#1276

« Writing a novel could be accurately described as a process of continual problem-solving or decision-making. Most of these deceisions are made at the level of the scene or paragraph or sentence: this action or thought rather than that, this word or phrase rather than that. But there are macro-decisions which govern the whole narrative, and there are limits to one’s freedom to revise or modify them once the work is well under way. I have already touched on one of these matters, the handling of time. Another, perhaps the most important, is the question of the point of view from which the story is to be presented, which concerns not only the perspective from which events are perceived, but also the style or vocie in which they are narrated. » (David Lodge)

Mission accomplie: j’ai achevé la rédaction de mon 2e roman. Dans les 500 000 signes. Comme d’habitude, au soulagement d’en avoir terminé avec une telle tâche, succèdent aussitôt les anxiétés: mon style est-il assez bon, l’intrigue est-elle intéressante, ne présente-t-elle pas de brèches de logique interne, la gestion des voix est-elle convaincante, le début n’est-il pas trop semblable au premier roman, la suite n’est-elle pas trop différente du premier roman, le fait que la plupart des chapitres sont plutôt de nature dramatique que performative ne va-t-il pas déplaire? etc etc. Je crois savoir juger mes propres essais, mais pour la fiction, en revanche… Enfin: j’entame ma première relecture complète.

#1275

Mes parents habitent dans un quartier qui se nomme La Villette, comme celui où je vis à Lyon, mais la ressemblance s’arrête là. Les rares fois où j’ai l’occasion de me rendre dans le village à côté de chez eux, je m’attends toujours à croiser le gros taxi rouge de Oui-Oui. Les petits pavillons s’alignent sur des pelouses d’un vert télétubesque, tout est pimpant, propre comme un sou neuf. Il faut dire que, les centrales nucléaires de Chinon se trouvant sur leur territoire, la commune a plus d’argent qu’elle n’arrive à en dépenser, et elle se suréquipe donc, avec débauche de fleurs dans les rues, trottoirs partout, etc. Tout est sur une petite échelle, celle d’une étonnante banlieue sans ville: nous sommes à Jouetville.

#1274

Entre deux quintes de toux (rhume des foins, merci la campagne) et deux averses, je parviens à m’installer un peu sous le pommier pour écrire, le reste du temps dans la véranda. Je viens de dépasser la barre des 400 000 signes. Reste moins de 100 000 pour finir le roman, je pense. L’affaire de 4 ou 5 jours de travail sans trop me presser.

#1273

Il pleut. Tant pis: je travaille, j’avance bien. Dans les 30 000 signes par jour. Comme d’habitude, des doutes, bien sûr: n’est-ce pas trop contemplatif, ce chapitre? Et celui-là, est-il trop bavard? Enfin, je suis content d’écrire. La pluie fait un bruit assourdissant au-dessus de moi, sur le toit de la verrière. Le jardin est gorgé de vert.