#810

Ce matin, à la presque fraîche, je suis allé à la Poste – zut, encore un invraisemblable SP des ahurissantes éditions Bénévent, mais comment font-ils, c’est du compte d’auteur ou quoi? Enfin bref, au retour je traverse la petite place Ste Anne, sur un des bancs de laquelle sont assis deux petits vieux. L’un d’eux déclare:

« Des girafes, y’a des endroits, y’a que ça. »

#809

Miam: il faut suivre les enquêtes de Jonathan Creek, sur France 4: une série policière britannique savoureuse. Des intrigues amusantes et bourrées d’idées tordues, à base de meurtres en chambre close et autres crimes impossibles. Le tout résolu par un jeune prestidigitateur grassouillet et indolent, joué par Alan Davies (le « Bob » de Bob and Rose). Tous les mardi et mercredi soirs.

#808

Dans la glorification du « travail », dans les infatigables discours sur la « bénédiction du travail », je vois la même arrière-pensée que dans les louanges des actes imeprsonnels et conformes à l’intérêt général: la crainte de tout ce qui est individuel. On se rend maintenant très bien compte, à l’aspect du travail — c’est-à-dire de ce dur labeur du matin au soir — que c’est là la meilleure police, qu’elle tient chacun en bride et qu’elle s’entend vigoureusement à entraver le développement de la raison, des désirs, du goût d l’indépendance. Car le travail use la force nerveuse dans des proportions extraordinaires, et la soustrait à la réflexion, à la méditation, aux rêves, aux soucis, à l’amour et à la haine, il place toujours devant les yeux un but minime, et accorde des satisfactions faciles et régulières. (Friedrich Nietzsche, Aurore, 1881).

#807

Hier matin, traversant le centre commercial près de chez moi, j’ai vu une de ces idées horriblement idiotes dont les grandes sociétés commerciales ont le secret. Un parfumeur affichait en immense « Bar à ongles ». Brrr: aussitôt, je me suis mis à imaginer un comptoir de bar où s’agiteraient de gros doigts, que viendraient grignoter les personnes habituées à se ronger les ongles…

#806

Non, je n’ai pas réagis en direct aux attentats de Londres. Un peu traumatisé, bien sûr — eh, c’est « ma » ville. Ma ville de coeur, je veux dire. Justement moi qui crève un peu de ne pas avoir les moyens d’y retourner, en ce moment… Enfin, trouvé une jolie citation sur le blog de mon oncle Jean, tirée du Monde:

« En ce jour si particulier, faire comme si de rien n’était : face à la vague d’attentats qui les a frappés, jeudi 7 juillet, les Londoniens ont répondu par ce flegme qui est leur forme suprême de résistance. Surtout ne pas presser le pas, ne pas céder à l’émotion, ne pas changer les habitudes pour ne pas offrir de satisfaction à leurs adversaires devant les caméras du monde entier. Affecter, au contraire, cette sérénité un peu dédaigneuse qui est l’armure des mauvais jours. Celle que n’ont pu percer les bombes de l’IRA. Celle qu’affectaient déjà les anciens face à l’aviation allemande lors du Blitz en 1940. »

Johnny a d’ailleurs eu l’excellente idée d’envoyer un petit mail à Mme Valotti, la propriétaire de notre hôtel favori: Alhambra Hotel, un petit établissement pas trop cher situé dans une bâtisse pré-victorienne (1851) près de King’s Cross. Ils servaient le breakfast lors de l’explosion.