation est plus « grave », une bonne trentaine de livres en retard… Niveau « nature writing », comme j’économise et espace mes lectures afin de n’en pas manquer en ce domaine, c’est une bonne douzaine… Et dans un coin de la bibliothèque de bande dessinée, qui a encore pris de l’ampleur, j’ai découvert avec amusement deux essais dont je ne me souvenais même pas avoir un jour fait l’acquisition, sur le domaine britannique (ah ah, ils ont l’air très bien).

#2595

Évoquant des romans de fantasy qui se déroulent en cadre contemporain, mon excellent camarade JJR m’écrivait l’autre soir que « ce genre de texte souffre un peu, à mes yeux, de présenter paradoxalement plus de crédibilité dans ses aspects de fantasy ou de fantastique, ici très bien venus, que dans sa partie « réaliste », parfois maladroite, ou trop convenue » … et je ne peux qu’être généralement d’accord avec lui, ayant eu un peu de mal à lire le dernier Charles de Lint, par exemple, où les psychologies de personnages sont toujours un peu gentillettes, brossées avec un pinceau un peu trop épais. Bon, n’arrange sans doute pas que dans ce cas précis, j’ai également été vaguement gêné par le fait qu’un vieux mâle blanc mette en scène toute une galerie d’Amérindiens et leurs mythes supposés. Bref, en fantasy urbaine ce déséquilibre entre surnaturel et réalisme du décor me semble assez bien compensé, le plus souvent, par l’aspect policier, par la manière typiquement polar de camper protagonistes et narration. Mais j’avoue que le manque de psychologie dans les littératures de l’imaginaire me frustre un tantinet, par moments. Disons que c’est une question d’équilibre : à l’inverse, la prétention purement psychologisante d’un roman bourgeois que j’ai lu il y a peu, Call Me By Your Name d’André Aciman, m’a inversement irrité. Outre que c’est situé dans un univers parallèle où tout le monde est blanc, riche et d’une culture classique aussi éblouissante qu’exclusive, chaque petit doute du gamin est détaillé et décortiqué sur au moins trois ou quatre pages, tandis que leur nuit d’amour en fait à peine deux (et provient visiblement d’un hétéro qui ne s’est pas interrogé sur la physicalité de l’amour gay). J’ai trouvé ce roman-là outrageusement précieux, il m’est tombé des mains avant la fin du volume.

À mon goût, point trop n’en faut, quoi, ni dans l’absence complète de psychologie, ni dans la surabondance maniaque de minutieux mouvements d’âme. En fait, formé à la littérature populaire et en faisant l’essentiel de ma diète livresque, je reconnais que je suis sans doute plus aisément « client » de l’aventure pure que des dentelles émotionnelles ; quoique j’ai tendance à équilibrer mes lectures pour éviter les effets de lassitude :  récemment, un Haruki Murakami puis les « Toto Fouinard » de Jules Lermina, suivis d’un Modiano et du Judex d’Arthur Bernède, par exemple… et d’autres nuances : un recueil de nouvelles psychogéographiques par Michel Suffran (Villesonge) et un best-seller américain mêlant SF et fantasy dans un ton que perso je juge un poil trop « young adult » / commercialement calibré pour totalement me convaincre (All the Birds in the Sky, Charlie Jane Anders, pas encore fini).

Le même camarade me faisait le reproche de trop souvent, selon lui, opposer des genres, d’avoir face à mes préférences des « détestations » inverses. J’ai donc songé à sa remarque en relisant le premier Jasper Fforde, The Eyre Affair : de mes lectures des Brontë, Wuthering et Eyre, je conserve certes un souvenir agréable, mais relativisé par un grand romantisme et des éléments gothiques qui n’emportaient pas entièrement mon adhésion — et binaire que je suis, je ne puis m’empêcher de les comparer aux œuvres de Jane Austen, qui à chaque relecture m’emportent vraiment, pleinement. Mais comparer, opposer, soupeser, n’est-ce pas un outil habituel du goût ?

#2592

Je suis dans les dernières pages de ma relecture des « Toto Fouinard » de Jules Lermina, une série policière que m’a préparée mon excellent camarade JDB et qui aura droit à une ovine publication à tirage limité l’an prochain. C’est vraiment délicieux, passionnant et d’une parfaite qualité, un petit chef-d’œuvre du roman policier français très injustement oublié — mais le polar français ne se soucie que de « noir » et tant qu’il ne sera que cette triste littérature pour et par vieux mecs blancs à cheveux gris, qui repeignent juste le beigeasse en des teintes plus sombres… Moi ce que j’aime c’est le roman gris à la Simenon et le roman policier, qui était vert selon Penguin et serait jaune selon les Italiens… Enfin bref, « Toto Fouinard » c’est vraiment le pied, quoi. Un grand bonheur de lecture. Je regrette d’avoir fini (enfin, faut maintenant trouver les deux épisodes qui manquent encore). Et me suis bien amusé en sus du vocabulaire de l’auteur, d’un autre temps — je suis tombé à l’instant sur un « j’ai l’œil américain », expression disparue de nos jours mais que l’on trouvait encore même chez Claude Aveline dans les années 1950.

#2589

Ayant passé une partie du week-end à discuter avec mon excellent camarade Pagel de grands auteurs populaires tels que Dumas, Lermina, Zevaco, Sazie, Féval ou Ponson du Terrail, que reçois-je aujourd’hui, en provenance de chez mon excellente camarade Christine? Oooooh.

L’image contient peut-être : 3 personnes, personnes souriantes

#2576

Allez, je crois qu’il s’agit d’un record personnel : le livre que je lis depuis hier soir est paru en 1987… et je l’ai acheté cette année là… Ce livre restait donc sur mes étagères depuis 30 ans, pile, non lu. Ouch. C’est curieux, je ne sais pas pourquoi mais tout en ayant régulièrement envie de le lire — ce n’est pas un livre juste oublié dans un coin —, je n’y suis jamais venu jusqu’à présent… Pas un roman : un essai, que mon excellent camarade Patrick m’avait conseillé à l’époque : Of Mice and Magic de Leonard Maltin, sur l’histoire du dessin animé étasunien. Passionnant en effet, le sujet m’enchante.