#528

Remarquez, mon précédent titre de blog * relevait également de l’allusion aux littératures du merveilleux, puisque le never-neverland est le pays enchanté de Peter Pan — renommé en français « pays de nulle part ».

Et comme ma vie s’accompagne toujours de musique, progressive si possible, « Neverland » se trouve aussi être le titre d’un morceau de marillion — pas encore sortit, à venir sur leur prochain album, mais déjà entendu sur un enregistrement de concert.

Enfin, je viens de porter la hi-fi chez le réparateur, et le magnétoscope vient aussi de tomber en panne. Pile au moment où nous venions d’acheter un lecteur DVD de salon & de brancher icelui sur la chaîne afin d’avoir un beau son… « Sac à papier! », comme dirait le comte de Champignac. Pas de chance. Je sens que le temps va sembler long, d’ici le retour de la chaîne… Parce qu’hélas, le son du téléviseur est plus que médiocre…

(* j’aime bien l’idée d’en changer de temps à autre, juste pour le plaisir)

#527

Ah, Alice… Plongé jusqu’au nez dans le merveilleux, je retombe sur cet adorable poème de Lewis Carroll…

C’est brillig et les slithy toves

Gyre et gimble dans le wabe:

Mimsy sont tous les borogoves

Et les mome-raths outgrabe.

Et d’ajouter que « brillig » veut dire quatre heures de l’après-midi… Tiens, ça ferait un chouette titre de blog ça, non?

Et André de se mettre en fond musical le morceau « Twas Brillig » de Hugh Hopper & Robert Wyatt, dont il a ainsi enfin compris le titre. 😉

#526

À défaut de me rendre hier à Roanne comme prévu, pour voir l’expo Marquet, je me suis rabattu aujourd’hui sur une expo de la bibliothèque de la Part-Dieu — juste à côté de chez moi. Le Médecin et le criminel, voilà un titre qui ne pouvait manquer d’attirer mon attention.

Lyon se trouve être le berceau de la médecine légale moderne, par l’action du Professeur Alexandre Lacassagne, un auguste chercheur & érudit (1843/1924), qui n’a pas laissé derrière lui seulement le nom de la triste avenue qui passe à deux pas d’ici, mais a surtout ouvert (avec son collègue italien Lombroso) les portes de l’anthropologie criminelle & de la médecine légale. Des domaines dans lesquels l’ont ensuite suivi son élève, le Docteur Edmond Locard, qui acheva d’en poser les fondations, toujours valables de nos jours.

Passionnante exposition, donc, pour un passionné de romans policiers & d’enquêtes criminelles! Une quantité impressionnante de documents, pour un parcours qui débute avec l’affaire Vacher, « le tueur des bergers »: premières pages de la presse de la Belle Époque, photos, reconstitutions, autographes du criminel, pièces du dossier, etc. Le Juge et l’assassin, mais en vrai. Puis ensuite toute la carrière de Lacassagne, et ses descendants, au premier rang desquels Edmond Locard. Une expo singulière, parfois inquiétante, en tout cas instructive: la naissance de la police scientifique & du rôle du médecin comme expert, comme des éclairages typiquement « polar » de notre société.

#525

Il sera dit que je me lève tôt, ces jours-ci. Ce matin, ce fut vers 8h — réveillé, mais par quoi? Du diable si je le sais. Le silence, je crois bien. Le silence de la neige, qui tombait doucement mais assidument, couvrant déjà les toits d’un duvet blanc. Las, à l’heure où j’écris ces lignes il n’y a plus rien.

Que lis-je en ce moment? Eh bien, notamment de la fantasy française. Et du polar anglais.

La première, c’est en vue d’un article que j’essaye de trousser sur la question — pas chose aisée, lorsque l’on sait quelle avalanche la production représente depuis quelques années en la matière. Je dois donc revendiquer ma subjectivité & effectuer des choix, ne parler que de ce qui m’attire réellement… Mais même ainsi, j’avais bien du retard. Je picore donc actuellement dans plusieurs romans à la fois: Sardequins de Philippe Monot (heureuse surprise, léger & excentrique à souhait), un Catherine Dufour (emprunté mais pas encore commencé), Le double corps du roi de Bellagamba & Day (belles plumes mais intrigue trop violente pour être tout à fait ma tasse de thé), un Sanvoisin pour ados, le premier Érik Lhomme idem…

Quant aux polars anglais, c’est d’une passion personnelle qu’il s’agit. Dans l’idéal, ce que j’aimerais trouver c’est un auteur qui soit à la fois très littéraire (style), très classique (enquêtes à la Agatha Christie, pour simplifier) & très anglais (décor londonien si possible)… J’ai déjà trouvé mon bonheur avec Cyril Hare (mais hélas ses romans ne semblent plus disponibles), avec Colin Dexter (les enquêtes de l’inspecteur Morse) et avec Nicolas Freeling (enquêtes amstelodamoises). Mais je continue à farfouiller parmi la multitudes d’auteurs de polar… Ainsi, je viens de lire un Douglas Hill — sympa, amusant, bien fichu, mais aucun style hélas —, un Anne Perry — du faux victorien, fort bien fichu & bien écrit, avec la psychologie en plus — & je commence un Martha Grimes…

#524

À 2h35 du matin un claquement sec résonne dans l’appartement. Je ne me lève pas tout de suite mais ai les yeux grands ouverts & les oreilles aux aguets. Qu’est-ce qui est tombé? Au pied de mon lit les deux chattes échangent petits miaulements & lèchouilleries. Ne retrouvant pas le sommeil, je me décide à me lever, d’ailleurs il fait un froid glacial, je vais aller remonter le chauffage. Sur le pas de la porte de ma chambre, les coupables: un petit tas de cartes postales & de plaquettes diverses (fanzines etc), qui se tenait jusqu’à présent au bord d’une haute étagère. Zut. Je l’enjambe, vais à la cuisine tourner le bouton de la chaudière.

Mais ensuite: impossible de me rendormir, bien sûr. Au dehors gronde & siffle & secoue un véritable jabberwock, la pluie cingle les vitres, le vent gémit… Une rafale plus forte fait même trembler l’immeuble — pas étonnant que ce tas de documents ait chuté. Cotonneux, nauséeux, une crampe dans la jambe droite, je me tourne & me retourne. Patiente Nina qui demeure blottie contre moi, mignon chat en boule, en dépit de moult froissements de draps & secouages d’édredon. Sa fille n’a pas tant de retenue, cette nuit: Drusila d’ordinaire si calme, si endormie, semble électrisée par la tempête. Petits miaulements, griffes sur la moquette, jeu avec une planchette bancale… Et lorsque cela ne suffit pas, hop! un saut sur mon lit, pour provoquer Nina. Raté? Hop! nouveau saut, bon sang, maudite chatte! Pchh, fout l’camp!

En rêve & hors rêve, va-et-vient d’insomnie, je suis quelque part à Londres avec Olivier, ouvre un oeil, toujours la lune blafarde & les doigts grêles de la pluie, me retourne, Londres encore puis un cauchemar indistinct, déjà oublié, et encore les gifles brutales de l’averse qui redouble d’intensité contre la fenêtre… Au petit matin je sens enfin que Morphée veut bien de moi, un peu: BANG! Dans le grenier au-dessus, le fracas soudain d’une porte, délogée par le vent! Ce dernier coup marque la fin des hostilités, la bourrasque chuchote puis se tait, la ville retrouve son silence — juste avant que le réveil d’Olivier ne vriiiiiiiiille le demi-jour grisâtre, réduisant en lambeaux mon faible voile de sommeil.