Au revoir, Alice Ruaud.
Archives de catégorie : Non classé
#1350
Chez les Moutons électriques, pour parution en janvier:
#1349
#1348
Atroce. Un ami m’avait conseillé de regarder ce soir, sur France 3, une émission à propos de « Second Life ». Bon. Image hyper solarisée, ces couleurs cramées vous brûlent littéralement les yeux, ça commence bien — mode débile et hideuse, cette photo sur-saturée. Le gus qui présente, un type quelconque aux gestes saccadés et au sourire aussi blanc que vide, présente ses invités. Les deux premiers OK, des gens normaux. Et puis commence le défilé des freaks…
Un artiste pornographe, un psychologue à visage bête (tu parles d’un psy, qui ne se rend même pas compte que proférer des « C’est vrai que » à chaque début de phrase révèle toute la faiblesse de ses propos), une universitaire au look et à l’accent de sorcière de série Z, un journaleux visiblement sous influence de substances (il ne regarde jamais personne, ses yeux se barrent dans tous les sens ou se ferment), une poupée de cire absolument rigide… Horrible, horrible. Et de débiter des lieux communs d’une crasse intellectuelle hallucinante, seuls les deux jeunes du début tiennent des propos intelligents, les autres jouent leur personnage de freak, c’est flippant, j’éteins, écoeuré et vaguement effrayé. C’est ça, la télé « grand public »? C’est ça, la télé publique? Je paye une redevance pour assurer les émoluments de ce grand guignol? Youpi. Que du bonheur.
#1347
Un peu de bédé. En particulier, le nouveau « one shot » de Spirou & Fantasio, par Tarrin sur scénario de Yann. Longtemps qu’on l’attendait, ce Tombeau des Champignac. Très amusant, mais le scénar est à l’image du dessin: un peu tordu, un peu trop fou, presque hystérique par endroits, pas totalement maitrisé… D’ailleurs, Tarrin raconte sur son (excellent) blogue avoir participé aux textes. Il y a un peu trop de coïncidences, et certains éléments doublonnent (la sphinge/la zorglonde). J’aime bien la référence à l’homosexualité de Spirou — ce qui me semble depuis longtemps une évidence, et à quoi Tome & Janry avaient déjà fait allusion de manière intelligente. Ici, je m’interroge sur la dernière case: pourquoi Spirou pleure-t-il au départ de Seccotine? Il regrette de ne pas être hétéro? Hum, bizarre. Enfin, il y a aussi pléthore de cases superbes, de moments admirables. Bref, tout cela est un peu mal fichu mais forme malgré tout un très joli ajout à la mythologie Spirou, à laquelle je suis très attaché. Je rêve d’ailleurs d’obtenir un jour le droit de réaliser un « bibliothèque rouge » sur le personnage: je viens de redemander à Dupuis… La première fois, je n’avais pas même eu une simple réponse.
Cette affaire de « one shot » est très plaisante, avec chaque fois des auteurs différents. Le meilleur demeure encore le premier, de Yoann & Vehlman, une splendeur à tous points de vue. Franck Le Gall pour sa part avait opté pour un semi-réalisme un peu en porte-à-faux, manquant un peu d’humour. On nous annonce un Emile Bravo, et j’attends ça avec impatience: cet auteur est d’un talent renversant! Et puis ça changera du dessin para-Franquin. Un Olivier Schwartz est aussi en train, sur scénario de Yann: une jeunesse de Spirou en groom sous l’Occupation. Les premières planches donnent envie, mais l’ombre de Chaland va peser lourdement sur un tel album, assurément. Et puis j’ai relu le Trondheim, du coup: L’Accélérateur atomique. Pour n’être pas officiellement un Spirou (paru chez Dargaud!), ce Lapinot-en-groom est, avec le Yoann/Vehlman, le plus beau des « one shot » et assurément le plus drôle: on annonce aussi un « vrai » Spirou par Trondheim, sur dessin de Fabrice Parme, un duo qui devrait être extrêmement séduisant.
Un lien rigolo: un Spirou pirate à télécharger, en rapport avec les multiples reprises du perso.
Lu aussi Trois ombres de Cyril Pedrosa (chez Shampoing, la collec de… Trondheim). Longuement savouré: non pas que la narration soit dense ni grandes les planches, au contraire, mais le dessin de Pedrosa est un tel bonheur pour les yeux, la moindre case est d’une telle grâce, que je suis resté très très longtemps dans cet album. Quant à l’histoire, elle est absolument touchante, une fantasy retrouvant toute la force de la fable.


