#1041

Jausiers. Basses-Alpes seulement de nom. Le citadin que je suis redécouvre chaque fois la montagne avec un peu d’émerveillement. Pique-nique en altitude au bord d’un torrent, paradisiqaque. Une cascade, une foumilière d’aiguilles de pin, une petit île de galets, le vaste tapis de la prairie. Les sapins qui descendent jusqu’au bord de notre alpage sont d’une douceur de peluche, les aiguilles si vertes et si douces: ce sont des épinettes, m’apprend mon guide (presque) indigène. Le lendemain, promenade de l’autre côté de la frontière. Bien nommé Piémont, où la montagne s’interrompt soudain pour laisser place à la plaine. Cité de Cuneo, j’emplis mes yeux et mes poumons d’une ville que je ne connaissais pas, toute de voûtes ombragées, d’églises romanes au portail baroque, de façades isabelle et de murs roses. Une librairie: en Italie aussi, ils ont des « hardcovers ». Bon sang, somme-nous donc le seul pays assez sot pour ne pas publier de ces beaux ouvrages reliés « en dur »? Quelle tristesse. J’avais déjà constaté tant aux Pays-Bas qu’en Catalogne que les « Hardcovers » existent là-bas aussi. Quelle absurdité culturelle fit que les éditeurs français ne lancèrent jamais ce format?

#1040

Lambesc. Tous volets fermés, la grande maison provençale reste à une température presque raisonnable. Installé dans le salon, assis sur une chaise en métal de Mallet-Stevens, je tape sur mon tout nouvel ordi portable, en profitant tout de même d’un peu de lumière naturelle — à l’autre bout de la pièce, un carré de jour jette sur le carreau des reflets blancs qu’une rangée de bouteilles en verre bleu teinte légèrement. Ce seul aperçu de l’extérieur me sauvegarde de la claustrophobie estivale. Et puis, tout de même, le matin presque jusqu’à midi, et le soir après que le soleil ait plongé derrière les collines nous pouvons de nouveau profiter de la vaste terrasse, respirer, guetter un gecko sur le mur ou admirer les effets des nuages avec le coucher. Des orages grondent, s’éloignent sans déverser une goutte.

#1039

Back home. Il fait délicieusement frais, fort heureusement, alors que je craignais de revenir dans une fournaise où il est difficile de travailler. Sans accès à une connexion, au coeur de la Provence puis haut perché dans les Basses-Alpes, j’ai cependant rédigé quelques entrées de blogue durant cette « deuxième jambe » (anglicisme) de mes déplacements estivaux. Je les posterai jour après jour, je pense.

#1038

Surprenant, de retrouver la trace d’un copain perdu de vue… dans une anthologie de bédé internationale. Je lis les Flight, et voici que je tombe sur un récit se déroulant à Lyon, à la librairie Temps-Livres… Eh, mais ça parle de Flo?! Eh bien oui: c’est par Nicolas Seigneret alias Bannister. Amusant.

La communauté de jeunes artistes qui s’est formée autour de Kazu Kibuishi et des anthos Flight est particulièrement séduisante, dans son amour des récits pour la jeunesse, dans son approche graphique qui rompt les limites comics/bédé/manga, en plus bien sûr de son origine dans les créations web.

Bon, sur ce: j’étouffe atrocement, dans mon appart lyonnais surchauffé! Ce n’est pas vivable. Je repars donc demain matin, pour de lointaines contrées (Provence, Basses-Alpes) dénuées de connexion web, alors, @ plus.

#1037

Après la soirée passée sur la plage, dans la lumière déclinante du soleil et la fraîcheur montant de l’océan, encore une délicieuse soirée hier soir à Bordeaux. Siroter un thé glacé auprès de la cathédrale St André. Se promener lentement jusqu’au cours du Chapeau Rouge puis sur les quais… Hélas, retour aujourd’hui dans l’infernale fournaise lyonnaise. Dans les 32° dans l’appart, qu’humains et félins ont déserté pour un prudent séjour en banlieue. Rude climat! Je repars après-demain pour la Provence: pourquoi tant de soleil, je vous demande un peu?! I hate that, I really do hate that.