#1311

Absence et exil. Lorsque je me promène dans une ville, que je laisse filer les verticales comme l’on règle sa respiration ; que les mains dans les poches et le nez levé, je m’abreuve du spectacle urbain ; que mes talons heurtent le pavé ou le macadam ; toujours alors je chemine avec une absence. La solitude, c’est pour la plupart des autres moments. Cette absence, la narration impossible à tenir, les commentaires qui ne se prononcent pas, c’est bien sûr le compagnon que je n’ai pas. Une absence familière, que vient souvent tenter de combler des fragments de phrases, celles que je porte ensuite sur ce blogue — lorsque l’humeur et le temps me permettent tel assemblage. Fut d’ailleurs un temps où je portais en poche un dictaphone, pour mieux saisir à la volée ces petits récits.

Absence, donc. Et l’exil? C’est vivre en permanence en-dehors des endroits qui me plaisent le plus. Non pas que je haïsse le quartier où j’habite. Son aspect un peu villageois est plutôt plaisant, des amis vivent tout près, les transports en commun abondent. Mais ce lieu-là, l’ancrage de mon existence quotidienne, se trouve en contraste avec tous les autres lieux où j’aimerai vivre. Sans doute d’ailleurs ai-je eu le tort de ne pas déménager, il y a quelques années. Enfin, soit: c’est parce que je vis là et pas ailleurs, que lesdits ailleurs prennent à mes yeux tant de relief lorsque je m’y rends, où lorsque j’y songe: depuis la Presqu’île de Lyon ou la Croix-Rousse, jusqu’à Londres ou Paris, en passant par Bordeaux. Un exil nécessaire, alors, afin de mieux apprécier, de considérer plus vivement, ces autres lieux qui me séduisent. Une distance pour garder la fraîcheur de point de vue.

#1310

Back to Bordeaux. Plein de photos et plusieurs assez longs textes déjà rédigés mais que je ne mettrais en ligne qu’en rentrant. Hier soir, soirée achevée… tôt, très tôt le matin, dans le bar ouvert par l’un des copains de m’sieur Queyssi, « Les Lutins ». J’ai quelques photos compromettantes. Même temps qu’à Lyon: froid glacial le matin, beau ciel bleu, chaud en fin d’aprem, re-glacial le soir… Curieuse météo tout de même. Curieux paradoxe temporel aussi, des voyages aériens: St-Ex / Mérignac = 1 heure. Mais Mérignac / Bordeaux en navette = 1 h et demi!

#1309

Expédition: départ tout à l’heure en avion pour Bordeaux, puis Dax par train — où je dois faire une intervention sur la fantasy, à destination des bibliothécaires des Landes, en compagnie de Célia Chazel et Fabrice Colin. Ensuite je resterai un peu à Bordeaux, chez Laurent Queyssi. Tout cela va me changer les idées, même si ça ne tombe pas forcément hypra bien, vu mon état de fatigue actuel.

#1308

Journée bateleurs: on ne croirait pas que tenir un simple stand dans une fête de quartier soit une aventure si compliquée… Depuis le voyage vers la lointaine banlieue pour aller chercher des tréteaux chez Isa (nous nous perdîmes copieusement, mea culpa) jusqu’au chargement de la frogmobile de Laurence, en passant par l’instalation de nos titres sur le plateau trop petit (une rallonge de ma table de salon!), ce ne fut pas que simple. Et tout ça pour ça: trois livres vendus. Bah, je ne m’attendais pas à mieux. Et ce fut amusant, une journée au soleil avec des copains — la stagiaire Marine, l’ex-stagiaire Nico, le squatteur Axel (tous les trois sur la photo), le passage de Marie-Pierre Najman, de Thierry Reboud, de Mamzelle Fifi, du Niouk et, pour finir, du Gizmo qui nous véhicula au retour. Fun.

#1307

Dimanche dernier, j’ai rencontré l’auteur québécois Alain Bergeron, qui était de passage à Lyon. Un homme charmant, d’une classe très anglo-saxonne — il m’a fait penser à Jean-Michel Nicollet. Nous avons travaillé sur son recueil (à sortir en mai prochain aux Moutons électriques), revoyant ensemble mes notes et suggestions.

Aujourd’hui, fête à la Croix-Rousse de la librairie « Vivement dimanche », pour leur dixième anniversare. Je vais aller y tenir un stand pour les Moutons, avec ma stagiaire Marine. Le compliqué de l’affaire aura été de trouver la table adéquate (Isa a fait apporter deux tréteaux par son paternel, et comme plateau on utilisera l’une des rallonges de la table du salon!) et le véhicule pour nous transporter. Je ne suis pas motorisé, et je n’ai guère d’amis proches qui le soient. Finalement, c’est Laurence, la compagne de Raphaël Colson, qui va nous emmener. Et Gizmo, le webmaster des Moutons, qui fera le retour ce soir.