#2702

Chez l’un de mes oncles, dimanche à Budos, le territoire où l’on capte l’eau pour alimenter Bordeaux. Les cloches sonnent l’angélus, les corneilles gloussent dans le laurier géant, les gouttes d’une pluie légère tintinnabulent sur les érables et contre les flancs oranges des citrouilles. De l’autre côté des vignes, un chien aboie. Les poules restent coites.

#2700

D’anciennes demeures fortifiées ponctuent çà et là le sommet des collines, ou parfois le clocher carré d’une église, considérant le paysage depuis la pierre dorée de leur façade avec la sorte de morgue vexée des vieilles personnes qui savent avoir perdu leur rôle social. À leur pied s’éparpillent des ballots de foin comme les pilules tombées de la boîte d’un géant parkinsonien. La rectiligne verte du canal double la voie ferrée en une poursuite immobile. L’alignement des ifs rappellent un peu la Toscane et aux tavelures de soleil des tuiles romaines répondent les feuillages jaunis et racornis des maïs.
(Toulouse-Bordeaux by train)

#2688

Lorsque dans un ciel largement ouvert, champ bleu semé d’immenses bâtisses blanches à l’architecture filandreuse, un nuage soudain cache le soleil, c’est toute la réalité qui devient matte, comme s’il venait à manquer une dimension que nous ne soupçonnions pas.

#2687

Le bas du ciel est tout gribouillé, ce soir. Là-haut s’empilent les longues nuées blanches et les grandes masses grises, sagement rangées au-dessus de la ville, mais dans l’échancrure de la voie ferrée l’on voit au loin des striures, des biffures, des nuages en charpie, quelques coins de bleu, tout un désordre.