Den Haag. Suis a La Haye pour la semaine, et je tape sur un clavier qwerty. Semaine studieuse: je travaille sur mon deuxieme roman (une suite de la Cité d’en haut), et tiens le rythme pour le moment de 20 ou 30 000 signes par jour. A raison de près de 8h de boulot à chaque fois, je ne sais pas si c’est bien rapide, mais enfin j’avance, avec plaisir. Quelques promenades tout de même, aussi, au centre de La Haye, dans le quartier des ambassades ou sur la plage de Scheveningen. Aujourd hui, le musée municipale, un peu décevant car ils n’exposent plus la collection permanente. Studieuse semaine, disais-je: presque monacale, même, puisque je loge à la Nonciature apostolique. Ambiance feutrée, propice à la concentration.
Archives de catégorie : Non classé
#1205
Dans mon horizon éditorial, soudain je me sens orphelin: après Jean-Pierre Hubert, qui avait guidé mes premiers pas dans les métiers du livre, c’est Patrice Duvic qui est parti dans la nuit de samedi à dimanche. Depuis quelques années, il était en quelque sorte devenu mon mentor: un ami cher et proche grâce auquel les Moutons électriques avaient démarré, qui me soutenait et conseillait dans cette entreprise. Je n’arrête pas de repenser à toutes nos discussions, à toutes nos rencontres, dans son grand appartement de Lyon, dans son petit appartement de Paris, dans des bistros, dans des restos, dans des salons… J’essaye de saisir mentalement ses gestes, ses sourires, sa parole, de dérouler en caméra interne ce que je savais de lui. Le catalogue 2007 des Moutons électriques vient de sortir de l’imprimerie et il ne l’aura pas vu, qui porte sa très belle couverture.
(photo par Claude Ecken, « une de ses dernières étincelles » dixit Claude)
#1204
Hier soir, j’ai lu Moominvalley in November. C’était le seul roman de Tove Jansson que je n’avais pas encore lu. Il a enfin été réédité et ce huitième et dernier tome de la série des Moumine est, comme d’habitude, superbe et bouleversant. Situé dans le prolongement du précédent, Papa Moumine et la mer, où les personnages principaux partaient s’installer dans un phrare, sur une île, et se trouvaient confrontés à la solitude, ce roman-ci voit un petit groupe de personnages secodnaires avoir envie de retourner dans la vallée des Moumine, où ils ont laissé de beaux souvenirs. Poussés les uns par leur dépression, une autre par sa névrose, une autre encore par sa fantaisie, d’autres par leurs rêves ou leur musique, ces petits personnages découvrent que la maison des Moumine est vide. Ils s’y installent, essayent de constituer une communauté. Puis repartent, réssénérés, tandis qu’au loin sur la mer s’approche le batau des Moumine qui reviennent pour hiberner… Douleur et douceur, un style merveilleusement évocateur, une poésie contemplative (pas étonnant que les Japonais aiment tant Tove Jansson): tout concours à une lecture enchanteuse et touchante.
#1203
Lectures très pulps ces derniers jours: j’ai fait suivre le premier volume de « Zarkon, Lord of the Unknown » (un décalque de Doc Savage par Lin Carter, « The Nemesis of Evil », datant de 1977 — très amusant), d’un drôle de petit livre carré que j’avais acheté je ne sais plus quand. Une adaptation en roman du Green Hornet (le Frelon vert), dans sa version radio des débuts. Etrangement, l’objet propose le texte sur les pages de gauche et un dessin carré sur la belle page, chaque fois. « The Green Hornet Strikes! » par Fran Striker date de 1940. La curiosité est notamment de découvrir que le justicier portait à l’époque non pas un masque mais une sorte de cagoule sur le bas du visage. Et du coup, j’ai également lu « The Case of the Disappearing Doctor », un roman datant de 1966, l’année de la série télé. Là aussi, l’objet est joli, un hardcover avec ses illustrations et culs de lampe imprimés en vert. Me reste encore à lire un dernier roman du Frelon vert, datant également de 1966 mais en poche celui-ci.
#1202
Mon copain Sam est trop fort: grâce à lui, le Fiction virtuel a été lu sur un des tous premiers modèles (japonais) de livre électronique, à savoir sur le PRS 500 de Sony. Gageons que fort peu de productions éditoriales françaises auront déjà été « testées » ainsi sur un tel lecteur — certainement l’un des avenirs du livre.

