#372

« Il n’avait jamais vu la mer, il la regardait en ouvrant ses deux yeux, et il dit se parlant à lui-même: « C’est curieux tout de même, ça donne tout de même un aperçu de ce qui existe », appréciation que j’ai trouvée profonde et aussi émue par le sentiment de la chose même que toutes les expressions lyriques que j’ai entendu faire à bien des dames. »

(Flaubert, Par les champs et par les grèves)

#371

De quoi fut faite ma fin d’année, du côté des lectures?

Essentiellement de gros bouquins d’art — pas seulement feuilletés, mais réellement lus: ayant achevé le catalogue sur Manet, Monet et la gare St Lazare, je me suis plongé dans la Provence des peintres, ai suivit les chemins vers l’abstraction avec Mondrian, suis allé voir du côté du Made in USA… (tous des catalogues publiés par la Réunion des Musées Nationaux)

Et puis, en me rendant chez ma soeur pour Noël, j’ai lu tout de même un roman — La vérité sur l’Affaire Savolta d’Eduardo Mendoza, trouble drame politico-financier dans la Barcelone de l’après-1917. Noir & fascinant, et d’une construction intéressante.

Récemment, j’ai dévoré Azazel de Boris Akounine — longtemps que j’avais envie de lire cet auteur géorgien de polars, mais leur édition en grand format est si laide! Heureusement, voici venir quelques 10/18 (assurément, si je lisais des traductions cette collection-là me suffirait!) Et le plaisir de lire fut au rendez-vous: délicieusement rétro, perso bien campé, va-et-vient entre Moscou & Londres, style délicieux (belle traduction, donc) il y avait bien longtemps que je n’avais autant apprécié un « rétro-polar »… Il me tarde de lire d’autres opus de ce monsieur Grigori Chalvovitch Tchkartichlivi (que n’utilise-t-il pas son véritable patronyme, hallucinant d’exotisme?!).

Quant à mon ami Gilles Dumay, il me fit lire pour Denoël (fiches de lecture, as usual) l’étonnant The Impossible Bird de Patrick O’Leary — abondamment cité ici durant ma lecture. Un roman excitant & provocant, mais pourtant quelque peu décevant en définitive… Je posterai ici ma fiche de lecture, donc inutile de me lancer tout de suite. D’autant que je ne sais pas encore tout à fait définir ma déception.

Et si le Boris Akounine me plongea dans une ambiance russe qui sied particulièrement bien à mes propres travaux d’écriture (mon détective privé est anglo-russe), les deux ouvrages suivants proposés en lecture par Denoël rejoignent le cadre san-franciscain de la nouvelle à laquelle je travaille en ce moment: des polars/SF de Richard Paul Russo. Le peu que j’en ai lu pour le moment semble puissant & passionnant.

#369

Miami, Thaïlande, Myanmar: des cartes postales aussi inattendues qu’exotiques, dans la boîte aux lettres ces dernières semaines. Et quoique je ne rêve pas à des destinations aussi lointaines, j’envie tous ces amis voyageurs. Quelle sottise: je suis allé à San Francisco une seule fois, il y a combien d’années? Six ans, sept ans? Et n’ai jamais trouvé le moyen d’y retourner: pas assez d‘argent. Que d’occasions perdues, alors que Bruno qui vit là-bas pourrait me loger. Mais toujours l’argent…

Alors je voyage immobile: recroquevillé sur un banc au centre commercial, ou sur une chaise à la bibliothèque, une petite heure par jour je pars à San Francisco faire enquêter mon détective privé. En essayant de me souvenir des paysages & des émotions de San Francisco.

Parlant de voyages, je viens d’en refuser un qui s’annonçait rébarbatif: pour Gérarmer, le festival du film fantastique. Une complète galère pour s’y rendre en train, non merci.