Presque chaque été, je relis quelques Maigret. Ça me change du reste de mes lectures habituelles, la langue simple et marquée comme d’un accent singulier de Simenon, « sèche » comme on le dit d’un vin blanc, nettoie mon palais, réveille mes papilles. Et même de rares détails vieillots amusent, telle cette Hollandaise comme sur les illustrations de boîtes de cacao, qui n’éveille pour moi aucune image. Il fait froid dans L’Affaire Nahour, Paris en est gelé, et cela aussi s’avère bien agréable par ces canicules. Ensuite, il me faudra prendre un Maigret où il pleut.
« Ici aussi, c’était dimanche, un jour creux, en dehors du temps réel. C’est à peine si, entre les rideaux crème, on apercevait un peu de neige sale, des arbres noirs, la tête mouvante d’un passant ou d’une passante. »