#708

Je débute l’année dans une sorte de reading frenzy, ma foi fort agréable. Sur la suggestion d’un ami, j’ai relu et lu tous les tomes de la BD Capricorne d’Andréas, une série de neuf volumes d’une admirable complexité — une sorte de SF tenant du Shadow et de Doc Savage, rétro sans être steampunk, tordu comme jamais les pauvres scénaristes d’X-Files n’en ont seulement rêvé. Le tout avec un dessin singulier, tirant ses influences à la fois de la « ligne claire » belge et des gravures anciennes, avec un sens unique du découpage.

Maintenant, je dévore des nouvelles de F&SF, afin d’alimenter les listes de lecture en vue de l’anthologie périodique que je vais publier (premier tome en mars) — j’entends d’ici le grognement de souffrance de mon comité de rédaction, déjà surchargé.

F&SF est une source d’une incroyable richesse, et se plonger dans ses sommaires une gourmandise toujours renouvelée. Notamment, ce sont les novellae qui m’enthousiastent: voilà bien la forme maîtresse du récit de science-fiction. De longues nouvelles formant à elles seules, chaque fois, un roman, avec toute la structure en condensé. Tout le plaisir, sans les longueurs. Ainsi les Ian Watson et les Kate Wilhelm que je viens de lire: admirables de densité et d’intelligence.

PS: éditeur de nouvelles anglo-saxonnes cherche traducteurs bénévoles, urgent!

#706

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Chacun ses peurs: pendant que nos médias se gargarisaient sur les 700 touristes blancs, alors que ne cesse de grimper le décompte des centaines de milliers de morts du tsunami, pour ma part j’avais des craintes pour l’ami Thomas Day (en fait non, il réside au Cambodge et n’a même pas senti le tremblement) et pour le maître Arthur C. Clarke.

Fascinant, lorqu’un lieu imaginaire s’avère réel: Burgh Island n’est autre que le décor des Dix petits nègres et des Vacances d’Hercule Poirot (Evil under the Sun).

Belphégor est « une revue internationale arbitrée de niveau universitaire, consacrée à l’étude des littératures populaires et de la culture médiatique ». En clair: un webzine sur la littérature populaire — et si cette initiative est pleine d’intéret, je regrette cependant qu’encore et toujours le merveilleux et la science-fiction demeurent les parents pauvres d’universitaires malgré tout très inscrits dans les moules officiels de la pensée et de la littérature reconnue.

Jeff Vandermeer sur son blog Vanderworld: I never understand readers who insist on being able to « locate themselves » in a book before they can be interested in it – reading, to me, seems all about the whole intriguing business of encountering difference.

Et le même nous conseille Crime Culture, un webzine universitaire consacré au polar.

La multi-traductrice, tendance schizo, Sylvie Miller, se lance elle aussi dans un blog.

Blog toujours: j’adore les « short shorts » de Jim Dedieu, superbes, et pourtant c’est là un exercice hautement périlleux.

Un superbe générique de série. Jamais vue, mais le travail graphique est exemplaire.