#539

Une lecture submergeante: L’Histoire de la littérature américaine (1939-1989), par Pierre-Yves Pétillon (chez Fayard, réédition récente). Pour le moment je m’étais contenté d’y picorer, hier soir j’ai commencé à le lire de manière complète, depuis le début.

Submergeante, forcément: cinquante années d’effeverscence littéraire, le sujet vous déborde, vous captive & vous engloutit, des flots & des flots de livres, tant de connaissances à absorber… Pétillon a la grâce du commentateur selon mon coeur: érudit sans être pédant, ouvert d’esprit (il connaît aussi bien la science-fiction que le reste de la littérature), équilibrant l’approche biographiste & la critique immanente, tout en sachant écrire — belle plume, l’animal! Et toujours cet élan: la volonté de convaincre le lecteur, de lui faire partager en un instantané les plaisirs de lecture & la curiosité intellectuelle. C’est également pour cela que je lis Pétillon, bien sûr: comme une leçon de ce qu’il faut faire en matière de commentaire littéraire. J’espère y apprendre, un peu plus, cet art qui me plaît tant d’une sorte de critique littéraire panoramique — ni chronique d’actualité ni analyse pointue, mais survol gourmand & éclairant d’un domaine ou d’un auteur…

Quant à la littérature américaine moderne, il s’agit finalement d’un sujet que je connais assez peu — en apprendre plus ne saurait me faire du mal.

Rien à voir: David Calvo est fou, ça on le savait. Mais à ce point? Ça promet d’être grave… 🙂

#538

« But you could smell the sea — though you couldn’t see it — and hear it, and even at night feel that cast emptying-away of the sky to the west where the headlands fall into the Atlantic like folds in a velours cardigan. » (M. John Harrison, « The Course of the Heart »)

#537

Un petit chat étranger: son maître étant partit en vacances pour quinze jours, j’ai accepté de le garder.

Ce qui ne va pas sans quelques problèmes de « gestion féline », les deux chattes n’appréciant pas forcément (la mère l’ignore et la fille souffle/grogne). Après une journée planqué dans l’évier de la cuisine, à surveiller vaguement les mouvements autour de lui, le jeune matou semble rassuré & fait même des câlins — mais les filles, elles, ne l’acceptent pas encore.

La nuit fut relativement bruyante, entre grognements, souffles, bonds sur les meubles. Réveillé plusieurs fois, j’ai maintenant un tenace mal de crâne… C’est mignon mais c’est chiant, ces bestiaux…

#535

Tss: mille choses à faire, mille choses à prévoir, & du coup je néglige un peu ce pôvre blog.

Lectures? Quelques kilogs de romans français de fantasy, parmi lesquels le Sylvie Denis tout juste paru, qui m’a l’air bien prometteur. Plus le Fabrice Anfosso, un Philippe Monot, bientôt un Catherine Dufour… Il me faut rattrapper un peu de retard en la matière, en vue de l’écriture d’un article. Sinon, fantasy tojours, je suis dans Fitcher’s Brides de Gregory Frost, tout en me délectant par ailleurs du délicieux Neighboring Lives de Thomas Disch — pas du tout SF ou fantasy malgré l’auteur: ce roman de 1980, méconnu, traite de la vie quotidienne à Cheyne Walk au XIXe siècle. C’est-à-dire: les artistes préraphaélites de Chelsea & leurs voisins & amis & relations, genre Thomas Carlysle (une sorte de Jules Michelet anglais), Whistler ou Lewis Carroll. Sublimement écrit, léger, captivant, d’une intelligence & d’une culture admirables, je regrette de ne pouvoir me consacrer à sa seule lecture tant j’y trouve de bonheur.